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dessin humoristique sur la communauté bretonne.
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- Chronique -
Rohingyas, Ouïghours et Bretons : trois modèles d’éradication des minorités nationales
Il est plusieurs manières d'éradiquer les minorités nationales. Le principe démocratique est impuissant pour prévenir ces formes odieuses de deshumanisation. Bien au contraire, il peut y contribuer fortement.
Yvon Ollivier pour Yvon Ollivier le 23/11/18 6:57

Rohingyas, Ouïghours et Bretons : trois modèles d’éradication des minorités nationales.

L’exemple de la répression des Ouïghours , en Chine - Etat du Xinjiang- nous démontre que l’Etat nation souverain, qui repose sur l’adéquation parfaite entre un Etat, une nation et souvent une idéologie emploiera toujours la marge de manœuvre dont il dispose pour détruire une minorité.

C’est dans ses gênes, si l’on peut dire, car il repose précisément sur cette adéquation aux accents totalitaires, peu importent les principes sur lesquels repose ce régime, qu’il s’agisse du communisme, de la République ou du primat allégué des droits de l’homme.

Il existe plusieurs manières de réduire une minorité :

- L’expulsion brutale en dehors du corps national, que subissent les Rohingyas, est obtenue dans une dynamique de type génocidaire classique , par l’exode provoqué par le meurtre ou le viol organisé. On découvre avec horreur que la religion la plus pacifique, le Bouddhisme, est impuissante à conjurer de tels maux. Pire encore, elle est invoquée au soutien de la dynamique génocidaire par les moines comme le « vénérable maître W. ». Ce type de comportement est le lot d’Etats en guerre, qui évoluent de manière autarcique ou cultivent une forme de pouvoir autoritaire. Mais ces Etats n’en restent pas moins soumis aux pressions politiques externes, pour peu que la communauté internationale s’en donne les moyens.

La méthode chinoise diffère par les moyens mis en œuvre pour réduire une minorité, mais n’en est pas moins efficace. La société totalitaire pratique l’enfermement des minorités à des fins d’endoctrinement et ne rechigne pas à employer des moyens colossaux. L’enfermement d’un million d’Ouïghours à des fins de déradicalisation ou de rééducation nous plonge dans les pratiques totalitaires du siècle passé. Et malgré l’objectif anti-terroriste allégué et une mortalité sans doute inférieure à celle qui sévissait au goulag sibérien , la pratique a de quoi faire frémir, d’autant qu’elle s’accompagne d’une mise au pas des élites susceptible de défendre les fondamentaux de l’identité ouïghour. Les tribunaux ont la peine de mort facile pour les élites suspectes de séparatisme.

On remarquera que la presse en parle et accomplit son devoir d’alerte. Le silence des grands Etats démocratiques, dont la France, en devient d’autant plus étourdissant. Il serait inefficace de vouloir faire la leçon à la Chine ? Le poids de la Chine dans la géopolitique et les échanges internationaux rendrait problématique toute réaction ? On pourrait le concevoir, sauf que le silence sur les pires exactions corrompt celui qui nie ses propres valeurs et devient complice de l’infracteur. Car s’il est un responsable direct de l’atteinte manifeste aux droits de l’homme, d’autres endossent une responsabilité non moins forte en laissant faire, lorsque leur simple parole eût été de nature à améliorer le sort des victimes.

Les grandes « démocraties » pourraient même s’accorder sur des mesures de rétorsion. Un Etat comme la Chine qui recherche l’hégémonie par le commerce international ne le souffrirait pas longtemps. Mais nos « démocraties » sont si faibles que le simple fait de recevoir le dalaï-lama prête à d’inlassables discussions.

Le silence de La France recèle encore une explication cachée. La France n’aime pas les minorités et pratique sans doute la méthode la plus efficace pour les réduire. Il n’est pas de minorités en France, nous dit-on. Force est de constater qu’ il n’est pas de minorités nationales qui s’exprime vraiment en tant que telle. Ou lorsqu’elles s’expriment, elles sont rendues inaudibles.

La méthode française réside dans l’étouffement progressif des minorités sous la chappe de plomb d’une sphère publique omniprésente et hypercentralisée. Il revient à celle-ci de diffuser les fondamentaux d’une identité mono-culturelle et de valeurs libératrices adossées à la langue officielle et de les inculquer aux enfants qui n’ont aucune connaissance de leur histoire singulière. Les minorités nationales sont reléguées dans une sorte de non être, dans les périphéries lointaines et souffrent d’un discrédit profond.

Loin d’améliorer le sort des minorités nationales, la décentralisation ou ce qui en tient lieu, vient offrir un vernis démocratique à un système qui concentre tous les pouvoirs entre les mains de la technostructure parisienne.

