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- Communiqué de presse -
Pour le Parti Breton, les députés français doivent retrouver la raison, l’histoire ne leur appartient pas
La polémique actuelle suscitée par la volonté de certains parlementaires de faire voter une loi sanctionnant lourdement tout propos « négationniste »sur le « génocide arménien », cela avec le
Yves Pelle pour Parti Breton - Strollad Breizh le 25/12/11 12:42

La polémique actuelle suscitée par la volonté de certains parlementaires de faire voter une loi sanctionnant lourdement tout propos « négationniste »sur le « génocide arménien », cela avec le soutien commun de l'UMP et le PS, montre bien l'extrême légèreté avec laquelle ce dossier a été avancé.

Pour le Parti Breton, un premier point pose question: la multiplication des lois à tout propos, qui est une marque de fabrique du système politique français. Le sentiment est celui d'une machine qui tourne à vide, avec un gouvernement et des parlementaires qui semblent penser que tout peut se régler par une loi. Cela conduit à un amoncellement de textes qui, bien entendu, sont très souvent peu ou pas appliqués.

Comme si les domaines d'intervention des législateurs ne leur suffisaient pas, depuis les années 1990, en commençant avec la loi Gayssot, ceux-ci se sont trouvé un nouveau champ de compétences avec celui de l'Histoire. Depuis, se sont multipliées les lois mémorielles qui, quoiqu'en disent les initiateurs, ont pour but de parvenir à l'instauration d'une vérité officielle en matière historique. Le Parlement français a ainsi mis la main dans un engrenage extrêmement malsain qui peut conduire à toutes les dérives. Pour le Parti Breton, aucun Parlement, aucun gouvernement, aucun État ne peut décider ce qu'est la vérité historique, ce faisant ces institutions se situent hors du champ démocratique et prennent le risque aussi bien d'une manipulation que d'une falsification du passé, caractéristiques des régimes totalitaires.

L'approche des parlementaires montre tout autant une grande inculture historique. La Turquie et la France lors du dernier millénaire ont été sans doute les deux États d'Europe les plus violents, avec des politiques d'expansion agressives qui expliquent en grande partie l'état de guerre quasi permanent du continent pendant cette période. Cette agressivité a conduit à des épisodes très meurtriers dont sont responsables les deux pays, mais que l'on retrouve aussi dans l'histoire des autres pays européens et des autres continents. Aucun historien sérieux ne conteste la réalité des massacres à grande échelle de la population arménienne par les Turcs en 1915 et la Turquie doit le reconnaître, sa position actuelle étant intenable. Pour autant, est-ce aux parlementaires français de donner des leçons de ce point de vue ? Ils n'ont certainement aucune légitimité et, de plus, le passé, sinon le présent, de la France lui enlève toute autorité morale.

En fait, les députés français, baignant dans un enseignement de l'histoire de France totalement manipulé et mythifié depuis le XIXe siècle, sont incapables d'avoir une vision raisonnable des choses. Oui, le passé de la France est lourd, et même parfois très lourd, il lui faut l'assumer et non plus chercher à se présenter comme un modèle qu'elle n'est pas et qu'elle n'a jamais été, pas plus qu'aucun autre pays. Cela commence par une autre approche de l'histoire de la France, libérée de sa vision chauvine qui explique en partie les dérives ultranationalistes hexagonales ; cela doit se poursuivre par la fin du modèle jacobin porteur d'une idéologie exclusive, intolérante, centralisatrice. Le Parti Breton demande déjà aux députés, comme un signe fort, de reconnaître les droits fondamentaux de la Bretagne concernant l'intégrité de son territoire, la reconnaissance de sa langue et de son peuple.


Pour le Parti Breton, le secrétaire général, Gérard Guillemot

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