
La liste de la maire sortante de Nantes, Johanna Rolland, et celle de La France insoumise conduite par William Aucant ont annoncé leur fusion en vue du second tour des municipales de 2026. Partenaire de la majorité municipale socialiste, l’Union démocratique bretonne se retrouve ainsi associée à une alliance incluant le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, connu pour ses positions très critiques à l’égard de la langue bretonne et des écoles Diwan.
Alors que l’Union démocratique bretonne (UDB) fait partie depuis plusieurs mandats de la majorité socialiste conduite par la maire sortante Johanna Rolland, le premier tour des municipales de 2026 à Nantes a placé celle-ci au coude-à-coude avec le candidat de la droite.
Dans ce contexte de forte incertitude électorale, un accord a été conclu entre la liste de Johanna Rolland et celle de La France insoumise (LFI), conduite par William Aucant.
Fusion des listes pour le second tour
Une manifestation s’était tenue devant l’hôtel de ville de Nantes pour demander l’union des listes de gauche. Celle-ci est désormais actée : les deux listes ont annoncé leur fusion en vue du second tour.
L’UDB, partenaire de la majorité municipale sortante, se retrouve donc de fait associée à cette alliance incluant "La France insoumise", un parti dirigé par un individu se déclarant ouvertement dans la lignée de Robespierre.
Les propos de Jean-Luc Mélenchon
Ce rapprochement peut surprendre les militants attachés à la défense de la langue bretonne. Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI, s’est en effet illustré dans le passé par des propos très critiques à l’égard du breton et de l’enseignement immersif.
Il avait notamment déclaré : « La langue bretonne est la langue de la collaboration » et qualifié les écoles Diwan de « secte »
Le sénateur Jean-Luc Mélenchon accuse Diwan d'être une secte
Dans une autre déclaration, il s’était également présenté comme « fier d’être jacobin, ne parlant que la langue française – et l’espagnol, langue de mes grands-parents ».
Plus récemment, Jean-Luc Mélenchon a voté contre la loi Molac le 8 avril 2021, une loi qui, malgré les censures du Conseil constitutionnel, a néanmoins permis de consolider un minimum de protection pour les langues régionales. Dans un entretien au Monde publié le 8 mai 2023, il déclarait : « Le régionalisme est une illusion dangereuse quand on va trop loin. Ce qu’il sécrète le plus souvent, ce sont des raisons artificielles de se distinguer des autres ». Pour Mélenchon il faut vivre sur une île pour bénéficier d'un minimum d'autonomie.
Un bilan breton discret à Nantes
Au sein de la majorité municipale sortante, l’UDB avait néanmoins obtenu quelques gestes symboliques en faveur de l’identité bretonne de la ville, notamment que le Gwen ha Du soit hissé dans la cour de la mairie. Mais pour beaucoup d’observateurs du mouvement breton, ces avancées sont restées limitées et n’ont guère été suivies de mesures plus structurantes en faveur de la langue ou de la culture bretonnes, ni même de coopérations renforcées avec la région administrative Bretagne.
Une tragi-comédie
Il est à noter que dans d’autres grandes villes en France, de telles alliances entre le Parti socialiste et LFI ont été refusées. À Rennes, en tête du premier tour de l’élection municipale avec 34,53 %, la socialiste et ses alliés écologistes ont refusé de négocier avec LFI, arrivé troisième. À Lorient, LFI n'a fait que 5% donc aucune fusion envisagée à part celle des deux listes de gauche, ce n’est pas le cas à Nantes, ni à Brest où LFI a fait de bons scores. À Brest l’UDB faisait aussi partie dès le premier tour de la liste conduite par François Cuillandre et cette liste vient également de fusionner avec celle de LFI. À Vannes, aucun problème puisque David Robo, centre droit "Horizons", a été réélu dès le premier tour.
Ces fusions entre le PS et LFI en Bretagne recadrent l’UDB dans la dure réalité politique du système électoral français. L'UDB est un partenaire marginal au sein de majorités socialistes, voire écologistes. Pour la gauche, il s'agit de l’emporter coûte que coûte, et LFI pèse électoralement bien davantage que l’UDB.
Ce sont les tares du système à deux tours : les alliances et les trahisons, les accords d'arrière boutique et le marchandage des postes en guise de débats. Dans les systèmes à un seul tour, on ne marchande pas les postes et les voix, car les accords politiques se font après l'élection. Les grandes démocraties n'ont qu'un seul tour.
Commentaires (10)
Car l'enjeu au second tour n'est pas seulement de gagner ce qui est légitime. Il est surtout d'obtenir, y compris par de douteux moyens politiques, l'énorme prime en sièges qui détruit l'esprit du vote pourtant annoncé à la proportionnelle. En effet au premier tour les électeurs s'imaginent voter pour un scrutin à la proportionnelle. C'est ce qu'on leur assène. Mais, subrepticement, il devient ultra majoritaire au second tour.
Ceci a au moins le mérite d'assurer des Majorités surnuméraires certes, durables et stables, mais au prix d'Oppositions artificiellement très affaiblies.
A
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Union, peut-etre...
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Democratique, non.
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Bretonne, non.
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Au bal des intentions, les masquent tombent.
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Pegoulz e vo savet ur strollad politikel breton? Pe neuze, pegoulz e vo doujet ouzh danvez Breizh (yezh, ha traou all...) e strollajou politikel dre vras?
A
C'est purement alimentaire pour l'UDB . Un supplétif du PS qui a perdu tous sens des réalités à Gauche , prêt à faire n'importe quoi pour exister .
Quant aux opprimés où se trouvent-ils ? En Bretagne entre autres .
Honteux ! Mme Johanna Rolland n'a PS daigné répondre au questionnaire remis aux candidats sur " la réunification de la Bretagne " pour ces élections municipales en 2026 .
La direction du PS a perdu sa boussole politique , affligeant .
Les électeurs vont faire défaut dimanche et pas que .
Doanik on !
Que vont faire les sociaux démocrates Nantais et Brestois , la vérité sortira des urnes, la conscience politique Bretonne n'a pas progressée