Affaire George Floyd : la République n'est qu'un mirage !

-- Justice et injustices --

Chronique
Par Yvon Ollivier

Publié le 14/06/20 17:00 -- mis à jour le 14/06/20 20:50
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couverture du livre "lettre à ceux qui ont renoncé à la Bretagne"

Affaire George Floyd : La République n’est qu’un mirage

Une fois de plus, l’actualité liée à l’affaire du meurtre de George Floyd nous montre que la République ne peut nier la diversité, la rassembler sous son aile protectrice, la « dépasser » comme aiment à le dire les bons républicains.

Le racisme est là, dans notre société. Il est même omniprésent et trouve à s’exprimer politiquement. Il se serait même décomplexé. Une certaine tradition républicaine permet aisément de draper sa haine sous les grands principes. C’est ce que fait le Rassemblement national, mais il n’est pas le seul.

Peut-on lutter contre le racisme sans ethniciser les rapports sociaux ? La réponse est non, fondamentalement non ! Lutter contre le racisme subi ou ressenti, revient forcément à affirmer sa différence, sa couleur de peau, sans même qu’il soit besoin de sombrer dans l’activisme bruyant comme le font certains groupes militants.

La France connaît un problème racial, ethnique, comme les Etats-Unis.

Des pans entiers de la société ne se sentent plus partie prenante du projet national. La problématique des quartiers où se concentrent les derniers immigrés et tous les laissés pour compte, n’est ignoré de personne. C’est là aussi où essaime le salafisme, cette tumeur qui ronge le corps social et lui donnera la mort, si on le laisse faire.

Malgré tous les beaux discours, la République ne peut plus occulter cette réalité dérangeante. Elle est morte de trouille, ce qui pousse le Pouvoir à accumuler les bévues. A trop privilégier certaines communautés, de peur que tout s’effondre, il en vient à désespérer les policiers. Il en vient même à porter quelques coups de canifs dans le principe de la séparation des Pouvoirs.

La République est un mirage vers lequel nous marchons, épuisés, pour nous apercevoir qu’elle n’est jamais au rendez-vous, qu’il faut sans cesse marcher plus loin. Et vient le moment où l’on y croit plus. N’entonnent son refrain avec conviction que ceux qui ont des intérêts à défendre.

Ainsi, nous serions tous égaux, sous le soleil républicain ? Mais la république française est fondée sur la supériorité de sa civilisation, sa culture, et sa langue qui ont justifié l’esclavage, le travail forcé jusqu’en 1945, la colonisation et la mise à mort de ses langues que l’on dit « régionales » ou minoritaires. C’est la Constitution qui nous le rappelle ! « La langue de la République est le français ». Et l’on refuse d’affronter le problème, de mettre les mots sur cette ignominie ! L’impensé républicain est à la source de tous les maux.

La République est fondée sur un rapport d’inégalité flagrant et je dirais même sur une forme de racisme odieux qui tient tout entier dans la supériorité de l’être national, de la langue française et de sa culture.

La croyance en l’infériorité des « langues régionales » s’exprime de la manière la plus naturelle. Dans l’ouvrage récent, où un bon républicain de gauche tente désespérément de réhabiliter l’Etat tout puissant et de nous convaincre que la décentralisation est une arnaque, Aurélien Bernier ne s’en cache pas. Il emploie à tour de bras le terme de patois et sans guillemets pour désigner nos langues bretonne, basque, corse. Nul n’ignore que le terme de patois est un concept propre à la langue française qui permet de délégitimer la langue des peuples conquis, afin de les réduire à quelques sous-langues, justifiant leur disparition. Lorsque les hommes veulent mettre à mort leur prochain, ils commencent toujours par le déconsidérer, le dénaturer ou lui faire perdre sa qualité d’homme. Nous le savons. Mais il en va de même pour les langues. Lorsqu’une langue ne l’est plus, on peut la détruire.

Ce qui me sidère toujours, c’est que l’on peut, en plein 21e siècle, soutenir de la manière la plus naturelle du monde la thèse de l’infériorité d’une langue, sans prendre la moindre précaution oratoire et sans encourir les foudres de quiconque.

Et bien c’est ça la République ! C’est l’infériorité assumée de pans entiers de l’humanité et sans vergogne !

