Le groupe « frelons » des Bonnets rouges et Interloire

-- La réunification --

Chronique de alan coraud
Porte-parole: Alan-Erwan CORAUD

Publié le 16/10/17 19:30 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Le groupe frelons des Bonnets Rouges me demande de diffuser cet article. Ce que je fais avec plaisir d'autant que j'étais présent lors de cette action. A 59 ans je renoue ainsi avec ma jeunesse d'insoumis breton. Mon livre «Sauvons le muscadet d'une mort programmée» chez Yoran Embanner méritait bien une application concrète de ce que j'y expose, à savoir la nuisance extrême pour notre vie économique de la négation de notre identité par l'Etat français.

LE GROUPE FRELONS COMMUNIQUE

Le groupe « frelons » des Bonnets rouges et Interloire

Prévue de longue date, les frelons ont lancé une opération contre Interloire à Tours. Il s'agissait de défendre une catégorie socio-professionnelle, les vignerons nantais et par là-même de remettre sur le devant de la scène la question de la réunification car, il est évident que, si la Loire-Atlantique était dans la région « Bretagne », Interloire n'aurait jamais pu annexer le Vignoble nantais dans les vins du Val de Loire.

Les griefs contre Interloire :

- Taire l'appartenance bretonne des vins nantais

- Diluer son image dans un Val de Loire étranger

- recommandation de la mention « vin du Val de Loire » sur les étiquettes (Interloire a

prétendu qu'il s'agissait d'une recommandation, pas d'une obligation ...)

-Utilisation de la fleur de Lys des rois de France sur les bouteilles en lieu et place de notre Hermine bretonne. (confusion donc pour le consommateur).

- Interloire a coupé le muscadet de ses racines maritimes et bretonnes pour une identité « ligérienne » qui n'est pas la sienne.

- « cotisation volontaire obligatoire » (sic!), ceux des vignerons qui n'étaient pas volontaires pour

la payer ont été trainés en justice. Le cynisme absolu étant qu'ils paient pour être torpillés.

-Bien comprendre que le marketing identitaire du vin pour être efficace nécessite une démarche marketing cohérente, ce qui depuis plus de 20 ans n'est pas respecté bien au contraire.

LA SOUMISSION OU L'ACTION

L'opération consistait à occuper les locaux d'Interloire tout le week-end, on aurait dû quitter les lieux dimanche vers 15h30. On avait prévu de déployer drapeaux bretons et banderoles au 1er étage.

Un frelon était chargé de balancer notre communiqué (bilingue français/anglais), aux médias bretons, français et européens ainsi qu'aux 80 députés bretons. Un autre frelon s'occupait des réseaux sociaux et enfin, un 3e était dehors avec sa table de camping, bouteille de muscadet et verres pour accueillir les journalistes.

On avait fait une reconnaissance de terrain une semaine avant mais sans rentrer à l'intérieur. On a commencé à recruter des volontaires en juin et là est le problème, il y a environ 80 volontaires inscrits comme frelons mais seule une quinzaine a répondu (4 se sont décommandés au dernier moment). Les bureaux fermaient vendredi à 17h30, nous sommes rentrés à 16h 50 et, on a vu tout de suite que le rapport de force n'était pas en notre faveur : 16 salariés pour 11 frelons. On a quand même bloqué les portes de l'intérieur sauf une, pas prévue, c'est là qu'une femme a fait rentrer 3 policiers. Comme les opérations frelons sont pacifiques et non-violentes (désobéissance civile), on a besoin d'être nombreux, il aurait fallu qu'au minimum on soit 30. on est donc reparti le 13 au soir, le directeur d'Interloire, après de très vives discussions, a trinqué avec nous et, les flics, plutôt sympas sont repartis aussi. (coup de chapeau au camarade « Korrigan des bois » qui a fait 1400 km, aller & retour pour être avec nous)

Les opérations « frelons » que nous avons menées jusqu'ici (œufs & farine contre la maison de J-Marc Ayrault, enlèvement des panneaux d'agglomération de la ville de Tulle) nous ont montré que notre organisation est bien rodée car, dans tous les cas : surprise totale, aucune fuite (faut dire que nous ne sommes que 4 à connaître la date et la cible, la cible n'est connue que le jour J, au lieu de rendez-vous). En septembre 2014, nous avions prévu d'occuper le bâtiment du Conseil régional des Pays de Loire, le vendredi, la veille de la plus grosse manif' pour la réunification, l'idée étant qu'une partie des manifestants serait venue nous « libérer » mais c'était un trop gros morceau, il aurait fallu qu'on soit une centaine et, comme il n'y avait que 23 volontaires, on allait au casse-pipe, nous avons préféré annuler.

MORALE DE L'HISTOIRE

Morale de l'histoire : il n'y a pas en Bretagne, en ce début de XXI ème siècle assez de Bretons courageux pour mener ce style d'actions, même des amis de longue date, avec qui nous avons fait les « 400 coups » militants dans les années 70 et 80, au prétexte qu'ils ont la cinquantaine, trouvent que ce n'est plus de leur âge ce « style de connerie ». S'il y avait autant de volontaires que de « va-t'en-guerre », nous serions 300. Et tous les causeux ? ceux pour qui le militantisme consiste à passer leur temps sur les réseaux sociaux, à dénigrer ceux qui font quelque chose, à dire ce qu'il faudrait faire mais qui, eux, ne feront jamais rien, ceux qui passent des heures à se chamailler sur Facebook ou Twiter, si tous ces causeux devenaient des faiseux, c'est pas 300 qu'on serait, ce serait 3000 !

Alors, on lance un appel :

We want you for the cause of free Brittany !

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Ancien maire de la Remaudière en Pays du Vignoble Nantais Cofondateur de l'Office de Tourisme du Pays du Vignoble de Nantes Dirigeant-Gérant de société Animateur du réseau labellisé Vignerons-Artisans de Bretagne Auteur du livre "Sauvons le muscadet d'une mort programmée"
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