Piriac : des remblais de la mine d'uranium sur un camping

-- Environnement --

Communiqué de presse de Taol Kurun
Porte-parole: Fanny Chauffin

Publié le 10/08/14 23:52 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Des faits que l'association Roz Glas précise dans un entretien.

TK- que se passe-t-il aujourd'hui pour les mines d'uranium françaises ?

RG- Il y a eu à partir de 1945 plus de 200 mines d'uranium en France réparties principalement sur les Massifs Central et Armoricain. La dernière a fermé en 2001.

Elles ont laissé plus de 150 millions de tonnes de rebuts radioactifs et 50 millions de résidus radioactifs à proximité des usines de traitement dont l'Ecarpière (44).

Le problème est qu'à leur fermeture, les moyens de sécurisation n'ont pas été pris. Elles ont été laissées libres d'accès au public et la COGEMA a laissé (voire incité) réutiliser les rebuts radioactifs dans les constructions, cours, fermes, parkings etc....Cela est expliqué dans le documentaire «Le scandale de la France contaminée» diffusé en février 2009 sur France 3 dans l'émission Pièces à conviction (voir le site)

Depuis, des arrêtés ministériels ont été pris ; ils interdisent leur réutilisation et obligent AREVA à faire le recensement de la dispersion des rebuts radioactifs appelés «stériles» par l'industrie nucléaire.

- Où en est le contexte français/nigérien pour l'extraction de l'uranium en Afrique ?

RG- En grande majorité, l'uranium qui alimente les 58 réacteurs nucléaires en France, est extrait par AREVA au Niger qui paradoxalement est le pays le plus pauvre de la planète. Mais au moment de la reconduction des contrats fin 2013, la société nigérienne a commencé à protester contre les prix très inférieurs au marché mondial pratiqués par AREVA. Un bras de fer de plusieurs mois s'est engagé avec AREVA qui a menacé de fermer les mines au Niger. Un accord très contesté et fragile a finalement été conclus.

- TK : En quoi ce qui se passe à Piriac est un scandale ?

RG- Dans le cas du camping du parc Guibel, ce qui est scandaleux, c'est que AREVA savait dès 2010 qu'un niveau d'irradiation anormalement élevé avait été détecté, et que quatre ans sont passés sans que rien n'ait été aussitôt mis en place pour que le public ne se prenne des doses à son insu (au moins dans un premier temps averti des zones radioactives à ne pas fréquenter si l'enlèvement ne pouvait pas se faire immédiatement ). Les campeurs ne savent toujours pas exactement où ces zones se situent et ne peuvent donc pas s'en protéger.

La dose est proportionnelle au temps passé. Certains séjournent d'avril à septembre. Tout cela résulte de l'irresponsabilité d'AREVA à avoir laissé disperser ces rebuts radioactifs et à nier l'effet des faibles doses dont le risque cancérogène et mutagène est pourtant reconnu par la CIPR (Commission Internationale de Protection Radiologique ).

TK- Quels sont les moyens d'action prévus par les militants ? Et par quelles associations ?

RG - Pour le moment, la priorité a été donnée dès juillet à l'interpellation des autorités à travers des courriers envoyés au préfet, mairie, DREAL, ASN, ARS par la CRIIRAD . Devant leur silence et leur inertie, le Collectif Mines Uranium a décidé de publier un communiqué le 6 août avec les courriers de la CRIIRAD que vous pouvez retrouver sur ce lien

(voir le site)

Le Collectif Mines Uranium regroupe 14 associations locales en France et au Niger agissant pour faire reconnaître les contaminations et obliger AREVA à une sécurisation des anciens sites et des travaux réparant l'abandon ou la dispersion des déchets radioactifs .

TK- Quelles sont les perspectives dans les six mois qui viennent ?

RG- Dans le cas de Piriac, une réunion publique va être organisée localement avant octobre, la date n'est pas encore fixée. En attendant, le Collectif Mines Uranium incite les campeurs à demander à la préfecture d'indiquer les zones anormalement radioactives pour éviter leur fréquentation. C'est un minimum en radioprotection. Le Collectif Mines Uranium va demander un rendez-vous auprès de la Ministre de l'Écologie pour lui exposer ses revendications quant à la situation des anciennes mines et les mesures à prendre pour que notamment les lenteurs d'intervention comme celle de ce camping de Piriac ne se reproduisent plus.

Il est temps que la protection sanitaire des personnes passe avant les intérêts d'AREVA. Les sites contaminés accueillant du public, en particulier des enfants, doivent être traités en priorité et sans délai.

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