Aurélien Bernier a raison. La décentralisation est une arnaque. Cela fait maintenant presqu’une décennie que je le dis. Il suffit de voir comment fonctionne le Conseil régional de Bretagne qui s’échine à nous faire comprendre qu’il fait des choses pour nos langues et notre culture. Peu avant les élections, une fondation Bretagne est créée avec la dotation mirifique de 50 000 euro. Avec un rendement de 5%, la culture en Bretagne pourra donc bénéficier de l’aide de quelque 2 500 euro par an ! Et j’oublie les frais de fonctionnement. Ce n’est qu’un début me dira-t-on et les particuliers ne manqueront pas de verser leur écho. Certainement ! Mais quand même, nous payons nos impôts et notre argent part à Paris. C’est 5 millions d’euro qu’il eût fallu !

La décentralisation est une imposture. Elle n’est qu’une justification au centralisme et aux rapports de domination inhérents à la République : le peuple unicitaire au préjudice des « peuples inférieurs », la centralité toute puissante au préjudice des périphéries.

C’est l’autonomie qu’il nous faut en Bretagne, rien que ça, comme le dit notre prix Nobel de littérature Le Clézio, homme d’esprit s’il en est.

Que faudrait-il faire alors pour sauver la République ?

Déjà, arrêter de se bercer d’illusion et de discourir, mais essayer de la construire, humblement. Il faut aller voir les blessures qui se cachent derrière les mots et penser l’impensé. On y trouvera des erreurs historiques méritant des formes de repentance et de nouvelles politiques, des choses positives aussi, des individus et des causes respectables et d’autres qui le sont beaucoup moins. La République devra retrousser ses manches et s’appuyer sur ce qui fonctionne, sur ce qui est solide et légitime si elle veut survivre. Elle devra aussi affronter les monstres qui se cachent en elle et qui ne manqueront pas de la terrasser lorsqu’ils en auront l’occasion.

La République n’est qu’un mirage. Pour la sauver ainsi que tout ce que l’on a construit en son nom, il faudra beaucoup d’argent ou alors beaucoup de justice. Or il n’y a plus d’argent.

Yvon ollivier

auteur

Aurélien Bernier : « L’arnaque de la décentralisation dans un monde globalisé » éditions utopia 2020.

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Yvon OLLIVIER est juriste, auteur de l'ouvrage "la désunion française essai sur l'altérité au sein de la République" ed l'harmattan 2012 et membre de la coordination des juristes de Bretagne blog associé desunion-francaise.over-blog.com
Vos 13 commentaires
Yannig Coraud
Dimanche 14 juin 2020

Il y a quelques années, à Sant Nazer, un nouveau militant breton nous avait dit qu'il ne croyait plus du tout à la République ... ce fut pour nombre d'entre nous une surprise, voire incompréhension, nous n'avions pas de mot pour nous justifier ... Je précise tout de suite qu'il n'était pas royaliste .
Devant notre embarras il ajouta "qu'est ce que la république française a apporté à la Bretagne?"
La réponse est à trouver dans le texte ci dessus de Yvon Ollivier que je remercie de bien vouloir nous ouvrir les yeux .
Un deiz e vo sklaer an amzer
Chañs vat evit Breizh

Rafig
Dimanche 14 juin 2020

Le parallèle avec les État-unis d'Amérique est possible parce que la République Française a une population aussi diverse. En plus des "gaulois", il y a la même proportion d'africain (qui sont eux mêmes des descendants d'esclaves ou d'anciennes colonies en France). Nous, bretons nous sommes comme les Apaches, Incas ou Guaranis = Américains premiers.
La décolonisation ne s'est pas faite en France et les français n'ont pas fait leur devoir de mémoire.
Vue de "clique" émission de C+ vers 20h : "Les points sur les i".
Tout le gouvernement français rejette le terme de : Violences policières.
Alors qu'il colle parfaitement à la situation de la police de France depuis des années.
Français d'origine africaine ou arabe et français d'origine bretonne même combat pour le respect de nos droits !

aime jean
Dimanche 14 juin 2020

C’est l’autonomie qu’il nous faut en Bretagne, rien que ça, comme le dit notre prix Nobel de littérature Le Clézio, homme d’esprit s’il en est.
Autonomie !? je présume que vous vouliez dire : indépendance ? !!

Jacky Flippot
Dimanche 14 juin 2020

Je n'ajoute pas Yvon puisque je fais mienne cette expression .
La République n'a rien apporté de nouveau à la Bretagne qu'elle n'avait déjà ou qu'elle était capable d'inventer ..je peux développer mais l'important c'est ta pensée ci dessus exprimée!
Merci Yvon.

