-- Cultures --

À Botmeur, une soirée de contes en breton le 30 octobre

Date de l'évènement : le 30/10/2014 à 20 h
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Une soirée Kontadennoù Kala-goañv hag all..., ou Contes de la Toussaint et d'autres temps, est organisée à Botmeur - Boneur par l'association ADDES, (association d'aide au développement économique et social) à 20 h 30.

La scène est ouverte aux conteurs en langue bretonne avec intermèdes chantés.


Dans la salle Fañch Abgrall

Accessible aux handicapés depuis sa rénovation en 1995.

Information et réservations au 02 98 99 66 58

Gratuit.

Botmeur, le Yeun et l'Arrée...

Botmeur est connue pour avoir longtemps abrité une des mairies les plus petites de Bretagne et même de France, jusqu'en 2011, où la mairie a alors déménagé dans l'école, devenue trop grande par manque d'élèves...

- (voir le site) de l'association qui expose : « Zone frontière entre Léon, Trégor et Cornouaille, les Monts d'Arrée ont inspiré de nombreux contes. Zone frontière entre le Léon et la Cornouaille, le Yeun-Elez recèle des trésors du patrimoine breton... Ses reliefs tourmentés, les sommets du Tuchenn Gador ou du Mont Saint-Michel, les landes et les tourbières ont inspiré de nombreux récits, témoins des angoisses et des interrogations des hommes ».

- (voir le site) de la communauté de communes du Yeun Elez qui comporte 8 communes, page Botmeur

Fañch Abgrall

Ou François Abgrall pour wikipédia.

Cette soirée nous donne l'occasion de découvrir ce Breton de l'Arrée.

Cet enfant du pays, dont le nom a été donné à la salle, est né à Botmeur en 1906. Il y est mort le 12 mars 1930 à 23 ans... après avoir traîné la tuberculose pendant 5 ans, dont tant d'enfants mouraient encore au début du siècle.

Poète et auteur de nouvelles pour des journaux, il a écrit en breton aussi.

Il fut le barde Alc'houeder Arre à la Gorsedd de Bretagne.

Ses deux livres ont été édités (posthumes) en 1930-1935 par François Jaffrennoù (Taldir) aux éditions Armorica de Carhaix.

Et moi aussi, j'ai eu vingt ans ! et Luc'hed ha moged (Éclairs et fumée), celui-ci, préfacé par Taldir, est consultable et copiable en ligne : (voir le site) de Wikimedia Commons, la médiathèque libre, mais avec une interface bien moins commode que sur Google e-books ou que Gallica par exemple...

À Rennes les éditions Terre de Brume les ont réédités en 2000 sous le titre Et moi aussi, j'ai eu vingt ans ! Et autres ½uvres.

Que la fnac indique écrit par un Fabrice Abgrall ! : (voir le site)

Sans chercher plus, ce “libraire” l'a assimilé au vrai Fabrice Abgrall : (voir le site) auteur de La saga des mousquetaires...

Et moi aussi j'ai eu vingt ans !

108 pages. Extrait :

…Une nuit, j'ai failli étouffer, mon c½ur éperdu, d'un battement fou me monte à la gorge. Alors j'ai crié mon épouvante… Le liquide est revenu, tiraillant, ma plèvre douloureuse. Je souffre énormément et, devant la mine apitoyée des gens compatissants, exaspéré, je cèle mes affres, je m'efforce à rire. Je fais rire les autres. Je ne veux pas de pitié, aucune pitié ! Il me semble que tout aveu de défaite accentuera ma chute, rapprochera le terme tragique. Avec désespoir, les dents serrées, sur mon épave qui descend le courant à toute allure, je me crispe et je me débats. Je ne veux pas entendre le fracas de la fatale cascade qui tombe au gouffre où mon radeau va s'abîmer. Je ne veux voir que les rives fleuries d'où, peut-être, quelque génie bienfaisant me tendra au prochain détour, la branche de saule salutaire. Mais le miracle ne se fait pas. Je maigris, je tousse, je crache. Il m'est impossible de manger. Cette fois, il n'y a plus de doute. Cette fois, le néant va s'ouvrir devant moi et dans les rochers de l'Arrée, le hibou peut déjà lancer ses chants de mort tandis que minuit sonnant se peuplera d'intersignes… Je deviens maussade, taciturne et je vais à grands pas vers la neurasthénie. Et je suis insociable, malgré l'été splendide où croule la blondeur des moissons. Dieu sait que ma souffrance physique n'est rien auprès de ma torture morale…

Éclairs et fumée (poésie)

44 pages. Extrait :

On fouille à chaque fin d'année

Parmi les cendres de son c½ur,

Cherchant après toute flambée

Les vaines traces du bonheur.

Chaque jour, depuis notre enfance,

Marqué d'un caillou blanc ou noir,

Reflète en nous la survivance

Des mots d'amour, des mots d'espoir.

Je suis à la page vingt-trois

Du livre que Dieu me destine.

Le papier frémit sous mes doigts,

Un frisson court dans mon échine.

Je suis à la page vingt-trois du livre que Dieu me destine. Il a 23 ans...

Parmi les âmes et les bruyères (Poème en Prose)

54 pages.

Voici les derniers feuillets qu'écrivit Abgrall, avant de mourir. Son chant du cygne, peut-on dire : magnifique poème en prose où on le retrouve tout entier ; testament de foi qu'il laisse à la jeunesse bretonne à venir.

Extrait :

…Le soir, autour des feux, assis en rond, les pâtres écoutent avec ravissement les vieilles bergères conter leurs souvenirs en filant leur quenouille, et, dans le ciel bleu, les étoiles intéressées, sourient. Il n'y a rien de plus reposant que ces veillées d'été dans le calme et l'oubli. Autrefois aussi, je vagabondais avec les pastoureaux mes amis. Que de fois, en leur compagnie, ai-je batifolé et dansé sur la vase mouvante, couverte de mousses et de lichens, de Lenn-ar-Youdic ! On dansait, se prenant par la main, en frémissant de peur. C'était une peur délicieuse qui me tenait les jambes raides et la gorge sèche, quand un bruit insolite arrêtait notre ronde…

Voir aussi :

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Correspondante ABP depuis février 2007

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