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ABP interviewe le Premier ministre du Pays de Galles : malgré le Brexit, Carwyn Jones veut développer les liens avec la Bretagne

Carwyn Jones, PM du Pays de Galles
Carwyn Jones, PM du Pays de Galles

Le Premier ministre du Pays de Galles, Carwyn Jones, est arrivé ce matin à Lorient et a tenu une conférence de presse ce midi avec Lisardo Lombardia, le directeur du festival interceltique. Très heureux de se trouver au festival «enjoying the common keltic heritage» après avoir rencontré le Président de la région administrative à Rennes, Carwyn Jones a déclaré que la Bretagne se trouve là où se trouvait le Pays de Galles il y a 50 ans en ce qui concerne la langue bretonne. Beaucoup pensent aussi qu'en Bretagne, nous avons 50 ans de retard en ce qui concerne la dévolution politique.

Transcript

[CJ] C'est fantastique. Être la nation choisie cette année est super pour nous. Je vois tant de gens ici qui aiment notre héritage celtique commun, c'est merveilleux à voir...

[ABP] Vous avez dit dans la presse que vous étiez favorable à une euro-région Bretagne-Pays de Galles, mais comment est-ce-possible avec le BREXIT ?

[CJ] Bon en principe nous soutenons cette idée mais il y a pas mal de détails à examiner avant de pousser plus avant ce concept d'euro-région. Il y a des plans de financements transfrontaliers qui devront être étudiés... En principe, nous voulons y travailler mais il y a beaucoup à faire.

[ABP] Est-ce que vous dites que le BREXIT ne va pas affecter les relations entre la Bretagne et le Pays de Galles ?

[CJ] En ce qui concerne les relations entre l'Union Européenne et le Royaume-Uni, il y aura des conséquences, mais en ce qui me concerne, je veux continuer à travailler avec le Conseil régional ici en Bretagne et renforcer ces liens que nous avons déjà construits.

[ABP] En ce qui concerne l'économie, avons-nous des liens forts entre la Bretagne et le Pays de Galles ou tout cela reste-t-il à construire ?

[CJ] Non pas particulièrement importants en ce moment, mais nous regardons vers le futur, en particulier en ce qui concerne la cyber-sécurité, les énergies renouvelables et naturellement l'enseignement supérieur et l'université. Ainsi, si la connexion culturelle a toujours été là, les liens économiques restent à construire.

[ABP] En ce qui concerne les langues, vous avez mentionné que la langue bretonne se trouve là où se trouvait le gallois il y a 50 ans, pouvez-vous en dire plus ?

[CJ] Pour les deux, il y a eu une génération de gens qui ne passèrent pas la langue à leurs enfants. Nous avions encore des locuteurs, plus que vous, et nous les perdions moins vite que vous avec le breton, mais ce que nous avons vu c'est une augmentation de gens qui ont envoyé leurs enfants dans des écoles où le gallois était la langue d'enseignement. Ainsi 30% des enfants de la ville capitale de Cardiff, une ville traditionnellement qui n'est pas galloisante, sont éduqués en gallois. 22% de nos étudiants passent leurs examens en gallois. Donc on a vu une croissance importante au sein du système éducatif en ce qui concerne la promotion de la langue galloise.

[ABP] Vous visez un million de locuteurs du gallois en 2050 ?

[CJ] Oui, nous avions un million de locuteurs en 1930 et nous n'en avons que 550 000 aujourd'hui. Le challenge est d'encourager les jeunes à aller dans des écoles où le gallois est enseigné d'une manière telle qu'ils puissent le parler couramment et deuxièmement qu'ils ne le perdent pas après avoir quitté l'école. Sauf si ils vivent dans une communauté où le gallois est parlé tout autour d'eux, et nous avons encore de telles communautés, la tendance est de perdre la langue si elle n'est pas utilisée. Donc aider les gens à conserver la langue est aussi important.

[ABP] Les Gallois peuvent-ils utiliser la langue galloise en cour de justice ou dans les administrations ?

[CJ] Oui, c'est tout bilingue.Toutes les lois sont élaborées en gallois et en anglais. Au Parlement, on peut parler gallois ou anglais, il y a des traductions en temps réel. Tout le secteur public est bilingue et c'est devenu naturel de parler une langue ou l'autre.