Krys 44
Dimanche 14 juin 2020

" Le racisme est un virus
Bon, soyons clair, le racisme naît, vit et pourrait même mourir un jour. Il est contagieux, et se transmet d’un être humain à un autre. Toutefois sa rapidité de contagion varie selon le lieu ou la situation. On peut d’ailleurs créer de toutes pièces des situations qui augmenteraient sa vitesse et sa puissance, alors que d’autres la diminueraient. À certains moments on annonce de nouvelles vagues à l’horizon. On s’en étonne alors que des signes avant-coureurs avertissaient de l’imminence du danger. Le chômage, la misère, la violence urbaine, l’absence de courtoisie, sont des agents capables d’accélérer son éclosion dans un lieu où sa présence était embryonnaire. Mais le racisme a cette particularité de ne jamais naître à l’endroit où on se trouve. C’est un virus qui vient toujours d’ailleurs. Si le chômage fait soudain rage, on pointe alors du doigt les nouveaux venus qui conservent en eux, semble-t-il, ce gène de la misère qui permet au racisme de féconder. C’est en voyant un malade qu’on apprend l’existence du virus, sinon il reste invisible. Ce qui fonde l’idée que le malade est responsable de la maladie. Si le Blanc pense que c’est avec le Noir que ce virus est arrivé en Amérique, le Noir croit, lui, que c’est la cupidité du Blanc à vouloir exploiter son énergie qui le garde encore vivant. Il n’y a pas de Noir sans Blanc comme il n’y a pas de Blanc sans Noir. Chacun devant son existence à l’autre. Voilà un nouveau produit identitaire aussi américain que le hamburger. Une identité créée par un virus. On aimerait assister à cette naissance en laboratoire. Quant aux Amérindiens ils sont encore en confinement dans les réserves..."
, Dany Laferrière , de l'Académie française
Mais , vient de dire aux premiers de corvée , notre premier de la république :"Nous pouvons être fier de notre pays et la ripoublique ne déboulonnera pas les statues ! "
Champion de la future décentralisation , mais aussi de la super trouille des séparatismes !
La république a été une prise pouvoir comme une autre et dans le sang !

