Visuels de la campagne « En hiver, pas de tomates dans nos menus » (autocollant vitrine, affiche et chevalet de comptoir).
Crédit : DR / GAB–FRAB (Agriculteurs Bio de Bretagne)
Visuels de la campagne « En hiver, pas de tomates dans nos menus » (autocollant vitrine, affiche et chevalet de comptoir). Crédit : DR / GAB–FRAB (Agriculteurs Bio de Bretagne)

Le réseau GAB–FRAB (Agriculteurs Bio de Bretagne) lance une campagne destinée aux restaurants pour promouvoir la saisonnalité. Objectif : rendre visible l’engagement des établissements qui renoncent aux tomates en hiver, jugées très énergivores lorsqu’elles sont produites sous serre chauffée ou importées.

Une tomate a besoin de soleil et de chaleur pour mûrir. En plein hiver, ces conditions n’existent pas sous nos latitudes. Pour en proposer malgré tout, il faut soit les importer, soit recourir à des serres chauffées. C’est précisément ce que pointe le réseau GAB–FRAB, qui relance en Bretagne une campagne de sensibilisation axée sur la saisonnalité : « En hiver, pas de tomates dans nos menus ».

Le communiqué insiste sur l’impact énergétique et climatique des tomates produites hors saison. Selon les données citées, une tomate d’hiver cultivée sous serre chauffée émettrait jusqu’à sept fois plus de gaz à effet de serre qu’une tomate française de saison (source ADEME). Autre comparaison avancée : produire un kilo de tomates sous serre chauffée reviendrait à brûler un litre de fioul (source CTIFL).

Pour les agriculteurs bio bretons, l’enjeu dépasse la simple question d’un ingrédient : il s’agit de remettre la saisonnalité au centre des pratiques alimentaires et de la restauration. « En hiver, les tomates servent juste à mettre de la couleur dans les assiettes alors qu’on produit en Bretagne une large gamme de légumes permettant de varier textures, couleurs et saveurs », souligne Dominique Dubreuil, maraîcher bio à Ploërmel et président du GAB56.

Le réseau rappelle qu’une tomate « de saison » se consomme de juin à octobre. L’hiver, il propose de privilégier des légumes disponibles localement sans chauffage : poireaux, choux, carottes, courges, notamment.

respecter les cycles naturels et la saison

Le réseau GAB–FRAB présente cette campagne comme une invitation à remettre la saisonnalité au centre de l’alimentation, en cohérence avec les rythmes naturels. Pour les agriculteurs bio, il s’agit de rendre visibles des choix de production et de consommation qui limitent les besoins énergétiques (serres chauffées, importations) et privilégient les légumes disponibles localement selon la saison.

Dans cette logique, les restaurateurs sont considérés comme des « ambassadeurs » : en assumant l’absence de tomates en hiver, ils peuvent expliquer leur démarche à leurs clients et valoriser d’autres légumes de saison. La campagne « En hiver, pas de tomates dans nos menus ! » se veut complémentaire d’une opération grand public déjà connue : « Pas de tomates en hiver ! ».

Parmi les citations relayées, Alexandre Meudec, du restaurant Biorek, résume l’esprit de l’opération avec une formule volontairement provocatrice : « Des tomates en hiver ? Et pourquoi pas des choux de Bruxelles au dessert ? ».

manger des légumes en hiver, c’est bien sûr possible

L’enjeu n’a jamais été de « se passer de légumes » en hiver, mais d’éviter les primeurs hors saison. En Bretagne comme ailleurs, une partie des légumes racines se conservaient longtemps grâce à des techniques simples : stockage en cave ou en cellier frais (sur paille, par exemple), ou en fosses (tranchées drainées et paillées, légumes recouverts de végétaux puis de terre). Voir la fiche technique d'agrobio sur la conservation des légumes Aujourd’hui, il existe aussi de nombreuses conserves bio, y compris sans additifs.

Dans d’autres cultures alimentaires, notamment en Asie, la fermentation et la lacto-fermentation font partie des solutions traditionnelles pour consommer des légumes toute l’année. En Bretagne, l’abondance du sel sur le littoral et le contexte historique d’exemption de la gabelle ont également favorisé, de longue date, des pratiques de conservation par salaison, notamment pour le poisson, mais plus largement pour des denrées alimentaires.

un kit gratuit destiné aux restaurants

Pour rendre cette démarche visible auprès de la clientèle, le GAB–FRAB met à disposition des restaurants bretons un kit de communication gratuit : stickers vitrine, chevalet pédagogique de comptoir, et kit digital pour les réseaux sociaux. Les outils doivent permettre d’informer le public et d’afficher clairement l’engagement : « Ici, on est fier·e de cuisiner des légumes de saison ».

La campagne est annoncée du 15 décembre au début février. Les restaurateurs intéressés peuvent demander gratuitement leur kit jusqu’au 15 janvier (quantités limitées) en contactant Amandine Ledreux : a.ledreux at agrobio-bretagne.org.

Le site de la campagne : Agrobio Bretagne

Le réseau gab–frab (agriculteurs bio de Bretagne)

Le réseau GAB–FRAB fédère les groupements d’agriculteurs bio de Bretagne autour de la FRAB (Fédération régionale des agrobiologistes de Bretagne). La FRAB est donnée comme créée en 1987. Son siège est à Cesson-Sévigné (29 avenue des Peupliers). Le réseau indique agir pour le développement de l’agriculture biologique (accompagnement, formation, structuration de filières) et la représentation des producteurs auprès des pouvoirs publics. Il est adhérent de la FNAB au niveau national.

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