[ABP] Dernière question. Y a-t-il une forte demande au Pays de Galles pour obtenir le même statut que l'Ecosse ?

[CJ] Le seul secteur où l'Écosse a des droits que nous n'avons pas, c'est dans le domaine de la justice. Justice, police, prisons... des droits que nous pensons que nous devrions avoir. Tout le reste est essentiellement la même chose. En ce qui concerne l'éducation, on est complètement autonome. On gère notre système éducatif, notre système de qualification, donc il n'y a plus aucune différence entre l'Ecosse et le Pays-de-Galles sauf dans le domaine de la justice.

[ABP] C'est tout ?

[CJ] Oui, mais il y aussi des différences dans le système des impôts, mais en ce qui concerne le droit, c'est fondamentalement la même chose.

[ABP] Merci.

Voir aussi :
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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford. Voir le site et Voir le site

Vos commentaires :

Lucien Le Mahre
Samedi 4 août 2018

Très intéressant sur le plan du degré de dévolution du Pays de Galles qui, mis à part le domaine de la Justice et certaines impositions qui diffèrent, est sensiblement le même qu’en Ecosse.

La langue galloise progresse, puisque les taux d’enseignement évoqués sont de l’ordre de 30% (y compris à Cardiff qui est un peu leur Nantes sur ce plan). A mettre en face des 3% chez nous !

Et environ 22% des élèves passent leurs examens en gallois (sans commentaire, après le récent bac de nos bretonnants !). Le bilinguisme est de rigueur notamment au Parlement gallois et le problème actuel consiste à aider les galloisants à continuer de pratiquer leur langue une fois sortis du milieu scolaire.

Quant au projet sorti tout-à-trac de son chapeau par le Président du Conseil Régional, à l’intention du Premier Ministre Gallois, ce dernier s’en sort avec élégance et diplomatie en soulignant que la démarche est intéressante, mais qu'il reste bien du travail pour mettre en place cette - disons - Euro-Région (d'un type à notre connaissance encore non identifié ), même si les liens Bretagne/Pays de Galles doivent naturellement être renforcés dans plusieurs domaines.

Cardisons-le, il s’agit là d’une idée saugrenue, pour ne pas dire totalement farfelue, "en raison du contexte actuel de Brexit" !

Dans la même veine de fiction géopolitique, peut-être certains se souviendront-ils de la proposition tout aussi surréaliste de D. Strauss-Kahn appelant à une Union Européenne allant tout simplement "du cercle polaire au Sahara !"

Du coup, on se demande quelle peut bien être est la source effective de cette initiative et par quel cheminement démocratique cette offre renversante a pu naître et prospérer au sein du Conseil Régional de Bretagne jusqu’à être faite sienne par son Président et au point d’être soumise au Président gallois en même temps que les Bretons l’apprenaient par la presse ?

Boned ruz
Dimanche 5 août 2018

Lucien le Mahre... Sur le principe de liens étroits entre le pays de galles et la Bretagne je me demande depuis longtemps pourquoi ces liens ne sont pas plus mis en évidence aujourd'hui ou pourquoi et par quel tour de passe passe, il faudrait renier des origines qui semblent à nouveau se rapprocher... L'histoire de la langue bretonne est pourtant assez claire... ainsi que l'histoire elle-même dont on partage une bonne dose... ( je pense que la Bretagne est bien plus proche du Pays de Galles que la France ne le sera jamais du Québec...) Personnellement je suis très à l'aise avec cette idée...une bonne partie de nos ancêtres Bretons viennent du Pays de galles actuel. Et ma foi je trouve cette proposition à sa juste place...En ce qui me concerne, je ne crois pas qu'il s'agisse d'un projet sorti d'un chapeau...Il faut bien un jour ou l'autre annoncer officiellement tel ou tel projet. Cette proposition ne ressemble pas du tout au grand ouest et de plus elle peut prendre effet dans un nouveau projet Européen... Le président de région m'étonne assez et je me demande si la fonction n'est pas en train de faire l'homme ( qui sait? Mais on peut toujours se tromper...) en tout cas, il me semble nettement plus à sa place que le "citoyen Le Drian"... qui voudrait sans doute proposer aussi quelque chose aux Bretons pour son "retour".... à moins qu'une bataille ne s'engage entre l'ancien second qui ne veut peut-être plus rester second... peut-être, mais le projet est sensé et il me plaît bien... reste à travailler les mentalités...