Léon-Paul Creton
Lundi 15 juin 2020

ÊTRE ET RÊVER DE L’ÊTRE pour finalement ne jamais être …et laisser croire, et s’illusionner soi-même, toujours, que ce qui est dit ce jour deviendra réalité demain. Quelle mauvaise blague ! Combien de temps encore ?
Je ne vois rien dans cet article, ni dans ces commentaires qui puisse me servir à moi Breton pour faire le choix d’une forme d'autonomie quelconque ! Rien à quoi adhérer, rien qui concerne immédiatement ce qui serait le plus important et essentiel. L’écume, ne sera jamais la vague qui s’en pare, ou la lame de mer, ou le raz de marée !
Aucune organisation politique définie par et pour les intérêts bretons, avec une dynamique spécifique, des objectifs de reprise en main de son avenir que le « peuple breton » puisse concevoir intellectuellement et émotionnellement. Pas de moyens d’information de masse qui ne sont jamais votre priorité, ce n’est pas votre combat si vous en avez un qui a de la consistance. ABP ne peut pas l’être, mais vous vous en contentez.
S’il y a une organisation politique elle n’est pas nettement et courageusement dévoilée, mais on sent des connivences de petit club, de « clusters », et des directions de théologie sociétaliste délétère qui dominent, qui n'ont rien d’innovant ni d’utile pour l’instant en BRETAGNE ? Non, rien qui puisse servir, vous ne pouvez sortir mentalement de l’enclos républicaniste, pseudo universaliste, jacobin, et immigrationniste que vous critiquez, dans lequel vous tournez sans chercher véritablement les moyens d’en sortir, après avoir compris les difficultés, les écueils et y apporter dans le réel les réponses à proposer pour les abolir, les contourner, ou les négocier ! Le voulez-vous vraiment ?
Vous et quantité de Bretons, ou qui s’auto définissent, s’inventent rapidement comme tels, vous me faites penser depuis longtemps à une certaine image, une réflexion qui s’est élaborée dans mon esprit lorsque je faisais partie de « ceux qui vont sur la mer », et que je vais vous conter. Marin, durant un temps dans cette carrière j’ai pratiqué la pêche à l’albacore sur des thoniers senneurs, et sur les côtes d’Afrique. Il arrivait parfois qu’une ou deux baleines, ou deux ou trois requins baleine se faisaient prendre dans la senne. Des dauphins plus ou moins nombreux aussi, ils ne pouvaient plus en sortir, nous en dégagions, souvent, le plus possible suivant le temps et l’état de la mer, à la main au bord du filet, mais beaucoup étaient piégés et mourraient ; et personnellement j’en étais très affecté.
Au fur et à mesure que le filet se refermait inexorablement, se resserrait sur eux, je les voyais sauter, à deux trois mètres de hauteur et parfois plus, puis de moins en moins haut au fur et à mesure… dans cette espace de plus en plus étroit et mortel ! Je me disais « ils ont une grande intelligence ces dauphins, et pourtant ils ne voient pas, ils ne comprennent pas, éduqués par l’Homme ils font des choses extraordinaire dans des bassins, et ici sans cette formation, ce dressage, cette éducation, ils ne voient pas, intellectuellement qu’il n’y que et seulement 8 à 10 centimètres qui les séparent de la liberté, d’une vie qui se continuerait. Savoir cela et comment le faire, ils pourraient tous se glisser sur le liège et retrouver la haute mer, et j’en avais grande pitié ! Pitié, et un peu de chagrin en raison du fait que moi, j’en avais conscience. »
Jamais une baleine pourtant prise dans le filet, ne fut attrapée, ne fut tuée dans ce piège, elles fonçaient à une telle vitesse, avec une telle puissance qu’elles déchiraient à coups sûr le filet dont on voyait les lièges à la surface s’étirer jusqu’à la déchirure, et les marins de sourire malgré le ramendage à prévoir, elle était sortie évidemment ! Libre toujours et nul besoin d’un discours sur la méthode !
Les requins baleine eux, modèles de placidité, de tranquillité, de passivité, attendaient que tout le filet soit ramené à bord et qu’il ne reste à la mer que la « poche » où s’accumulait l’albacore et autres poissons, et parmi eux le requin baleine attendait… Il fallait bien qu’il sorte de là, mais il ne faisait absolument aucun effort pour ce faire, pas un battement queue, pas d’énervement ni de révolte, il attendait. Quoi ? Que je monte, moi ou un autre marin, pieds nus sur son dos râpeux comme un papier de verre qui affleurait dans la poche le long du bord, que je remonte jusque sa tête de deux mètres de large, et que je glisse un crochet non agressif fixé à un cordage et sans le blesser, dans un des deux orifices qui se trouve de chaque côté de sa large gueule tout aussi inoffensive que le crochet qui permet à une annexe de le tirer doucement de sa fâcheuse posture. Sous l’injonction de la légère traction du crochet, il s’autorise quelques oscillations nonchalantes de la nageoire caudale et se retrouve toujours aussi placide, en liberté Jusqu’au prochain filet et scénario de libération dans laquelle il n’est jamais partie prenante !
Auquel cluster appartenez-vous ? Sans doute à aucun. Si cela ne vous inspire rien, c’est que je suis, seulement, un bien mauvais rat conteur.

yvon ollivier
Lundi 15 juin 2020

Leon paul Creton, je vous trouve bien injuste ou alors ignorant de certaines choses. Je trouve désolant de devoir me justifier de ne pas en faire assez. Vous savez dans quelle situation se trouve notre peuple? Un peuple retourné contre lui-même! Il faut du temps pour se remettre dans le bons sens, c'est pour cela que j'écris depuis des années et je pense avoir contribué à la réflexion sur le sujet. J'ai dénoncé récemment la captation de l'emsav par le PS, ce qui explique largement notre échec de 2014 sur la réunification, le fait que rien ne bouge pour nos langues. Et ce n'est pas facile de dire des trucs pareils. Vous me parliez de dynamique? J'ai lancé il y a de cela quelques moi la dynamique des auteurs et artiste de bretagne pour lutter contre la francisation, et pour une vraie politique linguistique. Pas plus tard que la fin du mois de juin, nous lancerons une nouvelle initiative forte.. Je crois que je fais partie de ceux qui veulent bouger là où la plupart ne bouge plus depuis longtemps. J'ai encore contribué au lancement du collectif pour une Bretagne majeure qui poursuit ses travaux, contribue à la réflexion avec plusieurs amis... Je fais partie du collectif des juristes de bretagne, et de ceux qui ont mouillé leur chemise pour défendre l'unité judiciaire de la Bretagne, menacée périodiquement. Enfin, sur le plan politique, puisque c'est je crois votre préoccupation, je fais partie d'un camps qui est clair sur l'autonomie de notre vieux pays, et qui sera présent aux prochaines élections régionales. Je pense que si tout le monde en faisait autant que moi, la Bretagne serait autonome depuis bien longtemps. Je ne limite pas mon action aux effets de manche sur l'ABP. et le chroniques que vous lisez, devraient sortir bientôt sous la forme d'un livre, pour communiquer au mieux durant les prochaines régionales. Voilà, je ne sais pas trop quoi vous dire d'autre pour me soustraire à l'accusation de légèreté, ou de pusillanimité ou de nonchalance. Je remarque encore que les Bretons ne cessent de s'envoyer des compliments. Je le regrette, car voyez-vous, je critique vivement les politiques, mais pas les hommes, en tous cas pas les militants bretons.

