Texte de Pêr Denez lu lors de l'hommage à Yann-Kêl Kernalegenn le 30 septembre 2006

La maladie ne me permet pas de venir ici aujourd'hui, en ce cimetière de Kêrfeunteun, rendre à Yann-Kêl l'hommage que je lui rendais il y a trente ans. J'en éprouve un profond chagrin mais je veux rappeler que Yann-Kêl a été la victime d'un totalitarisme culturel interdisant toute vie publique au Breton.

Il avait rédigé dans sa langue une épreuve d'examen à la Fac de Droit. Le Président ne jugea pas utile d'en parler avec lui : il l'avait offensé ainsi que la République. Ce fut donc un zéro et l'expulsion.

Embauché dans une entreprise de transports il en fut également rapidement renvoyé pour avoir créé un syndicat de défense des travailleurs. C'est là que les deux aspects de son action se rejoignent dans une même soif de justice : pour le peuple et pour la langue du peuple.

Il apparaît aujourd'hui que le totalitarisme culturel de l'Etat l'incitâ, ainsi que d'autres jeunes, à entrer dans la clandestinité. Comme Kristian le Bihan après lui, il y laissa la vie. Cette vie qu'il voulait consacrer jour après jour au cours de longues années de combat à la Bretagne.

Je salue Yann-Kêl pour ce qu'il a été et pour ce qu'il voulait être.

Pêr Denez

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