Anne Quéméré recoit le collier de l'Hermine et dénonce les agressions dont est victime l'identité des Bretons
Reportage

Publié le 18/09/22 15:38 -- mis à jour le 19/09/22 21:55
Anne Quéméré reçoît le Collier de l'Hermine :
Réalisation : ABP
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Présentation d'Anne Quéméré :
Réalisation : ICB
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Comme déjà sa grand mère Maryvonne Quéméré-Jaouen, la navigatrice quimpéroise Anne Quéméré a reçu hier le Collier de l'Hermine à Josselin en présence de sa famille, de ses amis, du Collège des herminés, du maire de Vannes, du député Paul Molac et de plus de 200 autres invités.

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Anne Quéméré a trois grandes passions, l'océan, l'environnement et la Bretagne. Elle se définit comme une "oceanholic" mais aussi comme une militante de la cause bretonne et celle de la protection de la nature. Longtemps exilée en Amérique, elle est revenue vivre ici en Bretagne, sa terre natale qu'elle aime tant.

Dans son bref discours, Anne Quéméré a dénoncé, sous des applaudissements nourris, les agressions récentes que subit la Bretagne : «Ceux qui pensent pouvoir nous affranchir de nos racines se leurrent, nos racines sont profondes, notre ancrage est solide et le combat que nos aînés ont mené nous montre encore le chemin à suivre aujourd'hui».

Sillonner les mers et les continents

Dans la pure tradition de Saint Brendan, ce navigateur irlandais qui explora les îles atlantiques de l'Islande aux Açores et certains pensent même plus loin, mais aussi à la suite de tant d'explorateurs bretons partis découvrir le "nouveau monde" à bord des trois-mâts de la marine royale, Anne Quéméré n'arrête pas de s'embarquer. Elle a même exploré elle-même en kayak ce fameux passage du Nord-Ouest permettant de relier l'océan Atlantique à l'océan Pacifique et qui n'a été franchi pour la première fois qu'en 1906 par le Danois Roald Amundsen.

Après son baccalauréat, elle passe par l'université puis s’envole pour les États-Unis dans les années 90 où elle s’installe. Résidant successivement à la Nouvelle-Orléans, dans le Vermont puis à New-York, elle travaille dans le tourisme. Pour son travail elle parcourt les États-Unis, le Mexique et l'Asie. Au début des années 2000, elle rentre en Bretagne.

En 2002, après deux années de préparation minutieuse, elle traverse l'Atlantique à la rame en suivant la route des Alizés. Partant de l'île de la Gomera aux Canaries, elle arrive en Guadeloupe 56 jours plus tard, établissant ainsi le nouveau record féminin détenu jusqu'alors par l'américaine Tori Murden.

En 2004, elle s'élance de Cape Cod aux États-Unis à l'aviron et en solitaire pour rejoindre les côtes françaises qu'elle aborde 86 jours plus tard en ayant parcouru quelque 6 450 km. Ce voyage est pour elle l'occasion de remporter un nouveau record féminin.

En juin 2006, elle quitte New-York à bord d'un petit prototype de 6 mètres de long tracté par un kite, également appelé aile de traction ou cerf-volant pilotable. En solitaire et sans escale, elle arrive au terme de son voyage sur l'île d'Ouessant, 55 jours plus tard. Cette traversée est une première mondiale.

En novembre 2008, elle tente de traverser le Pacifique à bord de son prototype, baptisé kiteboat, au départ de San Francisco et à destination de Tahiti. Mais dans le « pot au noir », elle est victime d'une avarie qui l'oblige à abandonner. Elle est récupérée saine et sauve par un cargo parti de Chine et faisant route vers New-York.

Au cours de l'été 2010, elle s'envole pour le sud-est du Groenland et rejoint à Tasiilaq une expédition scientifique baptisée « La Grande Dérive », dont l'objectif est de sensibiliser le public à la fragilité de la banquise. En compagnie de Emmanuel Hussenet, Luc Dénoyer et Gauthier Mesnil-Blanc, elle dérive sur des plaques de banquise et se déplace en kayak pendant 6 semaines, en totale autonomie.

En mars 2011, elle s'élance du port de Callao, au Pérou, pour une traversée en solitaire du Pacifique à bord de son kiteboat Adrien dont la seule force motrice est une aile de traction. Malgré quelques soucis techniques et un silence radio de deux mois (à la suite d'une défaillance de son téléphone satellite), elle réalise son périple d'environ 7 000 km en 78 jours. Elle met pied à terre sur l'île de Makemo, l'un des plus grands atolls des Tuamotu en Polynésie française en mai 2011 avant de rejoindre Papeete. Cette traversée du Pacifique est une première mondiale.

En juin 2014, elle renoue avec l’Arctique et tente la traversée du passage du Nord-Ouest en kayak et en solitaire. Mais les glaces lui barrent la route et elle doit renoncer à son projet. Elle retentera l’aventure au cours de l’été 2015 en compagnie de Raphaël Domjan, un éco-explorateur suisse dont l’objectif est de naviguer à bord d’un kayak solaire.

Pendant l'été 2018, elle tente à nouveau le passage du Nord-Ouest, à bord d'un bateau solaire, le réchauffement climatique favorisant la traversée8. Elle doit renoncer avant le terme, mais tire de l'expérience un documentaire du même nom que son livre précédent.

Anne Quéméré est aussi une photographe de la mer. Elle abreuve ses amis de magnifiques clichés sur les réseaux sociaux.

Philippe Argouarch

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Philippe Argouarch est un reporter multi-média ABP pour la Cornouaille. Il a lancé ABP en octobre 2003. Auparavant, il a été le webmaster de l'International Herald Tribune à Paris et avant ça, un des trois webmasters de la Wells Fargo Bank à San Francisco. Il a aussi travaillé dans des start-up et dans un laboratoire de recherche de l'université de Stanford.
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