Krys 44
Lundi 15 juin 2020

Certains se démènent tellement , mettant leurs connaissances au service de leurs concitoyens , qu'ils n'ont certainement pas à rougir des flèches envoyées par des gens qui ne font rien d'autre que critiquer de façon stérile . La critique est nécessaire , souhaitable même , mais si elle se fait sans être destructrice gratuite . Se réapproprier l'espace politique , linguistique , culturel breton est l'affaire de tous et chacun ... Faire vivre la démocratie à partir du peuple ! Je me souviens d'une anecdote d'Hervé Lossec :"Une Bretonne , venue le voir lors d'un stand , et lui demandant à propos des bretonnismes : "Alors , on peut parler comme ça maintenant ? " " On mesure l'ampleur du traumatisme ...

Léon-Paul Creton
Mardi 16 juin 2020

Yvon Ollivier, vous n’avez pas a être désolé, mais je ne sais pas si de mon ignorance supposée vous la réduisez à une tare dont je serais atteint, ou alors c’est un constat fait par vous que vous n’avez pas encore assez fait pour bien vous faire comprendre. Bien entendu, je choisi la deuxième option qui me paraît plus évidente.
Je ne vous connais pas personnellement, ni jamais rencontré, et quand j’utilise le verbe « connaître », pour tous les hommes politiques élus ou non, les réformateurs autoproclamés, les militants d’une cause ou d’une autre, je dois être entendu comme étant dans une situation, une relation qui permette d’accéder à des pensées réelles et exprimées, à des intentions et projets réels, et tout cela étant par moi estimé et jugé sincère. La cause essentiellement prioritaire est, et a toujours été celle de la BRETAGNE et des Bretons, à la quasi exclusion de toutes les autres, tant que les objectifs proposés, fixés, et mis en œuvre ne sont pas atteints ! Et ils ne sont pas atteints en BRETAGNE, très loin de là malgré tout ce qui a été dit, écrit et… pour le moins mal fait, ce qui a empiré gravement notre situation!
Ensuite croire à l’efficacité d’actions et stratégies envisagées et proposées, ou confirmées par ailleurs, que je validerais comme breton et citoyen et qu’éventuellement je suivrais et soutiendrais. Cette confiance toujours pour moi doit être assurée, rassurée, stimulée par des actions et comportements passés qui font « re-connaître » comme personne, un responsable, un leader, un parti ou une autre organisation à qui l’on va, je vais accorder, quatre vingt pour cent de mon capital confiance. Dans quelques mois, Yvon Ollivier j’aurai 78 ans et 60 années d’observation et d’expériences diverses qui font de moi un ignorant un peu éclairé, si j’ose dire.
Vous pouvez me trouver « injuste » envers vous, eh bien vous avez tort, c’est seulement parce que je ne vous connais pas ! Je rajouterais que j’accepte que vous me considériez comme « ignorant » de tout ce que vous avez pu faire et écrire hors ABP, mais je lis presque tout ce que vous et les autres écrivent ici.
Écrire, Parler ce n’est pas faire, ce n’est que le second stade après Penser, d’un processus plus long qui se poursuit par Exposer Décrire, Proposer, Rassembler, Convaincre sans tromper, etc. Processus qui n’a de valeur finalement que lorsque l’objectif est atteint concrétisé, réalisé ! Est-il atteint ? Et qu’est-ce qui doit être atteint ?
Les tentatives (quand elles existent) ratées, n’ont qu’une seule valeur, se sont les leçons que l’on peut en retirer, si l'on peut ! Ce que l’on peut reconduire, réutiliser et/ou éliminer totalement de ce qui a fait tout foirer toujours, de décennies en décennies de régression, s’ajoutant les unes aux autres! Si je suis ignorant parce que je n’aurai lu aucun de vos livres vous auriez raison et ce n’est pas par rejet, mais parce que j’ai mon compte de « la lettre morte » ! Mais ne plus lire ou si peu maintenant, ne fait pas de moi un ignorant absolu. Enfin je ne crois pas.
