"La musique, c'est la langue majuscule" : rencontre avec Yann-Ber Piriou
Communiqué de presse de Taol Kurun

Publié le 23/11/14 12:22 -- mis à jour le 00/00/00 00:00
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Invité par l'association Rhizomes, Yann-Ber Piriou a ravi son auditoire, en français comme en breton

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Le professeur à la retraite, un moment attristé par l'absence de sa "fontaine de jouvence" des étudiants de Rennes 2 à chaque rentrée, reprend le fil de ses pensées. Il parle de la joie des mots, de la passion de la littérature, de l'enseignement, de cette langue bretonne qu'il parlait avec sa grand-mère, qui préférait qu'elle aille avec certains enfants qui disaient "biskoazh" et "biken", quand d'autres n'employaient que "james".

Il a connu les Canaques de Nouvelle Calédonie entre ses dix et dix-sept ans, alors que son père y avait été nommé. Ravi au début par les lagons et les palmiers, il a vite déchanté en voyant le décalage entre les informations officielles concernant l'Indochine et l'Algérie et les autres nouvelles qui lui parvenaient d'amis bretons...

Alors, il est revenu, il a d'abord commencé des études de lettres, puis d'anglais. Mais à Rennes, les étudiants chantent en breton, entonnent du Corneille en kan ha diskan, et il écrit "Défense de parler breton et de cracher par terre". Il devient professeur d'université à Rennes 2, alors encore Université de Haute Bretagne, et fait "chanter les amphithéâtres". Il édite un très beau recueil de poèmes "Kastell traez", avec un CD où sa voix est accompagnée par le piano de Didier Squiban.

Le professeur reprend le cours de son exposé. Il va décomposer le mot "Barzhoniezh" (poésie), donc, le "barzh", le poète, mais aussi "son", la musique, car pour lui, la langue est majuscule, et le français, comme le russe ou l'anglais sont des dialectes.

Seule compte la musique. Pour le "barr" c'est le coup d'humeur ("barrad fulor, barrad arnev"), la colère, et il en faut, de la colère. Mais c'est aussi la "yezh", qui au départ désigne la langue des oiseaux, la langue parlée pour sa grand-mère est un "langaj". Passionné des mots, de littérature, de musique, il fait sourire et rire son auditoire.

On rêve alors d'une université sur Internet où ces hommes à la parole haute et à la grande culture puissent nous diffuser leur savoir en breton, leur connaissance de la littérature mondiale pour partager davantage de moments de cette qualité-là.

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