
Plus de 50 associations du mouvement culturel breton, réunies autour de Rouedad ar Brezhoneg, interpellent Loïg Chesnais-Girard à la veille du vote du budget primitif 2026 de la Région Bretagne. Dans une lettre ouverte, elles dénoncent un écart d’environ 600 000 € sur la trajectoire du Plan de réappropriation des langues de Bretagne (voté à l’unanimité en 2023) et redoutent un gel du programme « langues de Bretagne » dès 2026, avec un manque qui pourrait atteindre près d’1 million d’euros en 2027.
À la veille de l’adoption du budget primitif 2026 de la Région Bretagne, le réseau Rouedad ar Brezhoneg et plus de 50 associations du mouvement culturel breton ont adressé une lettre ouverte à Loïg Chesnais-Girard. Elles estiment que la trajectoire financière du Plan de réappropriation des langues de Bretagne (voté à l’unanimité en décembre 2023) n’est plus respectée, avec un écart évalué à environ 600 000 € dès 2026, et près d’1 million d’euros en 2027 si la tendance se confirmait.
Une trajectoire pluriannuelle « remise en question »
Dans leur courrier daté du 9 février 2026, les signataires rappellent que le Plan de réappropriation des langues de Bretagne, adopté fin 2023, prévoyait une trajectoire budgétaire pluriannuelle sur 2024-2027 pour soutenir une stratégie d’accroissement de la transmission du breton. Selon eux, cette trajectoire avait été respectée dans les budgets primitifs 2024 et 2025.
Or, à la lecture du budget primitif 2026, ils jugent que la continuité « effective » du plan est compromise : l’enveloppe du programme 301 (langues de Bretagne) s’écarterait de la trajectoire prévue d’environ 600 000 €, alors même que le document budgétaire affirme que « l’année 2026 s’inscrit dans la continuité de la mise en œuvre du Plan ». Les associations avancent qu’en 2027 l’écart atteindrait près d’1 000 000 € si un gel du plan se confirmait.
« Les sommes en jeu ne sont pas marginales »
Les signataires disent comprendre les contraintes budgétaires, mais contestent l’arbitrage. Ils soulignent que d’autres politiques régionales augmentent fortement, citant notamment +100 millions d’euros pour les mobilités (+22 %) et +27 millions d’euros pour les ports (+44 %). Ils estiment que 600 000 € ne peut pas être considéré comme un ajustement « marginal », au regard de la fragilité économique des associations concernées et d’un sous-financement structurel déjà ancien.
Ils relèvent aussi que, d’après les éléments qu’ils mentionnent, les recettes seraient globalement stables entre 2025 et 2026 : une baisse de dotations évaluée à 2,6 millions d’euros, et une hausse des recettes hors emprunt de +0,84 % (soit +11,53 millions) entre une décision modificative de mars 2025 et le budget primitif 2026.
Diwan, et une règle de versement des subventions contestée
Le courrier pointe également l’action 3 du plan concernant Diwan : les associations indiquent ne disposer d’aucune information sur la mise en œuvre de l’étude annoncée pour 2024 portant sur un outil de portage foncier, alors que la question immobilière est jugée « centrale » pour le développement et la pérennité des établissements.
Autre sujet de tension : les structures du programme 301 disent avoir été informées par courriel, le 22 janvier 2026, d’une application stricte d’un versement des subventions de fonctionnement « au prorata des charges réellement engagées ». Elles demandent la suspension de la généralisation automatique de cette règle, ou a minima une application au cas par cas, afin d’éviter un effet « double peine » si d’autres financements attendus ne se concrétisent pas.
Un appel au respect des engagements votés en 2023
Au nom des associations signataires, Rouedad ar Brezhoneg demande au président de Région de rétablir la trajectoire budgétaire initiale du plan, soit dans le budget 2026, soit lors d’une prochaine décision modificative. Le courrier rappelle enfin qu’un avis du Conseil culturel de Bretagne relatif au programme 301 a été voté le 31 janvier dernier.
La liste complète des associations signataires figure en annexe de la lettre ouverte, publiée en version bilingue français-breton.
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La lettre ouverte
Source : Rouedad
Commentaires (8)
Mr Chesnais Girard va-t-il faire comme son homologue Mme Morençais qui préside la sinistre région Pays de la Loire privant les associations de leurs subsides autant que possible ?
De plus Chesnais Girard est allé là bas à Nantes / Naoned faire la leçon sur le sujet , ce serait comique et révélateur ...
En tous les cas les assos pourraient souffrir du manque de moyens financiers pour le breton si c'était le cas
On peut lui accorder le bénéfice doute pour le moment , mais ...
A quel moment la région administrative arrivera -t-elle à consacrer 5 euro par habitant comme moyen financier pour la culture bretonne soit 17 millions d'euro environ ?
çà valait bien la peine de critiquer les sinistres pays de la Loire sur le suppressions des aides aux assos de la part du président régional face à ses homologues ligériens .
Quant au gallo , on voit bien où il mène c'est à dire à éviter toute installation autant que possible en Haute Bretagne du breton même si il y a une demande populaire , les moutons sont bien gardés .
La matrice socialiste montre son réel visage , je crains qu'il n'y ait aucune réaction à l'assemblée régionale y compris de K Hulaut .
C'est déjà difficile et la situation du breton à présent et la promesse du pire est là en 2026 .
An dizeur !
Qui a l'argent par ailleurs, globalement ? L'Etat. Pourquoi pas dès lors, en suivant la logique de certains, que l'avenir du breton soit géré au niveau du Ministère de la Culture français et des "langues de France" ? Pourquoi ? Sinon j'ai quand même plus confiance dans le département du Finistère que dans le Conseil régional sis à Rennes ou Nantes pour la promotion de la langue bretonne. A la limite, c'est plutôt là qu'il faudrait rapatrier les budgets et compétences...si il ne fallait en choisir qu'une (collectivité)