Alors dites-moi donc ce qui, depuis un siècle, est réutilisable politiquement (personnes, stratégies, idéologies, convictions, engagements…) et ce qui doit être à jamais enterré, brûlé ? Et pour quelles raisons l’on devrait conserver ceci, cela, ou brûler tels ou tels éléments ? Le faux socialisme bourgeois du ps? Le maire de Dijon c’est bien Rebsamen ? le communisme électoral illusoire qui a entouré Paris et sévi ailleurs en « province », et ses conséquences d’aujourd’hui ?
Et puis avez-vous pensé atteindre tous les Bretons avec moi, pour tenter de les informer, de les sensibiliser, de les instruire ou les ré-instruire, de les amener à penser par eux-mêmes, par des moyens de masse qui devraient être d’une grande préoccupation ? La lutte pour la TVBretonne pour en faire quasiment avec une école réellement bretonne digne de notre langue (Ph.Argouarc’h a bien sûr raison) et de notre Histoire, des objectifs prioritaires pour une reconstruction, une évolution d’un projet de vie sur ce territoire, autre que celui que Paris nous permet, impose ? Et que des élus appliquent soumis, serviles et intéressés ?
Avec quels moyens ? Quelle détermination et actions pour en disposer, comme l’outre-mer qui a minima dispose de sa chaîne TV où bien des débats ont lieu, des fonds de débats que j’aimerai voir émerger dans la population bretonne, afin de l’éclairer elle aussi sur sa situation économique, politique et culturelle. Découvrir son Histoire et sa géographie au cours des 2000 ans passés et plus, mais hélas on n’en prend pas le chemin.
La dispersion est la règle, celle des luttes, celle des connaissances, des enseignements, des loisirs, confusion des priorités. Kryss 44 dit que je balance des flèches, admettons-le, mais avec une flèche, dans une certaine mesure, l’on peut toujours aiguillonner, mais lorsque l’on ramène la majorité écrasante de ses commentaires, encore et encore, aux luttes sociétales élito-parisiennes boboïsantes sur le racisme, noir/blanc, LGBT, mariage pour tous, etc, par cette dispersion l’on étouffe la lutte essentielle , l’on devient indisponible pour les luttes pour la BRETAGNE, ceux là n’ont plus assez d’oxygène pour un combat breton. Quoi qu’ils peuvent écrire ! Un objectif à choisir, un seul pour l’efficacité, alors que l’on sache lequel ! Sinon cela ressemble trop à la défroque du banal politicien attrape-tout et exécrable ! En un mot : Hexagonal. Ou du citoyen perdu, égaré !
Je pourrais encore écrire davantage, mais je n’en vois pas plus l’utilité, mais je vais encore ajouter un petit paragraphe sur un thème bien connu de vous, enfin je l’espère, c’est-à-dire la Justice ou plutôt l’administration judiciaire française. Vous écrivez et je retranscris textuellement : « Je fais partie du collectif des juristes de bretagne, et de ceux qui ont mouillé leur chemise pour défendre l'unité judiciaire de la Bretagne, menacée périodiquement. ». Je pense, en ayant aussi regardé un peu « sur la toile », que vous dites et écrivez des choses très intéressantes, et je le pense. Il faut donc nous dire qui, maintenant, va s’en emparer et mettre en pratique et dans quel esprit.
Je soutiens bien entendu cette démarche, mais comme Breton et justiciable, je me demande et vous demande si cette unité jalousement conservée, est-ce qu’elle rend la justice plus efficace, et non seulement elle mais les services de police, ou de gendarmerie également ? J’ai quand même quelques doutes puisque de toutes les façons ces deux institutions interdépendantes sont organisées de Paris et par ses lois.
Mon fils Pol Creton et François Picard, ont été assassinés devant un stand de tir l’USAM à Brest, le 13 Octobre 1996, les tueurs courent toujours et cela fera bientôt 24 années sans indemnisations aucunes, durant lesquelles j’ai eu à faire avec huit juges d’instruction connus, et quelques procureurs , greffiers , et rencontré, observé, écouté plusieurs avocats des différentes parties civiles concernées. Si je m’étais appelé Traoré, Oussékine, ou Floyd l’américain, le Collectif des Juristes de BRETAGNE m’aurait-il été plus utile? Ou peut-être l’élan d’un Peuple Breton. Je m’interroge…dubitatif voyez-vous!

