Je viens de là où l'on sait lire le ciel et décrypter

le vent. Là où rien n'est fatalité, où l'imprévisible

s'accepte. Là où je n'aurais de cesse de dialoguer

avec graminées et pluies. Dans la filature des temps

j'ouvre la porte à l'étable des mots. J'essaie

d'atteindre le champ libre en courant dans la partition

de l'herbe, du vent et de la bouse. J'ai inscrit depuis

longtemps sur mon front les sillons de mes songes

et l'incertaine récolte de la vie...

.

Quimper, Kerdrezec avril 2012

.

(...) Je songe à la piété du sable

la fable du temps

autant de feuilles jaunies

dans les fouilles de ma parcelle

où se reflète le monde

.

L'immensité profonde de l'infime

fonde et proclame en moi

la flamme intime du silence

de ce qui sera d'avoir été

si lent, si jaillissant

.

Grande mathématique de lumière

qui thésaurise le temps

qui trésorise, qui complique

me dilemme, me dilue

ici bas, si battu

si habité dans ma parcelle

J'ai de la rouille dans le cœur

et le corps plein de trouille

c'est dans l'excessive mélancolie

qu'évolue l'inaccessible aberration

.

J'interroge les abers et les flaques

ici bas, si habité dans la parcelle

aux élégiaques syllabes

de l'empreinte atlantique

.

Plage de Kerler, Fouesnant les 20 et 21 avril 2008

.

«Mordre le monde» Louis Bertholom Les Editions Sauvages 2012

Louis Bertholom poète breton est né à Fouesnant en 1953.

Il a reçu le prix Xavier Grall pour l’ensemble de son œuvre.

Découvrir la Bio de Louis Bertholom (voir le site)

Site de Louis Bertholom (voir le site)

Voir aussi :
©agence bretagne presse

mailbox imprimer
logo

Brigitte Maillard auteur et poète.
Monde en poésie, pour que vivent la poésie, le monde et les mots pour le dire. Bienvenue en terre de poésie !

Vos commentaires :

Revue Spered Gouez / l'esprit sauvage
Vendredi 26 mai 2017

Cette page de poésie hebdomadaire créée par Brigitte Maillard et Monde en poésie est bienvenue sur ABP, la poésie ayant disparu des pages de nos journaux quotidiens et de la presse en général. C'est en quelque sorte un juste retour des choses, car elle y était présente il y a encore quelques décennies. Elle l'est encore dans quelques pays européens qui ont une tradition culturelle solide : Irlande, Portugal, Belgique...

Dans notre quotidien régional Ouest-France, elle tente de survivre sporadiquement : une rubrique haïku par Alain Kervern dans les années 90, "Le tour du monde en 80 poèmes" un peu plus tard, et actuellement la belle chronique de Philippe Simon.

Merci à Brigitte Maillard. Elle fait bien plaisir à tous ceux qui sont attachés à ce que la poésie trouve sa place au quotidien.

Brigitte Maillard
Vendredi 26 mai 2017

Merci pour votre attention & encouragement . Oui au quotidien ! Nous partageons ce désir du poème. C'est précieux de rappeler combien le poème s'est éloigné de nos médias. Un grand merci à Philippe Argouarch de nous accueillir sur ABP.

yann ar Borgn
Vendredi 26 mai 2017

Un poète est plus utile à la société qu un joueur de boucles.

V. Hugo

J ajouterai, pour être tout à fait juste, que les poètes sont indispensables à nos sociétés "modernes". Les joueurs de boules: non.

Brigitte Maillard
Samedi 27 mai 2017

Je connaissais (sourires) « Un poète n’est pas plus utile à la société qu’un bon joueur de quilles » Malherbe.

Merci Yann ! Oui la poésie ( le poème, le poète , son regard) est essentielle à nos vies

La Bretagne a une relation intense avec la poésie, je le constate chaque jour depuis mon installation

il y a peu en Finistère .

Écrire un commentaire :

ANTI-SPAM : Combien font 2 multiplié par 5 ?

Note : Ce lieu est un lieu de débat. Les attaques personnelles ne sont pas autorisées. Le trolling est interdit. Les lois contre le racisme, le sexisme, et la diffamation doivent être respectées. Les pseudos sont tolérés mais ne sont pas encouragés. Par contre l'utilisation d'anonymiseurs pour modifier votre numéro ip entrainera la suspension de vos commentaires.