"Jean-Marie Le Clézio et la Bretagne" d'Émile Kerjean chez Skol Vreizh depuis juin en Cahier bleu

-- Cultures --

Presentation de livre
Par Maryvonne Cadiou

Publié le 13/11/14 22:53 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Locronan, oui. Pourquoi Locronan ? Parce que ce livre est né d'une rencontre tant attendue, à Locronan en janvier 2014, entre Émile Kerjean, Jean-René Le Quéau, directeur de Skol Vreizh, Jean-Luc Cloarec, permanent éditorial et photographe, et JMG, comme l'explique Paolig Combot en introduction (PDF). Quelle joie pour les Bretons, après le choc de l'annonce que le prix Nobel de littérature lui était attribué en 2008... Deux livres sur J. M. G. Le Clézio (1) publiés en Bretagne cette année ! Ici nous parlerons du Cahier bleu paru en juin 2014.

Si Le Clézio réside le plus souvent à l'Île Maurice, au Mexique, en Corée, aux USA, il vient passer ses étés dans sa maison du Cap Sizun. On se souvient de ses apparitions chez Bernard Pivot (Apostrophes), où certaines admiraient sa crinière blonde, sa figure volontaire au menton carré, sa belle voix et son élocution posée, sa faculté de vous rendre si proches des mondes si lointains, même si son immense modestie et sa réserve lui faisaient peser ses mots, même si une de mes amies, qui a vécu en Afrique équatoriale, se souvient avec stupeur avoir vraiment ressenti la moiteur ambiante du climat rien qu'à la lecture d'Onitsha...

Le Clézio connaît l'histoire de Bretagne : en effet dans son roman Révolutions (Gallimard, 2003) ne parle-t-il pas longuement de la bataille de Saint-Aubin du Cormier en juillet 1488 (p. 534 à 538)...

On sait peut-être moins qu'il est un des 44 signataires du manifeste de 2007 pour une littérature-monde en français, soit celles et ceux qui refusent l'idée de francophonie appliquée à la littérature comme le dernier avatar du colonialisme...

Nous allons découvrir JMG Le Clézio et la Bretagne dans ce cahier grâce à la passion qu'éprouve depuis des années le Breton Émile Kerjean pour le personnage et l'oeuvre. Mais auparavant dans d'autres média.

JMG dans quelques média

Il y a, sur le site de l'INA, des videos des émissions où il a été invité : (voir le site) de l'INA page Le Clézio.

À voir :

1)- Le Clézio reçoit le prix Nobel de littérature, de France 2, montage de 2'19'' : (voir le site)

Reportage. Portrait de l'auteur français Jean-Marie Le Clézio qui vient de recevoir le prix Nobel de littérature soit 45 ans après avoir reçu le prix Renaudot pour son premier roman, Le procès verbal.Le commentaire est accompagné d'images factuelles et d'archives dont un extrait d'une interview de l'auteur dans l'émission “Lectures pour tous” en 1963, alterne avec l'interview de Jean-Marie Le Clézio.

2)- Enfin à Apostrophes ! La 250e

19 sept. 1980 (19.006 vues ) 1 h 6 mn 37 s pour l'intégralité Le Clézio et Borges.

(voir le site) pour 6' 40'', (l'intégralité peut être achetée en ligne).

Pour cette 250e émission, Bernard Pivot interviewe (chez eux) deux écrivains : Jorge Luis Borges et Jean Marie Gustave Le Clézio. Premier entretien avec J M G Le Clézio qui parle de son dernier ouvrage Désert, fait de deux histoires distinctes mais complices par l'origine des personnages, leur fuite d'eux-mêmes, la géographie : Le Désert, lieu magique, de silence, pour Le Clézio (...)

3)- (voir le site) , 19 août 1971, 14 mn 56 s.

Interview à Nice de Jean-Marie Gustave Le Clézio à propos de son dernier livre La Guerre. L'auteur tente d'expliquer pourquoi il écrit, il donne sa définition personnelle du langage. Une voix off lit des extraits du livre de Le Clézio.

Rappelons aussi un long entretien avec J.M.G. Le Clézio dans le magazine Bretons n° 37 de novembre 2008 « C'est une idée d'être Breton ».

(voir le site)

Il est depuis quarante-cinq ans l'un des écrivains français les plus importants, les plus lus et les plus traduits à l'étranger. Le prix Nobel de Littérature 2008 nous parle de son rapport à la Bretagne et (voir le site) pour le résumé qui nous éclaire sur ses multiples prix littéraires :

J.M.G. Le Clézio n'a pas attendu d'être prix Nobel de littérature pour être un habitué des récompenses prestigieuses. Au fur et à mesure de sa carrière, et avant la consécration du Nobel, il en a reçu pléthore : prix Valéry Larbaud, Grand prix de littérature Paul Morand pour Désert, prix du plus grand écrivain francophone...

Mais avant tout ça, il y a quarante-cinq ans, il recevait le prix Renaudot pour son tout premier roman Le Procès-Verbal. Un beau début pour le tout jeune écrivain de 23 ans. C'était en 1963, et, à l'époque, le jeune auteur ne semblait pas réaliser l'importance de cette distinction.