burban xavier
Mercredi 17 juin 2020

"Jean -Marc Ayrault veut débaptiser une salle de l'Assemblée Nationale nommée "JB Colbert " , je lui donne raison . sur France 3 .
Mais il devrait se souvenir que la dernière rue en France appelée "
Philippe Pétain" en France l'a été en 2013 dans la centre de la France ( pour cause de collaboration avec l'occupant Nazi ) .
Jean Marc Ayrault devrait aussi se rappeler que "
la région pays de la Loire " est aussi un produit du Vychisme" . Qu 'attent-il pour demander pour réclamer la suppression de cette dénomination honteuse et scandaleuse et la dissolution d'une région édifiée pendant l'Occupation ? cette région pays de la Loire fut reconduite en 1972 sous la 5ème république ....pitoyable ....
Les pays de la Loire sont une tache pour la France . La réorganisation territoriale en 2014 lui aurait permis de balayer ce reliquat de l'OCCUPATION et de réunifier la Bretagne avec la Loire-Atlantique,
le problème d'Ayrault : c'est qu'il a été toujours critique que dans l'opposition , une fois au pouvoir ce fut différent sur le sujet et comme dans bien d'autres comme ses compères Hollande( la médiocrité de l'exécutif gouvernementale dont il était le chef ) , Auxiette , Batteux , Grosvalet .... pour conserver cet anachronisme régional , ce fief !
En le soulignant , nous leur donnons une chance de corriger cette erreur de l'histoire .
De nos jours , ils ne sont plus grand chose , c'est peau de chagrin sur le plan électoral et çà ne devrait pas s'arranger pour eux .
Les régionale seront le révélateur de la fin d'un monde probablement ...
La Bretagne réunie et rien d'autre .

perrin J-Luc
Mercredi 17 juin 2020

"La France connaît un problème racial, ethnique, comme les Etats-Unis".
Cette affirmation mérite qu'on y apporte des nuances . Pour avoir été en Louisiane fin des années 70 dans le cadre "du grand dérangement" entre Ploërmel et St Martin ville je peux affirmer que mon vécu là bas a été une douche froide pour le jeune breton idéaliste que j'étais. Le curé de Ploërmel a dû se résoudre à célébrer la messe de Pâques en extérieur sous un grand chêne pour que les noirs puissent participer à l'office... Quand on faisait du stop pour se rendre à Lafayette , seuls les noirs nous prenaient, et pour cause : les blancs ne font pas de stop là bas c'est un principe que les blancs qui nous hébergeaient nous ont rappelé fermement... ces deux seuls exemples montrent, que des rapprochement approximatifs travestissent les réalités de terrain.
"La République est un mirage vers lequel nous marchons, épuisés, pour nous apercevoir qu’elle n’est jamais au rendez-vous"
La république , c'est comme la démocratie, ce sont des concepts imparfaits difficile à mettre en oeuvre et qu'il faut faire évoluer en permanence pour qu'ils soient adaptés à leur époque sous peine d'être remis en cause. Il ne tient qu'à nous citoyens bretons de construire sur le terrain des modèles locaux d'organisations plus participatifs, plus solidaires comme il s'en met en place dans certaines communes avangardistes . Préparons dans le concret la société bretonne que nous voulons pour demain. N'attendons pas que Paris nous accorde l'autonomie, voir l'indépendance... Quand les bretonnes et bretons seront acquis à ces nouvelles pratiques alors les mots autonomie , indépendance leur parleront et ils sauront peut être s'en saisir pour la Bretagne.