Lucien Le Mahre
Dimanche 5 août 2018

@Boned ruz

Nous sommes donc d'un avis différent sur cette idée dont je demeure persuadé qu'il s'agit "d'un leurre" et qu'elle ne se réalisera donc pas, en particulier à cause du Brexit, mais pas seulement. Néanmoins, tout comme vous relativisez votre propre opinion, il est clair que je ne prétends pas avoir pas la science infuse moi non plus, le tout constituant une bonne base d'échange.

Je connais en partie le Pays de Galles pour y avoir séjourné plusieurs fois et pour avoir reçu des Gallois chez moi ou en avoir fréquenté chez des amis en Bretagne. Je n'ignore évidemment pas les liens qui nous unissent avec ce pays frère d'où sont partis nombre de nos ancêtres transmarins et en particulier le monachisme qui évangélisa notre Bretagne d'une façon bien différente du catholicisme romain.

Bien que parlant l'anglais (et assez de breton pour pouvoir échanger quelques mots communs avec un Gallois quand l'occasion se présente), je trouve que ces liens anciens (encore que Gallois et Bretons se comprenaient couramment jusqu'au 15ème siècle) fondamentaux historiquement ne sont pas tels qu'ils impliqueraient une Région politique commune à l'heure actuelle. Et que faire de la Cornouaille anglaise qui nous sépare et devrait nous unir ?

Autant je crois comme vous à l'amélioration souhaitable des relations Britto-galloises insuffisamment développées, autant je crois qu'une fois encore et alors que les Bretons ne demandent en tout et pour tout que "la réunification de leur territoire amputé", leurs élus leurs répondent : Grand Ouest, fusion Bretagne-Pays de Loire ou hypothétique Euro-Région au travers de laquelle passerait dès 2019 la frontière de l'Union Européenne dont nous savons qu'elle pose un problème non encore résolu entre les deux Irlande.

Sur le rôle du Conseil Régional, à part les questions déjà posées, je ne dirai pas que le Président actuel s'est brusquement révélé à travers cette affaire - qui pour moi reste louche - avant d'avoir rappelé que, d'une manière générale, on doit toujours beaucoup à qui vous a fait roi, même si bien sûr il peut y avoir des exceptions méritoires.

Bien cordialement à vous et nul doute que nous nous retrouverons à nouveau d'accord sur bien d'autres sujets.

Paul Chérel
Dimanche 5 août 2018

Brillante et intéressante inteview : bonne leçon pour les Bretons qui croient encore que leur avenir se dessine en France. Félicitations aussi aux deux premiers commentaires. Concernant le paragraphe sur l'économie, je préférerais le mot REconstruire au mot construire. Tout au long des siècles où la Bretagne existait encore, les relations avec le Pays de Galles restaient incessantes et intenses alors que les moyens de transport étaient bien pauvres et présentaient beauoup plus de risques qu'aujour'hui. Une "région (que ce mot est idiot) commune? Pourquoi pas et, précisément, sur le plan "Economie" si méprisé et dévié de son sens par la France et ceux qu'elle abrutit par son système d'éducation nombrilisque; à commencer par son CONseil dit régional. Paul Chérel

Loïc.L
Dimanche 5 août 2018

Une alliance entre deux nations, l'une colonisée par la France, dans l'Europe, et l'autre hors d'Europe, cela me paraît un peu illusoire. Avant le Brexit il y aurait eu des leviers juridiques européens commun, plus maintenant.

Moins illusoire à mon sens est la réflexion suivante (que j'ai déjà mentionnée sur ABP).

Une fois les négociations du brexit faites, UK pourrait très bien prendre en main une alliance avec la Bretagne, précédé d'interventions discrètes ou non (vu ce que peut prétendre la Bretagne avec le droit internationale dont elle pourrait disposer, on peut imaginer les leviers puissants sur lesquelles pourraient agir UK...),et soutients divers; intérêts:

1- répondre à la guerre économique qu'à lancée la France au UK les jours suivant le vote

2- irait dans le sens du pays de galles sur le point d'alliances transfrontalières celtes

3- intérêts géopolitiques et financiers avec la mer de Bretagne que l'on partage,1ere route maritime du monde...

