Kristian Georgeault, prisonnier d'opinion...

-- Justice et injustices --

Communiqué de presse de Skoazell Vreizh
Porte-parole: y x

Publié le 5/05/06 18:14 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Une condamnation de onze ans de prison, après quatre ans de détention «provisoire», un premier refus de libération conditionnelle, un second en avril dernier... La situation du prisonnier politique breton Kristian Georgeaut peut être considérée comme difficile. Mais que va-t-on considérer lorsque l'on apprend pour quelle raison sa libération conditionnelle a été refusée? Voici l'information transmise à Skoazell Vreizh par Kristian Georgeault...

«J'ai demandé une libération conditionnelle le 21 décembre 2005, celle-ci a té examinée le 4 avril 2006 et le délibéré fixé au 18 avril. Vous noterez que le délai pour répondre est de quatre mois, à trois jours près cela tombe juste. Peu-être l'envie de faire courir la demande à son terme. Conformément à la loi, j'ai fourni les papiers nécessaies (hébergement, emploi en CDI et autres documents comme extrait de naissance des enfants...). Je suis conditionnable depuis octobre 2004, j'ai été condamné à deux peines, l'une de réclusion criminelle de onze ans et la seconde d'emprisonnement de six ans. Cette seconde condamnation a été confondue avec la précédente à la demande du procureur de la cour d'assises spécialement constituée en juin 2005. Ce n'est donc pas à ma demande. Ce procureur estimant, à juste titre d'ailleurs, que l'on me jugeait deux fois pour des faits semblables. J'ai donc été surpris de voir écrit dans le délibéré de jugement que je n'avais exécuté que six années sur les 17 auxquelles j'ai été condamné. D'autant plus surprenant que dans le même document, ma date de libération définitive est fixée au 28 novembre 2006, ce qui fait que par rapport à cette date j'ai effectué les trois-quarts de la peine. Plus surprenant encore sont les attendus du refus de la libération conditionnelle. On peut lire que celui-ci est motivépar le fait que je garde des liens avec le mouvement indépendantiste et que l'argent que je erse volontairement au titre de l'indemnisaton provient de Skoazell Vreizh. Rien en ce qui concerne les points de la loi sur la libération conditionnelle. Je n'ai jamais employé le mot »terrorisme«. J'ai bien indiqué que pour moi la page était tournée et que l'ARB avait cessé ses activités depuis plusieurs années. Non content d'être prisonnier politique, me voici clairement désigné par cet arrêt comme prisonnier d'opinion puisqu'il m'est repoché de garder des liens avec le mouvement indépendantiste, je serais donc en prison pour changer d'opinion, dans l'ex-URSS cela avait un nom, »Le Goulag«. Quant-à l'envoi d'argent par Skoazell Vreizh, je peux vous assurer que le comptable du Trésor Public de Paris ne se pse pas de question sur l'origine de l'argent qu'il encaisse. De plus je suis libre d'utiliser cet argent selon mon libre arbitre, donc l'aspect volontaire du versement ne peut être nié. En ucun cas Skoazell Vreizh ne me demande de compte sur l'utilisation que je fais de ses envois. Mais la solidarité dérange, que des Bretons apportent leur soutien à d'autres Bretons cela est incompréhensible pour certains. Vous pourrez lire que pour ces raisons mon reclassement ne serait pas acquis. J'ai toujours sû à quelle classe j'appartenais et je n'ai donc aucun besoin de reclassement quant à la récidive. Je suis un homme de parole et je fais grand cas de celle-ci. Donc si je le donne elle sera respectée. J'attends de savoir quelques précisions afin de faire soit appel, soit une nouvelle demande car la loi Perben II rentre en application au 1er mai et les dossiers comme ceux qui nous concernent dépendront à partir de cette date de l'Application des peines parisiennes. Donc si je fais appel, la cour de Rennes se déclarera incompétente et transférera le dossier vers Paris. Vous noterez au passage, la preuve de grande décentralisation dont fait preuve ce gouvernement. Soit il considère que les magistrats locaux sont incompétents (la question peut se poser), soit qu'ils ne sont pas assez dociles si ce n'est en Bretagne, ailleurs alors... Je garderai donc mes amitiés et mes convictions politiques, j'accepterai joyeusement le soutien des Bretons. Je suis un militant, pas un mendiant. Je vous envoie mes meilleures salutations, s'il est de bon ton de piétiner ses convictions, je ne serai pas de ceux-là Vive la Bretagne Libre et Socialiste. A wir galon, Kristian Georgeault» 23.04.06

Extrêt du jugement du Tribunal de Grande Instance de Lorient

«(...) Attendu que M. Christian Georgeault justifie d'une promesse d'embauche en contrat à durée indéterminée et indique qu'il indemnise régulièrement les victimes; Que son comportement ne pose pas de problème en détention, qu'il n'a pas fait de demande de travail et suit une formation universitaire de breton; Attendu cependant que M.Georgeault indique qu'il est toujours en lien avec le milieu indépendantiste breton et que c'est son comité de soutien qui lui adresse des mandats mensuels grâce auxquels il indemnise les parties civiles; Qu'il précise avoir renoncé pour l'avenir à toute actionterroriste essentiellement du fait que l'armée révolutionnaire bretonne ne commet plus d'attentats depuis des années; Qu'il n'a en outre exécuté que 6 années d'emprisonnement sur les 17 auxquelles il a été condamné; Attendu qu'au vu de la faile partie de la peine exécutée, des liens conservés par M. Georgeault avec le milieu indépendantiste et du fait qu'il ne s'acquitte pas personnellement des domages et intérêts mis à sa charge, le reclassement de M. Christian Georgeault n'appara^t pas acquis et l'absence de récidive n'est pas garantie; Qu'il conviendra par conséquent de rejeter sa demande de libération conditionnelle.»

A noter que le juge d'application des peines qui a signé ce refus est Aurore Carpentier.

Skoazell Vreizh 05/05/2006

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