Journée mondiale de la mer. Saint-Malo et les îles anglo-normandes peuvent-elles s'inspirer du modèle d'éco-musée sous-marin dans la baie de Cannes ?
Chronique de Bretons de Londres

Publié le 30/09/22 11:05 -- mis à jour le 30/09/22 11:05

Après avoir posé des sculptures dans les fonds marins un peu partout sur la planète, un artiste britannique Jason deCaires Taylor a investi la Méditerranée pour développer un premier éco-musée sous-marin à Cannes, près du rivage de l’île Marguerite. Un projet écologique et une œuvre toujours en mouvement que la mer viendra peaufiner… Et peut-être inspirer la relation Saint-Malo Guernesey ?

Toutes nos newsletters et tous nos agrégateurs sont gratuits ! Abonnez-vous !

La cité corsaire possède deux piscines d’eau de mer. La plus grande se trouve Plage de Bon Secours. C’est sans doute la plus connue. Elle a été construite en 1937 à l’initiative de René Lesaunier, propriétaire des « bains René », l’ancêtre du Bar du Soleil, l’un des trois bureaux de plage de l’époque. Située au pied des remparts, à la porte Saint-Pierre, elle fait face à Dinard et à la mer aussi. Reconnaissable à ses 3 plongeoirs, elle fait la joie des baigneurs 24h/24h.

Direction ensuite la plage de l’Eventail pour découvrir la seconde piscine naturelle de la ville. Moins grande et moins profonde que la piscine de Bon Secours, elle accueille parents et enfants souhaitant tout simplement se rafraîchir et patauger.

À Cancale… Au pied de la pointe du Hock à Cancale, la plage de l’Abri des Flots offre un magnifique cadre face à l’île des Rimains et au Rocher de Cancale. Elle cache aussi une piscine d’eau de mer. C’est un repaire d’habitués. Il faut connaître pour venir jusque-là ! Ici pas de grande plage mais juste quelques bancs de sable, des rochers, des galets et la piscine…

À Dinard… La cité balnéaire a aussi ses deux piscines naturelles découvertes. La première se trouve un peu à l’écart de la plage de l’Écluse, au pied de la pointe du Moulinet. Elle a été construite en 1928 par l’entrepreneur Franck Bailly afin de permettre les bains de mer à toute heure. On peut la rejoindre à pied par une digue ou bien directement par la plage à marée basse.

La seconde est nichée bien à l’abri au fond de la Baie du Prieuré sur la plage du même nom. Elle est bordée par une digue qui rejoint ensuite la célèbre promenade du Clair de Lune.

A Guernesey, depuis plus de 150 ans, les bassins qui composent La Vallette Bathing Pools se définissent comme un « community hub accessible to all », avec un site internet dédié pour suivre les actualités et rencontres insulaires

La presse anglo-normande a salué l’énergie déployée pour redonner vie à cet espace à partir de l’été 2022, grâce à l’implication des habitants et d’un cabinet d’architectes implanté dans l’île de Guernesey

Une synergie pourrait stimuler la relation des deux territoires : Côte d’Emeraude et îles anglo-normandes pour valoriser leurs bassins respectifs. Et promouvoir conjointement une approche d’éco-musée sous-marin orienté vers la découverte des richesses de la mer. Dans son œuvre : les Travailleurs de la Mer, Victor Hugo imagine la figure d’un roi Auxcrinier de l’Océan qui refuse le droit d’entrée à l’or et à l’argent sans son autorisation : la seule monnaie ayant cours est le coquillage dont la mer est l’inépuisable coffre-fort.

Les travaux menées par Jason deCaires Taylor, né le 12 août 1974 à Canterbury, sculpteur britannique spécialisé dans la création de sculptures sous-marines, pourraient être très éclairants.

Fils unique d'un père britannique et du mère guyanaise, tous les deux enseignants, Jason deCaires Taylor a fait ses études dans le Kent, puis à l'Institut de Londres au Camberwell College of Arts dont il sort diplômé en 19983. Dès son enfance, son goût pour la faune maritime lui vient de ses séjours avec ses parents en Thaïlande et en Malaisie, Il fait de la plongée depuis l'âge de 18 ans et devient moniteur en Australie. Il exerce divers petits boulots comme graveur sur pierre, scénographe de concerts, photographe sous-marin. Revenu dans la capitale britannique quelque temps plus tard, il collabore notamment à la construction du Dôme du millénaire. Puis il s'installe sur l'île de Grenade dans les Caraïbes et crée sa première sculpture sous-marine intitulée Grace Reef.

Exposés aux ouragans et aux effets du tourisme de masse, les récifs avaient été endommagés par deux ouragans successifs en 2004 et 2005. L'objectif est donc de les revivifier. Le succès de l'initiative conduit à l'élaboration d'un projet analogue, au large de Cancún (Mexique). Plus vaste, le Musée subaquatique d'art (MUSA) est inauguré en 2010. Dans les deux cas, les parcs de sculptures sont voués à être complétés et animés, de façon à "rendre compte des diverses étapes de l'évolution des coraux". "À long terme", le musée mexicain est destiné à devenir "une plateforme pour engager tous types de formes d'art en rapport avec la mer. Mon objectif est de voir des concerts, des ballets, des installations lumineuses temporaires".

Les œuvres de Taylor développent trois thèmes majeurs : la nature, en particulier la protection de la faune sous-marine, la mythologie et la métamorphose.

Voir aussi :

0  0  
mailbox
imprimer
Originaire de la cité corsaire de Saint-Malo sur la côte d’Émeraude, Kevin Lognoné est un analyste en capacités partenariales, managériales et d'innovation. Français du sixième département breton (diaspora), il a réalisé plusieurs tours du monde et publie régulièrement des carnets de voyages qui participent au renouvellement du champ des « borders studies ».
Vos 0 commentaires
ANTI-SPAM : Combien font 1 multiplié par 9 ?
Cet espace est un lieu de débat. Les attaques personnelles ne sont pas autorisées. Le trolling est interdit. Les lois contre le racisme, le sexisme, et la diffamation doivent être respectées. Les pseudos sont tolérés mais ne sont pas encouragés.
MERCI DE RESPECTER LA LANGUE DE L'AUTEUR de l'article et donc des lecteurs. Les articles écrits en français doivent être commentés en français, les articles écrits en breton doivent être commentés en breton. Cacophonie ? Merci de ne pas mélanger les langues dans le même commentaire, sauf pour la traduction intégrale du commentaire.