Au sein du système France, il n’est besoin de détruire les élites des minorités nationales car elles sont d’ores et déjà incorporées dans le système et adhèrent à ses valeurs. Il ne tient qu’ à les laisser parachever l’œuvre de destruction progressive de la minorité, en apportant leur légitimité à l’inaction publique.

La politique linguistique menée par le conseil régional de bretagne (moins de 1% du budget au demeurant dérisoire de la région, 3% des élèves bénéficiant d’un apprentissage de la langue bretonne) est une non-politique qui ne sert qu’à donner le change. A droits et moyens constants, la langue bretonne est condamnée. Le bénéfice pour l’Etat nation est de premier plan car ce sont les Bretons eux-mêmes, via leurs élus, qui prennent en charge l’éradication progressive de leur langue, sur le mode du laisser faire.

Bien sûr l’idéologie de l’unicité française a sa part de responsabilité. Mais en faisant comme si on allait sauver la langue, avec d’aussi pauvres actions, sans jamais mettre en place un rapport de force politique avec l’Etat, nos élus bretons sont devenus les premiers responsables de l’éradication progressive du fait identitaire breton. La sagesse leur commanderait de taper du poing sur la table et de démissionner en ouvrant au besoin une crise politique, ne serait-ce que pour ne plus être complice, mais ce n’est pas dans leur nature.

L’inaction de nos élus bretons est d’autant plus affligeante que d’autres minorités nationales -basque ou corse- se débrouillent beaucoup mieux et affichent des résultats enviables en matière d’enseignement de leur langue, au sein du même système national.

Ici la communauté internationale risque d’autant moins de s’alarmer que les Bretons eux-mêmes ne s’alarment plus ou si peu. Leurs élites sont acquises au système.