Afin de prendre de l'avance, et la tête, sur ce type d'alliance celte sans doute inéluctable. l'Angleterre a souvent été pragmatique dans son histoire (contrairement à la France qui a tendance à être idéologique). Et l'histoire est parfois un éternel recommencement (je parle de l'Angleterre qui fut un temps garante de l'indépendance de la Bretagne, dont sa position entre Fr. Et UK offre un intérêt géopolitique).

UK pourrait aller encore plus loin, à l'instar du commonwealth, mais cette fois en tant que défenderesse des nations européennes qui veulent être un état indépendant (Catalogne etc ). Pour le bien de son économie et de son influence, il ne faut pas être naïf; mais s'il y a un intérêt commun, pourquoi pas. D'autant que le UK a prouvé qu'il respectait les langues, et les votes, contrairement à la France. La Bretagne pour être un enjeu important en ce changement de paragdime en Europe.

Didier Lebars
Lundi 6 août 2018

Mon impression avec ces interviews des responsables gallois, écossais, irelandais est que l'on tombe dans le bisounours. Le seul point concret du 1er ministre est d'incriminer le Brexit et donc les anglais.

La proximité cuturelle et historique est inconstestable, ces responsables aiment la Bretagne mais ensuite au niveau politique ils ne feront rien, ils iront par intérêt s'allier avec Paris.

L'histoire l'enseigne cela depuis toujours, comme avec les alliances militaires d'autrefois, les motifs d'adhésion à EU rejoignent la même logique.

- Irelande, Galles et Ecosse sont pro EU par rejet des anglais.

- A l'est c'est le repoussoir russe, qui a attiré Pologne, les pays baltes. On voit même la Finlande, isolée en zone €, contre tout logique. Le norvégien plus à l'ouest voit EU comme un repoussoir.

- Au sud Grèce et Chypres, isolés également en zone €, ont joué contre la Turquie.

- dans la version soft, Bretagne et Alsace votaient contre Paris.

La France avec Barnier en tête d'affiche, est le pays qui apparait comme l'adversaire direct des anglais, les autres membes se cachent et trahiront sur certains sujets. Depuis le Brexit les anglais ont lancé leur diplomatie internationale pour les accords commerciaux.

Pratiquement le Brexit est une chance pour ceux au sein EU qui voudront plus d'autonomie et iront traiter directement avec les anglais.

boned ruz
Lundi 6 août 2018

Cette proposition de rapprochement avec le Pays de galles me fait penser au projet Ulrike Guérot ; tout en cherchant à apprécier pleinement sa proposition, je reste gêné par deux points, au moins, de ce projet de république Européenne; Le premier est la façon qu' a, jusqu' a peu de temps en tout cas, Mme Guérot de faire de Macron une sorte de modèle... et de parler sans complexe de jacobinisme en tant que "référence potentielle". Le deuxième est la taille souhaitable des Euro-régions qu'elle semble définir entre 10 Millions à 15 Millions environ ( conférence de Nantes). Sur ce deuxième point la Bretagne n'est de fait pas considérée comme une région suffisamment grande ( à nouveau le danger du grand ouest... " la Bretagne" c'est dépassée sic!!! nag ar c'homzoù dichek evel boas ), sauf si les réalités historiques prennent le pas et dans ces conditions, Bretagne + Pays de Galles (et peut-être la Cornouailles Anglaise, selon la remarque juste de Lucien Le Mahre ) pourraient répondre à ce critère... d'autre part, il est évident que Brest ne joue pas son rôle économique maritime ( un point névralgique d'un renouveau maritime qui ressusciterait "la vieille culture atlantique"...)... et que dire d'un projet de développement éco-énergétique affranchi dans sa conception du pouvoir de décision des grandes métropoles: Avons nous tant besoin de toute cette énergie?.. n'est-elle pas voulu par la surconsommation qui devient insupportable aujourd'hui...Une région basée sur son historicité et dont le sens moderne prendrait effet sur un nouveau modèle de développement ...Gall a reer hunvreal ! ne oar ket an den...an speredoù a cheñch.

