Lettre ouverte à la liste Le Drian

-- Cultures --

Lettre ouverte de Spered Gouez / L'esprit sauvage
Porte-parole: Marie-Josée Christien

Publié le 2/12/15 22:39 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Communiqué de l'association «Les Editions Sauvages» (JO du 24/03/2007), consacrée à la promotion de la poésie par les rencontres avec les lecteurs (lectures, animations, récitals...) et par l'édition. «Les Editions Sauvages» organisent les rencontres-lectures «Les rendez-vous de Max» dans la maison d'enfance et de jeunesse du peintre et poète Max Jacob à Quimper. Depuis 2007, «Les Editions Sauvages» ont 23 titres à leur catalogue dans 4 collections. Parmi ces titres : un lauréat et trois finalistes à des prix littéraires.

Lettre ouverte à la liste Jean-Yves Le Drian

Les Editions Sauvages vous remercient pour votre invitation à rencontrer la liste Le Drian, dans le cadre de la campagne aux élections régionales. Nous aurions préféré bénéficier de votre attention d'élus régionaux à nos activités également en dehors des périodes électorales. Nous n'assisterons donc pas à votre réunion. Que pourriez-vous nous promettre de plus que lors de la précédente élection régionale, promesses que, une fois élus et installés, vous vous êtes empressé d'oublier ? Que pourriez-vous par exemple faire dans les prochaines années pour sauver la langue bretonne, que vous n'avez pas eu la volonté d'entreprendre lors de votre mandat qui s'achève ?

Nous avions répondu en son temps avec enthousiasme à l'invitation aux réunions décentralisées de concertation de Monsieur Jean-Michel Le Boulanger lorsqu'il avait été nouvellement élu à ses fonctions de vice-président à la Culture. Nous nous étions rendus à la rencontre organisée à Guidel, la plus proche du Finistère. Le tout nouveau vice-président avait déclaré alors souhaiter écouter les acteurs de la vie culturelle, ce qui nous semblait être une étape prometteuse et encourageante, mais de fait c'est nous qui l'avions écouté présenter les ambitions de la Région pour dynamiser l'édition et la chaîne du livre. Hélas, de mise en place de dispositifs d'écoute, de diagnostics et de prise en compte de nos difficultés, il ne fut pas question, ni à ces réunions, ni par la suite.

Quel est le bilan de l'équipe sortante ? Le désenchantement est en proportion des espoirs suscités, car le bilan n'est pas à la hauteur des enjeux.

On ne peut pas dire que l'édition bretonne se porte mieux aujourd'hui. Au contraire, beaucoup d'éditeurs ont disparu ces dernières années et des faillites sont annoncées cette année encore. Ceux qui parviennent à subsister baissent leur tirage moyen, revoient leurs programmes éditoriaux à la baisse pour faire face. L'édition bretonne n'est toujours pas visible et reconnue dans sa richesse et sa diversité au niveau national. Par ailleurs, l'industrie du livre continue à se concentrer au profit des grosses structures et au détriment de l'édition bretonne dont le tissu se fragilise.

Jean-Michel Le Boulanger nous avait promis de mettre en chantier une simplification des demandes d'aides à l'édition, ainsi qu'une harmonisation des modes de calcul et des dates-limites de dépôts des dossiers entre Région, Départements, DRAC, CNL. Ce que nous avons constaté est au contraire une complexification technique des dossiers qui sont passés d'une vingtaine à plus d'une cinquantaine de pages comportant des calculs complexes et fastidieux. En outre aucun accompagnement des services n'est prévu pour conseiller et aider à compléter ces dossiers.

Les critères d'attributions sont devenus opaques et à géométrie variable. Ils peuvent même être interprétés par les services et les élus de façon différente. Les aides ne concernent plus désormais les éditeurs associatifs (sauf exceptions paraît-il, mais sur quels critères ?), qui constituent pourtant une part importante des livres édités en Bretagne, quantitativement comme qualitativement.

Il n'y a toujours aucune transparence sur les bénéficiaires des subventions attribuées. Combien d'éditeurs ont reçu une aide ? Pour combien de titres ? Pour quelle enveloppe ? La liste n'est jamais publiée. S'agissant d'argent public, il serait normal que les citoyens puissent accéder à ces informations.

En outre, les services de la Région n'accusent plus réception des dossiers, ne donnent aucune information sur leur avancement et leur passage en commission, ne répondent pas au courrier. Il arrive même que des éditeurs mentionnent à tort dans leurs ouvrages une aide qu'ils n'ont en fait jamais perçue, la réponse négative à leur demande leur parvenant trop tardivement (ou ne leur parvenant pas). Cette mésaventure nous est arrivée.

Nous profitons de cette lettre ouverte pour vous informer que Les Editions Sauvages attendent toujours une réponse à leur courrier recommandé du 15/12/2014 concernant une demande de fin 2013 qui était censée être étudiée à la commission permanente du 25/09/2014.

Le CA de l'association «Les Editions Sauvages»

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poète et critique, responsable de rédaction de la revue Spered Gouez/L'esprit sauvage.

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