Yvon Ollivier

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Yvon OLLIVIER est juriste, auteur de l'ouvrage "la désunion française essai sur l'altérité au sein de la République" ed l'harmattan 2012 et membre de la coordination des juristes de Bretagne blog associé desunion-francaise.over-blog.com
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Vos 8 commentaires
Jacques Le Vendredi 23 novembre 2018 11:29
Je me pose de plus en plus la question de l'intérêt de ces comparaisons avec des événements ultra-marins qui par logique kilométrique ne nous permet pas d'appréhender l'ensemble de la problématique et rend toute comparaison hasardeuse...
Et d'autant plus, que nous ne comprenons déjà que très faiblement la problématique qui s'applique à nous-même...
J'ai toujours l'impression que le Breton actuel se doit de chercher des exemples lointains pour s'autoriser vis à vis de lui-même...
Je ne pense pas que la République perçoive les Bretons comme une ''minorité'' qu'il conviendrait de ''réduire''...
Au contraire, si l'on remonte aux bases de la République et de son système idéologique, on s’aperçoit que c'est l'identité historique des peuples qui pose problème... et que du fait, cette démarche idéologique touche autant les Français historiques que les Bretons historiques...
Suite à la Révolution, le terme ''Français'' ne signifie plus une identité historique mais une identité étatique... une identité étatique selon laquelle est ''Français'' toute personne vivant sous ce régime idéologique tout en étant officiellement déclaré comme y adhérant...
Le terme ''Français'' est un équivalent au terme ''soviétique/communiste''... mais nullement au terme breton, kanak, écossais ou russe...
L'identité culturelle/nationale des Français est aussi détruite que l'identité culturelle/nationale des Bretons... Un exemple parlant, c'est l'histoire des Français/l'histoire de France est nullement enseignée aux Français/imposée aux Bretons... mais c'est bel et bien un ''Roman'' de cette histoire qui est imposé à tous... (même aux Kanaks et il y a peu aux Africains...)
Le seul point c'est que ce Roman est en effet basé sur l'histoire des Français/de France et non sur l'histoire des Bretons/de Bretagne... Certes c'est important mais largement pondéré par l'aspect ''romancé'...
Par ailleurs, il suffit de regarder avec un peu de recul les médias officiels pour voir que les ''migrants'' nous sont toujours présenté sous l'angle de futur ''français'' (migrant par adhésion et attirances aux valeurs de la République) et cela sans JAMAIS leur poser la question...
Ben oui, on ne pose pas plus la question à un Breton qu'à un Malien migrant... officiellement tout le monde adhère aux valeurs de la République comme ciment unificateur... nous sommes tous potentiellement des ''Français''... D'où l'inutilité de cette question...!
Le Malien qui viendrait en France pour travailler et qui fortune faite s'en retournerait dans son pays en refusant de devenir ''Français'' et en continuant à s'affirmer ''Malien'' est un non sens Républicain... Ca ne peut pas exister, pas plus qu'un Breton/Corse qui voudrait retrouver ses libertés ou son identité réelle...
Pour conclure :
Je dirai que dénoncer la France implique les Français (les vrais)... or, ils sont aussi victime que nous... (et pas nécessairement moins conscient du fait même s'ils nagent en pleine confusion).
Le problème en soit n'est pas la France (le pays voisin) mais l'idéologie qui s'applique sur ce territoire...
Celle d'un état (structure administrative) dominant le peuple (communauté humaine) au service d'une minorité oligarchique renforcé par une Révolution qui a élevé la démarche au niveau d'une religion prosélyte...
Et combattre une religion qui ne prône pas l'amour de son prochain mais sa domination, c'est loin d'être simple...
D'où peut-être nos circonlocutions bretonnes et nos exemples ultra-marins...
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Pierre Robes Le Vendredi 23 novembre 2018 13:43
Il n'est nul besoin d'aller chercher des exemples ailleurs, c'est effectivement aux origines de la création de la République que le problème ce pose, par l'intention d'obliger tout les peuples de l'Hexagone de parler le patois de Paris.
Pour ce qui concerne la pseudo décentralisation, à l'origine les régions avaient en charge l'éducation. C'est donc bien aux élus, dits Bretons, au Conseil Régional qu'il faut s'en prendre s'il n'ont rien fait pour promouvoir le Gallo comme le Breton.
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P. Argouarch Le Vendredi 23 novembre 2018 14:08
@Yvon Ollivier, en ce qui concerne la Chine je pense que tu as laissé de coté la méthode du mixage (mixage de culture) , une méthode sournoise qui consiste a encourager l'assimilation en donnant des bonus financiers aux couples mixtes. Cette procédure avait été révélée par le New-York Times et l'ABP l'avait reprise, ce qui nous a valu une attaque informatique en règle venant de la Chine (DOF ou denial of service) paralysant ABP pendant 48 heures. C'est vrai que ABP n'a pas pu vérifier l'info du NYT mais c'est un journal sérieux et il y a aucune raison de la remettre en cause
@Jacques : pour être encore plus précis sur la définition de "français" , en 1789 être français voulait dire "adhérer à la révolution française". Bien sûr des Bretons, des Basques, des Corses comme Bonaparte se sont dits "Français" alors qu'avant ils se disaient Bretons ou Basques ou Corses, mais aussi des Bavarois, des habitants du Palatinat, des Piédmontais, on pouvait être Allemand, Italien ou Batave et du jour au lendemain devenir citoyen français. La France était définie comme le territoire de la révolution et l'ensemble des personnes qui adhéraient à la révolution. Cette France aurait pu englober toute l'Europe. il s'en est fallu de peu en fait.
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Didier Lebars Le Samedi 24 novembre 2018 14:13
Desole mais je n'accroche pas à de telles comparaisons anachroniques, les guerres de religion du 21ieme siecle. La Bretagne a(avait) une différentiation linguistique, une culture celtique.
Les méthodes violentes appliquées en France l'ont été il y a plus d'un siècle. La culture bretonne est en train de disparaitre dans l'auto persuasion intellectuelle, la protection, le confort, la protection sociale, la finance ... l'uniformisation du camps occidental.
