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- Communiqué de presse -
Le traité constitutionnel et la question des langues et des cultures en France
Emgann-MGI salue l'analyse du traité constitutionnel européen au sujet des droits linguistiques de Gilbert Dagalian, éminent linguiste bien connu pour ses prises de position favorable à Div Yezh ou Diwan. C'est donc tout naturellement que nous diffusons largement le texte suivant dans un souci d'alimenter le débat démocratique.
Jean-Marie Salomon pour Emgann-MGI le 23/05/05 7:27

Emgann-MGI salue l'analyse du traité constitutionnel européen au sujet des droits linguistiques de Gilbert Dagalian, éminent linguiste bien connu pour ses prises de position favorable à Div Yezh ou Diwan. C'est donc tout naturellement que nous diffusons largement le texte suivant dans un souci d'alimenter le débat démocratique. LE TRAITE CONSTITUTIONNEL ET LA QUESTION DES LANGUES ET DES CULTURES DE FRANCE.

Par Gilbert DALGALIAN, linguiste et membre du Collectif du Non de gauche du Morbihan.

Dans le contexte où certains tenants du Non comme le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon font - à mon avis - fausse route en adoptant des positions anti-langues régionales et où, en même temps des militants soucieux de défendre les langues et les cultures tombent dans le travers symétrique de nourrir de faux espoirs de voir l'Europe aider (grâce au Oui), à la résolution et au dépassement de ce sectarisme français dominant, il convient de faire le point sur ce que dit le Traité.

Il faut rappeler que le Traité ne dit rien sur les langues et qu'il ne force même pas les Etats membres à signer la Charte des langues régionales, ce qui aurait pu facilement figurer dans les Droits fondamentaux. Car, faut-il vraiment le redire encore et avec force, le déni de langue est un déni de démocratie !

Mais alors, si le Traité ne dit rien sur les langues, pourquoi faudrait-il l'interpréter comme une menace pour les langues et les cultures ?

Il suffit de lire le texte du Traité avec un peu de lucidité : tout ce qui est démocratique, social ou progressiste, est facultatif et laissé au libre choix des Etats ; tout ce qui est une entrave au marché, à la compétition et à la libre concurrence, est proscrit et doit céder la place à la privatisation ; ainsi les secteurs lucratifs des services publics pourront être privatisés (même " au-delà de ce qui est obligatoire ",Article III-148) et les Etats pourront garder la gestion de ce qui n'est pas rentable.

Or il est évident que le respect, la défense et la promotion des langues- qu'elles soient nationales, régionales (à plus forte raison !) ou d'origine - ont un coût et ne sont pas 'rentables' en termes de libre circulation des marchandises et des services. C'est leur richesse intrinsèque en termes de 'biodiversité linguistique' qui doit être mise en balance avec l'effort financier requis par les traductions, interprétations, modes d'emploi et autres notices techniques. Sans parler de l'effort budgétaire sur l'enseignement et la scolarisation dans les langues de tous ces Etats et Régions d'Europe. Ce serait tellement plus simple que tout se passe en anglais . . Ca ferait tellement d'économies !

Avec ce Traité (et un Pascal Lamy à la tête de l'OMC pour lui servir de relais), on peut faire confiance à l'Europe pour être le fer de lance de la libéralisation tous azimuts et donc aussi, à terme, du nivellement linguistique et culturel des Régions et des Etats. Après tout l'éducation, pour l'instant exclue de l'AGCS, n'est-elle pas un service public rentable, à condition de la privatiser ?

Les esprits fertiles qui ont accouché de cette constitution ultra-libérale ont fait preuve de prudence en ne s'attaquant pas tout de suite à l'éducation. Mais il suffira de bien déshériter le système éducatif et de le rendre de plus en plus ingérable pour 'justifier' sa privatisation : patience ! Ce n'est qu'une question de temps, si nous n'inversons pas la vapeur à temps. .

La défense de l'éducation et celle des langues et des cultures est un seul et même combat, comme est un seul et même combat la défense et la promotion de toutes les langues présentes sur le territoire national.

Le coup d'arrêt à cette constitution antidémocratique ne peut être disjoint d'un effort pour comprendre la relation entre l'ultra-libéralisme et le nivellement linguistique et culturel.

Soyons cohérents et appelons tous les électeurs soucieux de nos langues à voter Non !

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