Quand il revient sur cet événement, il déclare même s'être senti “sceptique”, détaché... Aujourd'hui, son point de vue a évolué : « Étant moi-même membre de plusieurs jurys littéraires, je m'aperçois à quel point c'est important pour un écrivain ». Avec le recul, il se rend compte que c'était une chance. « Je ne l'ai pas saluée aussi fortement que j'aurais dû, je m'en sens coupable aujourd'hui, j'aurais dû être plus humble, et reconnaître que je devais beaucoup à ça » (in Bretons, 2008).

Un cahier bleu en juin 2014 : Jean-Marie Le Clézio et la Bretagne

(voir le site) de Skol Vreizh, page du livre, où l'on peut visionner (voir en bas) 9 pages du livre.

Présentation par l'éditeur :

Dans un long entretien Jean-Marie Le Clézio évoque les liens intimes qui l'unissent à la Bretagne : racines familiales, souvenirs d'enfance, curiosité pour une langue et une histoire qu'il aime.

Le prix Nobel de littérature s'engage là où on ne l'attend pas...

Entretien suivi d'une biographie par Émile Kerjean.

Avec la participation de Paolig Combot

Voir le texte d'introduction du président de l'association Ar Falz en PDF.

« Il est des rencontres qui vous marquent pour la vie » (...)

Préambule rapide de Paolig Combot, mai 2014. Jean-Marie Le Clézio est l'un des écrivains majeurs de notre temps. Le prestigieux prix Nobel de littérature, qu'il reçoit en 2008, salue une oeuvre magnifique, celle d'un humaniste, d'un “citoyen du monde”.

Dans cet ouvrage, il évoque ses rapports étroits avec la Bretagne, ses paysages, sa culture, son histoire. On y découvrira aussi un lien inattendu entre Brest, Le Clézio et l'île Maurice, celui de la botanique.

Enfin, Émile Kerjean retrace la biographie d'un homme habité par la création littéraire.

Nous vous invitons ainsi à mieux connaître l'écrivain, son itinéraire, sa géographie mentale, où la Bretagne prend plus de place qu'il n'y paraît.

(voir le site) de Skol Vreizh, page du cahier bleu Le Clézio.

Un extrait (sous la photo 4)

« (...) par mes origines, par mon nom, et aussi par des habitudes que j'ai, puisque depuis longtemps je viens en Bretagne, je suis associé à la Bretagne et, d'une certaine façon, à la langue bretonne que je reconnais comme une langue forte et comme une langue qui m'émeut, pour laquelle je ressens de l'émotion ».

Cinq questions de Skol Vreizh à l'auteur Émile Kerjean

1) Qui êtes-vous ?

Je m'appelle Émile Kerjean, retraité de l'Éducation nationale, ancien professeur de lettres classiques qui comme beaucoup de retraités s'occupe à diverses activités, de recherche en particulier. Les sujets se sont présentés de manière inattendue : à la suite par exemple de la découverte des carnets de campagne d'un personnage de ma famille ayant survécu à la Grande Guerre qu'il fit comme brancardier puis comme soldat, j'ai entrepris l'étude de son parcours et par la suite des 38 ans de sa vie comme missionnaire au Gabon dans “les temps héroïques” ; la découverte de la vie d'aviateur du grand-père de mon épouse m'a conduit à suivre également son parcours, en particulier pendant la Grande Guerre et à m'intéresser aux débuts de l'aviation, enfin la demande tout à fait imprévue de Paolig Combot de rédiger 70 pages sur Le Clézio lors de l'attribution du Prix Nobel à ce grand écrivain que j'avais eu la chance de rencontrer en 1996 m'a fait me replonger, après quelques hésitations, dans l'étude de sa vie et de son ½uvre , d'où ces travaux d'aujourd'hui. Tout un programme !

2) Quel est le thème central de ce livre ? 

Le personnage de Le Clézio que Skol Vreizh désirait présenter dans ses rapports avec la Bretagne mais bien entendu aussi dans toute sa dimension internationale, son ½uvre reflétant « son ouverture au monde et sa capacité de parler de cultures différentes », comme le souligne Antoine de Gaudemar, réalisateur du film Jean-Marie Le Clézio entre deux mondes.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ? 

Justement cette phrase d'Antoine de Gaudemar répondant à la question d'un journaliste : « Qu'est-ce que Le Clézio pour vous ? Constitue-t-il un pont entre les différentes cultures ? »

« - Oui. C'est complètement un pont. D'ailleurs le film que j'ai réalisé s'appelle Jean-Marie Le Clézio entre les mondes… C'est quelqu'un qui fait le pont entre l'Europe, l'océan Indien, le Mexique et l'Amérique où il a beaucoup d'attaches ».

On ajoutera avec l'Afrique, le Nigéria de son enfance, et le Maroc de Djemia, son épouse et tous les pays d'Afrique qu'il a récemment visités.