Jacques
Samedi 20 juin 2020

''La République n'est qu'un mirage...''
Même si je suis globalement d'accort avec tout ce qui est dit, j'ai eu du mal à comprendre le fils du texte.
Déjà, il faudrait être d'accord sur le sens du mot ''République''...
Puis, il convient de définir aussi ce qu'est une ''société disposant d'un fonctionnement non raciste'', car c'est le sens défini par l'affaire Floyd.
Il convient aussi de définir le ''racisme''...
Une société sans racisme : Faut pas tourner autour du pot, une société sans racisme est une société globalement homogène. Il n'existe aucun exemple de société multiculturelle harmonieuse (tout le monde en parle, mais personne ne l'a jamais vue...).
Le racisme : c'est un mot bien difficile à définir. Déjà, le mot race. Très en usage au jusqu'au début du 20ème siècle, cet usage a pratiquement disparu pour revenir très fortement par la bouche des gens s'auto-qualifiant de ''racisés...''
Je me souviens d'une conférence où une personne expliquait que le racisme est un phénomène normal, que tout le monde est raciste... à commencer par les ''bons sauvages'' (si cher aux progressistes occidentaux).
Un peu de racisme est normal, le problème c'est l'excès...
Prétendre ne pas être raciste, c'est un moyen pour masquer son propre racisme (souvent dirigé contre ses semblables : je me souviens d'une bretonne qui affirmait que ses enfants métis étaient 2 fois mieux que les autres...).
Comparer la République Française et les USA est à mon avis une erreur.
Les USA sont un pays multiculturel : les habitants d'origine ont été minorisé, tous les autres sont des immigrés (Européens, Africaines, Asiatiques).
Le meilleur exemple : dans les 3 policiers ayant tué Floyd, il y avait un asiatique et un noir (la patrouille était multi-ethnique et représentative de la population locale : étrangement personne n'en parle...).
La République Française est l'héritière du Royaume de France, un royaume multi-national mais uniquement sur une base européenne. 1789 a effacé la notion du multi-nationalisme pour prétendre à une uniformité (et encore : jusqu'à la fin de 19ème les Bretons étaient toujours présentés comme n'étant français que par la République).
L'effacement des différentes origines européennes datent de la fin 19ème/début du 20ème siècle essentiellement pour les besoins de la guerre (la future 14-18).
Aujourd'hui, on nous refait le même coup mais en voulant effacer la spécificité européenne par un afflue massif d'extra-européens... (Sauf que ces extra-européens, sont trop nombreux pour être assimilés...)
Aux USA, un blanc, un noir, un jaune, se disent ''Américain''... Un noir américain n'a plus rien à voir avec un noir d'Afrique (un retour est totalement impossible).
En République un noir ou un arabe garde profondément son identité d'origine. Sauf que la République prétend le contraire... Affirmer qu'ils sont tous ''Français'' est de la pure idéologie.
C'est logique : si les Bretons ont toujours un problème à se dire Français... Alors pourquoi imaginer que cela serait différent pour les autres...
L'Amérique n'a pas le fantasme de créer un ''Américain''...
La République à le fantasme de créer un ''Français''...
Donc, le problème de la République : C'est de créer un ''citoyen'' sur mesure dont la principale qualité sera de ne pas remettre en cause l'état Républicain...
Plus la population sera divisé, plus il sera difficile de s'unir pour mettre en cause cet Etat, plus le pouvoir restera aux mains de la minorité dirigeante... (C'est ce que les politiques appellent : le défis du métissage).
Pour moi, la République est bel et bien un système pour disposer d'une puissance humaine servile au service d'une minorité dirigeante.
Et c'est ce modèle qui fait fantasmer l'oligarchie européenne... poussé par l'Amérique, dont le multi-ethnisme est fondé sur une histoire différente.
(l'affaire Floyd a eu pour principal effet et mettre fin à la ''fake news'' du ''lancet'' sur le corvid-19 qui allait devenir une affaire d'état en France... le ministre de la santé ainsi que le gvt Macron étant totalement discrédité...).
Le fond du problème n'est pas le racisme... mais la prise du pouvoir par une minorité dont le premier objectif est de retirer aux peuples leur capacité à s'auto-administrer (ce que l'on appelle la démocratie).
Pour lutter contre, il faut préserver la stabilité ethnique des pays...
Si la France était ethniquement stable : il y a fort à parier que le ministre de la santé et le gvt macron serait aujourd'hui sur la voie de la destitution, voir de la prison... (ce n'est pas rien...)
Et c'est là que les anti-fa, les anti-racistes sont très utiles à la finance internationale, ce sont leurs meilleurs alliés.... :
Il y a des émeutes anti-racismes partout en France... mais la gestion jacobine du Covid-19 n'est plus remise en cause (oublié : l'influence des labo-pharmaceutiques, les 30000 morts et les vieux euthanasiés)!
A savoir ce que nous Bretons voulons pour l'avenir de notre pays?

Anne Merrien
Jeudi 25 juin 2020

Si les statues de Colbert, rédacteur du Code Noir, étaient remisées dans les musées, cela ne devrait pas chagriner les Bretons! Louis XIV et Colbert ont racketté les Etats de Bretagne, réprimé les Bonnets Rouges, ruiné le commerce des toiles en leur faisant perdre le marché anglais...La chute de Colbert de son piédestal serait aussi une revanche pour le nantais Fouquet : sa disgrâce en 1661 l'a peut-être empêché de rédiger le Code Noir pour la postérité.

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