Pourquoi avoir sélectionné 2 peuples musulmans en conflit avec le monde boudhiste et hindou ? 2 peuples opprimés dans la zone d'influence chinoise.
Il y a 1000 autres exemples sur cette terre. A moins de vouloir faire plaisir à l'ambiance médiatique française. La Birmanie persécute aussi les minorités chrétiennes, pas moins que ne l'est la culture bretonne.
La Chine a d'autre conflit avec des ethnies boudhistes : Taiwan, Tibet, Hong Kong.
Rappelons que la Birmanie est dans la zone d'influence chinoise.
Dans la geopolitique pour les nuls, le monde se divise entre le camps occidental démocratique (+/-NATO), la Chine et la Russie. L'Inde est un enjeu. Entre les entités : une liste de guerres et conflits. La logistique médiatique de chaque camps désigne la cible dans le camps en face.
Je serais malhonnète en ne reconnaissant pas une grande liberté du camps occidental, j'y appartiens. Néanmoins surfer sur le denigrement chinois pour défendre la Bretagne. Je doute.
L'article du NYT est génial, je le lis de temps en temps, il prone la mixité en occident et il la dénonce en Chine. Les lecteurs sont convaincus.
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Pierre Robes Le Samedi 24 novembre 2018 14:24
"Cette France aurait pu englober toute l'Europe. il s'en est fallu de peu en fait."
c'est vrai jusqu'à Moscou, les pauvres russes il l'ont échappé belle ...
sauf que c'était d'une fédération/confédération que les peuples de l'Hexagone voulaient et non pas que Paris décide de tout et impose sa langue à tous, même aux Russes qui n'en ont pas voulu, ni les espagnols, ni les italiens ...etc
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Jacques Le Samedi 24 novembre 2018 20:25
@ P.Argouarch
Oui, votre complément européen illustre parfaitement la réalité que ''français'' n'a strictement rien à voir avec l'identité historique des Français mais bien avec l'adhésion (voulue ou contrainte) à une idéologie.
Alain Glon avait tord... le problème n'est pas la France... le problème c'est cette idéologie antidémocratique (contraire à la souveraineté des peuples) qui s'appelle la République.
Le mouvement breton qui est toujours à s'excuser pour s'autoriser à exister est encore loin d'avoir le courage d'accepter cette réalité.
Et malheureusement, s'il y a un ''replis'' au sein du Mouvement Breton c'est bien à ce niveau... Je rappelle encore la réaction de ce leader corse (pourtant ''politiquement correct'' selon la doxa du plus ancien parti politique de Bretagne) qui désapprouvait ouvertement l'état d'esprit antidémocratique du Mouvement Breton.
Preuve que le Mouvement Breton est loin d'être la solution car il fait encore parti du problème...!
Il n'y a pas de fumée sans feux, et s'il était vrai que nous étions ouvert sur le monde... c'est donc que le message que tentait de nous passer ce leader corse aurait du logiquement nous interpeller...
Malheureusement notre fameuse ''ouverture'' n'a pour but que de nous excuser et nullement de nous enrichir de leur regard...!
Et pourtant, il est temps que les Bretons se mettent au niveau!
C'est à dire, qu'ils retrouvent le courage d'assurer la valeur Démocratie...!
Cordialement,
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boned ruz Le Samedi 24 novembre 2018 23:48
Ce qui est extrêmement choquant dans la complicité politique c'est, il me semble, la modification des concepts qui sont périodiquement lissés pour qu'il n'en reste rien, telle une programmation divine qui décide de faire tomber toujours plus bas les statuts reconnus et connus de tous auparavant .... aujourd'hui "territoire" ( ce qui ne veut strictement rien dire ) hier "région" ( structure contrainte vis-à-vis d'un état ) plus avant encore "province" ( réputée étrangères ) plus vieux encore "colonie" ( terre occupée cf Eugène Weber par exemple ) plus vieux encore "duché" ( état indépendant ) et aucune personne politique ne s'élève contre ça.
Ce qui est extrêmement choquant c'est l'étouffement de l'histoire...Comment se fait-il que l'édit de Fr 1 ne soit pas , aujourd'hui, dénoncé officiellement.
Car l'évolution des statuts jusqu'à ce qu'il n'en soit plus, est donc une tromperie organisée dans le temps... C'est un crime fabuleux qui se transmet et se peaufine de génération en génération dans une complicité des élites et une ignorance suicidaire de la masse.
Aujourd'hui, "l'individu citoyen consommateur" avant n'y avait-il pas "la communauté Bretonne" plus avant "la minorité nationale Bretonne" autrefois "le peuple Breton"
Le concept de lieu et celui des êtres est à Re-dérouler en sens inverse et il faudrait rappeler les sens premiers d'une manière volontaire dans les écrits, les parutions, les définitions.
Si j'en crois le soutient massif pour sauver la carte juridique Bretonne, il me semble alors possible de réunir les personnalités et spécialistes capables de créer une contre-culture basée sur la vérité historique, juridique et économique opposable à nos élites... et mettre un frein à la pensée dominante...en Bretagne...
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Pierre Robes Le Mardi 27 novembre 2018 14:20
@ boned ruz
il ne faut jamais compter sur des élus qui sont achetables à souhait. Les élus ne sont que des représentants de commerce, chacun pour vendre sa soupe ou celle de son parti et les privilèges qu'ils se sont eux-même octroyés.
C'est à la population de transmettre l'histoire et les droits acquis, et défendre ses intérêts. C'est un combat de chaque jour, ce que les Corses (2 juristes à leur tête) et les Catalans ont compris en mobilisant la population par la connaissance de leur propre histoire et non pas celle du pays d'à côté et encombrant voisin.
C'est aussi le cas des Kanaks en Nouvelle Calédonie, ils auraient pu disparaître car ils avaient déjà perdu la moitié de leur population face à la colonisation, perte de leurs coutumes, des langues, perte de la moitié de leur territoire. Mais des hommes, sincères, se sont levés contre cet état de fait pour préserver leurs droits malgré les divisions internes. (qui profitent toujours au colonisateur)
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