« Sa grande qualité », ajoute Antoine de Gaudemar, « c'est son ouverture au monde, sa capacité de parler de cultures différentes, de confronter cela dans ses romans et ses essais, notamment sur les Amérindiens. Toujours entre les mondes dans cette position qu'il appelle avec ironie de “schizophrène international”, dans cet entre-deux qui lui donne toujours la bonne distance avec ce qu'il voit ».

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ? 

Ce n'est pas une question facile. Il faudrait citer toutes les musiques du monde. Quelle musique pourrait dire l'interculturalité, le bonheur de l'échange, du métissage culturel, l'ouverture aux mondes. « Le son de la ravane et du tambour breton », certes, auxquels Le Clézio fait allusion dans l'interview de Locronan mais pourquoi pas tous les sons du monde joués par les flûtistes de Cuzco et d'Angkor évoqués dans Le livre des fuites ?

La musique est toujours présente dans l'½uvre de Le Clézio et joue un rôle prépondérant quelquefois comme dans Poisson d'or. Finalement je dirais Le Boléro de Ravel pour les raisons que j'expose dans le livre à venir Le Clézio est Univers : « Le “Boléro” était la musique d'une apocalypse annoncée, d'une montée vers la déflagration, vers l'horreur ; le crescendo nous entraîne vers les quatre coups du finale, qui donne le sentiment d'un couperet qui tombe, comme le souligne Le Clézio dans l'entretien de La grande librairie avec François Busnel, le 9 octobre 2008. Cette musique était pourtant, en même temps, porteuse d'un message de tendresse, d'un appel que le monde n'a pas entendu. Je me dis que c'est là que ça s'est passé, c'est là que le monde occidental pouvait encore choisir entre ce qui allait arriver ou, peut-être, Ravel, qui proposait un monde différent, qui introduisait le tam-tam dans la musique, qui introduisait une pensée nouvelle. Le monde n'a pas entendu. 

5) Qu'aimeriez-vous partager avec les lecteurs en priorité ?

Le bonheur de cette rencontre avec Le Clézio aussi intense et riche dans sa brièveté que celle de février 1996 à Brest, la rencontre d'un homme “hors du commun”, comme l'observe son ami Don Qiang, professeur et directeur de thèses à l'Université de Pékin, » le chercheur d'or et d'ailleurs «, selon l'expression d'une des grandes spécialistes de Le Clézio, Marina Salles, qui nous conduit sur tous les chemins du monde, vers toutes les cultures du monde et participe par son ½uvre et ses actes aux grandes causes que défend la Fondation pour l'interculturel et la paix (2).

Le livre

Sommaire

- Introduction p. 3 ;

- Rencontre avec Jean-Marie Le Clézio, p. 7 ;

- Quand la botanique fait le lien entre Brest, Maurice et Le Clézio, p. 27 ;

- Les chemins de Jean-Marie Le Clézio, p. 31 ;

- Conclusion, p. 83.

84 pages, tout quadri, 20 x 22 cm

Parution : juin 2014, 12,00 euros

Notes

(1) J M G : L'intéressé utilise avec constance, depuis sa première ½uvre publiée en 1963 (…) un nom de plume composé des initiales de ses prénoms et de son nom de famille non abrégé. L'ensemble de ses ouvrages, livres, articles, préfaces, sont ainsi signés J. M. G. Le Clézio. Ce nom de plume est fréquemment typographié sans espace entre les initiales des prénoms, et ne comporte jamais de trait d'union entre les deux premières initiales, alors que les deux prénoms correspondants sont reliés par un trait d'union, dans leur forme non abrégée (note 1 sur sa page wikipédia en français). J.M.G. Le Clézio pour sa page en anglais sur wikipédia, plus complète.

(2) la Fondation pour l'interculturel et la paix. Il en est le co-fondateur à l'Île Maurice en nov. 2009 (voir le site) dont les textes fondateurs et la revue de presse sont à explorer.

(voir le site) du texte de JMG.

À ce sujet, sur leur site (bandeau ph. 14) Émile Kerjean leur écrit : » Je viens de découvrir ce site au hasard de mes recherches sur les engagements divers de JMG Le Clézio. Je connaissais l'initiative mais non votre site dont le contenu est si éclairant et si motivant.Il y a là une démarche optimiste qui encourage à croire encore aux forces de l'esprit et à la volonté des échanges par delà les frontières pour que triomphe la paix. Merci pour ce très beau message ".

En novembre 2014 est paru Le Clézio est univers d'Émile Kerjean aussi, chez le même éditeur, bientôt sur ABP avec un entretien avec l'auteur...

Skol Vreizh

41 quai de Léon

29600 Morlaix

02 98 62 17 20

skol.vreizh [at] wanadoo.fr

(voir le site) de Skol Vreizh

Document PDF leclezioskol_vreizh_cahier_bleu_intro_combot.pdf Introduction de Paolig Combot à Jean-Marie Le Clézio et la Bretagne, 2014.. Source : Skol Vreizh
Voir aussi :
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Correspondante ABP depuis février 2007.

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