Pour la mémoire de Jean Groix : les errances et les contradictions d'un spécialiste de la politique politicienne, l'ancien député-maire de Rézé

-- Justice et injustices --

Communiqué de presse de Ligue Bretonne des droits de l'Homme
Porte-parole: Michel Herjean

Publié le 5/05/08 11:09 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Dans l'édition du quotidien Ouest France du mardi 29 avril 2008, Jacques Floch, ancien député-maire de Rezé, répond à la suggestion de la Ligue Bretonne des Droits de l'Homme de « donner le nom de Jean Groix à un lieu public de la ville » (voir notre article). La réponse de Monsieur Floch est précédée d'un commentaire d'un journaliste du quotidien qui est limitatif et dévalorisant en ce qui concerne la défense des droits de l'Homme au sens propre des mots.

Bien sûr il y a une différence entre la ligue (française) des droits de l'homme et la LBDH. Dans son texte fondateur, la Ligue Bretonne des Droits de l'Homme précise que ses différences « ne font pas d'elle une ennemie des autres défenseurs des droits de l'homme [sur le plan philosophique de la défense des droits de l'homme] mais [qu'elle] est, au contraire, un complément qui comble le vide volontairement ou non laissé, entre autres, par la Ligue Française des Droits de l'Homme et par d'autres. » L'homme que nous défendons est doublement atteint : personnellement dans ses droits d'être humain et en tant que membre d'un ensemble historiquement opprimé. C'est notre différence.

LBDH, Ligue Bretonne des Droits de l'Homme (voir le site)

Nous rappelons aussi que, contrairement à ce qu'écrit Ouest-France, nous ne sommes pas une association de bretonnants (1) mais une association composée d'hommes et de femmes originaires de Bretagne, qui y vivent ainsi que dans l'hexagone ou à l'étranger, désireux de dénoncer les atteintes aux Droits de l'Homme.

Nous répondons plus précisément aux propos de Monsieur Floch qui considère que c'est au parti socialiste de décider de l'octroi d'un nom de rue ou d'un lieu public à Rezé : « pour les noms de rue la municipalité demande en général l'avis de la section socialiste locale et en tant que militant socialiste, je dirai pourquoi, tout en saluant la mémoire de Jean Groix, il faut rejeter la requête de la ligue Bretonne des droits de l'Homme. » Tout citoyen ou toute association peut demander l'attribution d'un nom à un lieu. Aucun lieu n'est le propre d'un parti politique, qui n'en n'a la gestion que pour une durée déterminée, celle où il est détenteur de la majorité dans l'administration de la commune.

Vous saluez la mémoire de Jean Groix qui d'après vos propres propos était un brave homme. Qu'avez-vous fait pour saluer sa mémoire si ce n'est justement de ne rien dire sur cette triste affaire, depuis tout ce temps, pour rétablir la vérité.

Ne vous en déplaise, monsieur Jacques Floch, Jean Groix ne soutenait pas la lutte de l'ETA, comme vous le dites, mais des militants susceptibles d'être assassinés par le GAL. Vous êtes de ceux qui mentent intentionnellement en faisant des raccourcis quand cela leur sied : Mouvement basque ETA, Mouvement breton FLB, mouvement irlandais IRA …….

C'est la sous-préfecture de Bayonne, vous et vos amis dirigiez le pays, qui a envoyé tout à fait officiellement des militants basques en Bretagne pour les protéger des attentats du GAL (2). Ce mouvement terroriste a été créé en 1983 par Felipe Gonzales, le Premier ministre espagnol socialiste, avec l'aide de politiques, de hauts fonctionnaires, de militaires et policiers avec la complicité des services français.

Le résultat de ce terrorisme d'État est édifiant : 40 attentats, 27 morts et plus de 30 blessés entre 1983 et 1987. Si la justice espagnole a levé le voile et divulgué toutes les responsabilités dans cette affaire, un incroyable silence a entouré l'affaire du GAL en France. Les juges français Seys et Riberolles, chargés de l'instruction de ce coté-ci des Pyrénées, soucieux de faire éclater la vérité, parlent eux-mêmes « d'une chape de plomb ». Au nom de la raison d'État ?

Contrairement à ce que vous dites, nous ne faisons pas de propagande pour notre cause, ou alors défendre les droits de l'homme quand ils sont bafoués, c'est de la propagande. Défendre les gens du voyage, les Palestiniens, le droits des prisonniers en Bretagne ou ailleurs, les familles du Bugaled Breizh, s'élever contre les lois liberticides de madame Dati que nous impose le gouvernement actuel comme le précédent, est-ce de la propagande ?

Vous qui connaissiez Jean Groix, vous qui l'avez apprécié pour ses valeurs morales incontestées, vous n'avez pas le droit de le juger pour ses engagements et choix politiques et humanitaires, même si ce n'était pas les mêmes que les vôtres.

Vous connaissiez beaucoup de choses sur les agissements d'une police politique en Bretagne, la raison d'État vous a aveuglé quand Jean Groix aurait eu besoin du soutien de tous. Nous pensons qu'il doit être réhabilité, il est encore temps aujourd'hui. «Une manière de saluer la mémoire de Jean Groix», comme vous le dites si bien par vos propos rapportés par Ouest-France.

(1) Pour le mot «bretonnant», le suffixe «ant» désigne dans beaucoup de langues les personnes parlant la langue du pays cité, pour désigner un citoyen français, on ne dit pas un francisant. Il serait temps en 2008, de cesser des glissements sémantiques qui, en ce qui nous concerne, ont toujours un vague arrière-goût de mépris.

(2) À voir le film de Miguel Courtois « GAL » qui sort le 7 mai en France. À voir aussi le documentaire «Terreur d'État au Pays Basque» d'Arthur Mac Caig.

Pour la LBDH M. Herjean

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