Ewen
Lundi 6 août 2018

Je trouve l'interview et les commentaires d'un très bon niveau avec des points de vue différents mais qui ont tous à mon avis un fond de vérité. Concernant les coopérations transfrontalières unissant des collectivités locales, il en existe par exemple dans les Carpathes (ex Galicie et Royaume de Hongrie) avec des régions ukrainiennes bien que ne faisant pas partie de l'UE. C'est une exemple à prendre en compte. Je note également qu'il n'y a aucune eurorégion au sens bruxellois avec le Munster, la Bretagne, la Galice ou même les Asturies. Donc à mon sens cette question purement institutionnelle européenne limite peut-être les possibilités (ou justifie une certaine inertie) mais ne saurait être la cause de tout. Le Pays-de-Galles est dans l'UE depuis 45 ans et rien a été fait.

Je vois à mon sens deux explications dans la prudence galloise : des liens économiques (et d'échanges humains) assez limités malgré une libre circulation et surtout l'impression de grand décalage entre la Bretagne et le Pays-de-Galles sur le plan de la langue ou des compétences locales...coopérer avec une institution sans pouvoir (la Région Bretagne) revient d'une part à se rabaisser politiquement et d'autre part à coopérer quasiment directement avec la France de facto, ce qui est risqué finalement dans le contexte Brexit et le contexte électoral gallois qui n'est pas celui de l'Ecosse. Pour le Président de la Région Bretagne ce type de proposition sans fond à se donner plus d'importance qu'il n'en a concrètement aujourd'hui et cela ne mange pas de pain (quel est l'engagement et la prise de risque ?). En terme de com' c'est bien joué.

Didier Lebars a bien fait de rappeler également que les intérêts stratégiques des "petits" pays ou nations guident leurs alliances depuis toujours. Pourquoi la Bretagne devrait faire différemment ? C'est malheureusement souvent trop la croyance ou l'idéalisme qui prend le dessus chez nous.

Yann Kerne
Mardi 7 août 2018

Oui étrange proposition du Président de la région Bretagne!!

Proposer un tel projet qui de toute façon devrait avoir l'aval de Paris donc quasiment impossible c'est de l'utopie pure par contre ne pas demander la compétence linguistique pour la région Bretagne ça ça a beaucoup de sens!!!!!! cela veut tout dire sur le manque de volonté du conseil régional en matière d'autonomie de la Bretagne

Jacques
Mardi 7 août 2018

Il me semble que la proposition bretonne est symptomatique du problème que nous vivons : nous sommes incapables de mettre en place concrètement des démarches pour la Bretagne mais nous avons des ambitions pour des projets d'envergure européenne voir mondial...

Exemple : Nous ne sommes pas vraiment gêné par seulement 3% d'enfants qui apprennent le breton (sachant que seulement 1% sont en immersif), nous vivons bien le fait de ne pas enseigner l'histoire et nos traditions (y compris aux enfants apprenant le breton), il n'existe aucun programme de développement commun à l'ensemble de la Bretagne (voir la carte touristique de Bretagne(?) du CRB4 qui comprend une part du Cotentin et la moitié du 44). Et je n'évoque même pas les 6% de ''vote breton'' à partager entre des partis politiques qui au mieux s'ignorent au pire s'agressent au sein d'un mouvement breton votant majoritairement jacobin.

Alors, si cette situation ne nous interpelle pas (on sait combien on pense bien en Bretagne), visiblement le 1er Ministre du Pays de Galles semble avoir un autre regard sur ce partenaire historique pour lequel il convient d'être réaliste vis à vis de ses difficultés internes (sans même devoir aborder le sujet de la République).

Donc en Bretagne, c'est toujours pareil... faut d'avoir du CONCRET nous avons de ''grandes'' idées...

Et dans le cas de cette proposition d'un Pdt de région adhérant à un parti politique jacobin, on peut se poser légitimement la part d’enfumage...

Que dire d'autres???

@ bonet ruz

"Mme Guérot de faire de Macron une sorte de modèle... et de parler sans complexe de jacobinisme en tant que ''référence potentielle''."

Votre information est très intéressante et va d'une certaine manière dans le sens que j'évoquais à l'époque où Philippe Argoarc'h nous présentait Ulrike Guérot comme ''la référence'' des références pratiquement comme un des ''messies'' que pieusement la Bretagne attendait... Non pour critiquer Ulrike qui a le droit d'avoir ses idées mais pour s'étonner de cette tendance bretonne d'être incapable de construire chez nous/entre nous mais de nous jeter à bras perdus dans des admirations sans retenues quand provenant de l'extérieur...

