La proposition de loi portée par Paul Molac a été votée aujourd’hui au Parlement, malgré l’avis négatif du gouvernement et l’appel à voter contre du groupe LREM. C’est une grande victoire pour la langue bretonne !
Grâce à cette loi, la signalétique bilingue sera officialisée, le « ñ » autorisé, les communes obligées de payer le forfait scolaire à Diwan, l’immersion autorisée dans les filières publiques…
C’est le résultat d’une lutte portée depuis des décennies sur le terrain. C’est grâce à toutes celles et ceux qui se sont battu.e.s pour que notre langue vive dans les écoles et dans la vie publique.
A celles et ceux qui ont fait des crêpes pour financer les écoles Diwan.
Aux institutrices et instituteurs, professeurs qui travaillent tout au long de l’année dans des conditions rudes.
Aux équipes pédagogiques qui font de leur mieux pour proposer les meilleures conditions pédagogiques aux élèves.
A celles et ceux qui ont goudronné et démonté des panneaux sans langue bretonne.
A celles et ceux qui ont subi des procès pour avoir désobéi pour leur langue.
Aux parents qui ont donné des prénoms en breton à leurs enfants.
Aux parents qui font des kilomètres tous les jours pour que leurs enfants puissent apprendre la langue de leur peuple.
A celles et ceux qui ont organisé et participé à des manifestations.
A celles et ceux qui se dévouent à longueur d’année pour faire vivre des associations locales avec des moyens financiers souvent limités.
Aux adultes qui ont décidé d’apprendre la langue bretonne et d’en faire leur métier.
Aux élu.e.s qui mettent en œuvre les actions de la charte Ya d’ar brezhoneg et à celles et ceux qui se battent pour que leur collectivité agisse pour la langue bretonne.
A celles et ceux qui parlent breton.
Parce qu’elles et ils savent que leur lutte est légitime !
Le combat ne s’arrête pas là pour autant ! Nous sommes encore loin du compte, et beaucoup reste à faire. Les politiques linguistiques portées par les collectivités locales en Bretagne sont loin d’être à la hauteur. Très peu de collectivités ont atteint le niveau 4 de la charte Ya d’ar brezhoneg. Rares sont celles qui appliquent une politique transversale pour que tous les services publics soient proposés en breton. La place accordée à la langue bretonne est encore trop souvent ridicule dans nombre de domaines : médias, numérique, nombre d’élèves bilingues, entreprises…
Il nous faudra donc continuer à lutter pour que la langue bretonne devienne officielle. C’est-à-dire que l’on puisse l’utiliser dans tous les domaines de la vie publique. D’autres lois seront nécessaires. Il faudra que la Région Bretagne négocie âprement avec l’État pour que soit signée rapidement une convention Etat-Région ambitieuse. Il faudra augmenter massivement les budgets consacrés à la langue bretonne. Il faudra mettre en place des politiques linguistiques en mesure de porter leurs fruits, à l’instar de celles mises en place dans d’autres pays (Catalogne, Pays de Galles, Pays Basque…).
Betek an trec’h! Brezhoneg ofisiel!Ce communiqué est paru sur Ai'ta