Que se soit pour le socialisme international (la quasi religion de la majorité du mouvement breton actuel) ou pour la pensée R/républicaine d'Ulrike (pour ceux qui aspirent à une Bretagne démocratique (?) ''sauvée'' par l'extérieur par crainte de l'intérieur).

...J'ai mis un (?) à ''Bretagne démocratique'' car la démocratie c'est ''le pouvoir du peuple par le peuple'' et non un ''manuel de bonne conduite certifié provenant de l'extérieur que l'on impose à l'intérieur'' donc au peuple...peuple qui est sensé être souverain...

On le voit bien, la Bretagne, la nation bretonne, la démocratie bretonne est malade à un stade très avancé... d'où là aussi, une compréhension de la prudence du 1er Ministre Gallois...

Tant que la Bretagne actuelle n'assumera pas le fait qu'elle doit se soigner de sa phobie de la démocratie, tout projet d'avenir est irréaliste...

Emilie Le Berre
Mardi 7 août 2018

Je vous fais grace de mon complet sur les "énergies renouvelables".

Budget du Pays de Galles, 15,5 milliards pour un peu moins de 3 millions d'habitants. Budget de la Bretagne croupion, 1,5 milliards pour 3,5 millions d'habitants. Franchement dans une euro-région Cymru-Breizh, la Bretagne serait un boulet pour le Pays De Galles. Une fois de plus la Bretagne croit s'émanciper par procuration. Ça en devient comique.

Au fait, que devient le "traité" signé entre la Bretagne et le Pays de Galles sous la première mandature de notre Jean-Yves à la tête de la région, hmmm ?

P. Argouarch
Mardi 7 août 2018

@Emilie Le Premier ministre a dit hier dans un débat (vidéo bientôt sur ABP) que absolument rien n'était sorti de ce "traité".

Lheritier Jakez
Dimanche 12 août 2018

La création d'Euro régions dans une Europe des peuples.des territoires limitrophes à l'Allemagne (Lorraine ,Pays Rhénans) à la Catalogne (côtés "espagnol et français") au pays basque, se posent.

Pour nous en Bretagne des objectifs simples à proposer aux jeunes Bretons,

Une union des organisations politiques 2019, surtout aux municipales de 2020.

Un syndicalisme breton du 21 ème siècle.

La création d'équipes sportives bretonnes et les démarches pour faire des rencontres régulières avec les autres pays Celtiques et pays d'Europe:Basque,Catalogne,Flamande,Alsacienne,Corse,Nouvelle Calédonie,..

Des Jeux sportifs interceltiques -Rugby,Foot ball,etc.sports traditionnels,.;en 2020 pour les 50 ans du festival des Cornemuses ,en Bretagne à la mi Aout après Lorient. en 2022 au pays de Galles ,en 2024,en Irlande,etc..

Qu'a proposé le congrès inter celtique qui s'est déroulé à Quimper?

Caerwyn
Samedi 1 septembre 2018

Demat d'an holl ,

le Cymru nous fait du pied , on prend !

Ils ont une assemblée et un beau budget . Nous pouvons faire de même. Il est temps de nous unir , de baisser les drapeaux et d'appliquer la devise des mousquetaires .A chaque élection , c'est la même chose , chacun y va de sa ligne partisane , et que je te tire dans les pattes ! ça ne sert à rien . Sera toujours temps de jouer à la cour de récré quand on aura ce que nous pouvons reprendre . Par les moyens légaux , le vote des Bretons et de tous ceux qui ont la Bretagne au coeur . Nous avons beaucoup à apprendre du pays du Dragon rouge . Mai 2019 , nous avons un gros coup à jouer et tout l'hiver pour nous préparer . Il nous faut rentrer à Bruxelles , pas seuls , collégialement , avec les autres peuples dits "minoritaires" ( ils n'ont pas honte !!!) Puis les municipales bien sûr. L'Histoire n'est pas écrite et l'Histoire de Bretagne ne sera pas une redite , n'en déplaise aux nostalgiques , mais ça peut être mieux , car à la lumière du passé , on peut construire un bel avenir , les forces sont là , juste faire l'union . Kentoc'h mervel eget bezan saotret ...

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