La pastorale, un théâtre venu du fond des temps, en basque, exclusivement

-- Cultures --

Communiqué de presse de Taol Kurun
Porte-parole: Fanny Chauffin

Publié le 8/08/13 8:43 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Chaque année, c'est un nouveau village de la Soule qui prend en charge toute l'organisation, recrute acteurs, chanteurs, musiciens, danseurs ...

Dans ce tout petit pays de bergers qui n'a pas vu comme dans le reste de la France son nombre d'agriculteurs diminuer (c'est le plus grand taux d'installation en France aujourdh'ui), a lieu un phénomène culturel unique qui s'appelle la Pastorale.

Cette forme de théâtre populaire est l'héritière de ce qui se passait dans toute l'Europe (théâtre du Moyen Age, grands mystères), et en Bretagne jusqu'au XIXe (la «Passion celtique» de Goulc'han Kervella reconstituait ce type de théâtre et les grands son et lumière d'Ar vro bagan ne sont pas sans rappeler ce grand élan collectif).

Pour comprendre une pastorale, il faut d'abord aller à la messe de 10h30, où l'on chante en basque et où tous les acteurs (entre 80 et 120) sont présents. Puis ils sortent derrière la fanfare et font le tour du village avec les brebis en tenue de sortie (grandes cloches et pompons aux couleurs d'Euskal Herria) et l'âne.

Puis apéro, et repas (melon au jambon de Bayonne, magrets de canard élevés à Chéraute et frites, fromage de brebis de Chéraute avec confiture de cerises, et gâteau au chocolat/crème anglaise) qui se termine par des chants qui partent de toute l'assemblée (500 personnes).

Ensuite, à 15h30, ce sont 2000 personnes qui se rassemblent dehors sous un soleil implacable pendant trois heures et demie sans entr'acte. Les acteurs reviennent, se déplacent sur scène selon des règles strictes. Le metteur en scène agite deux drapeaux (bleu et rouge), les bons (les Chrétiens) et les méchants (les Turcs) pour avertir les musiciens placés en hauteur.

La pastorale est un savant mélange de chants (seul ou en groupe), de danses (chorégraphie de danses traditionnelles et modernes), de psalmodie (les acteurs «chantent» leurs textes) en se déplaçant toujours,et levant les bras au ciel à la fin de chaque tirade. Le public suit, attentif, regarde le livret bilingue qui permet de tout comprendre. Les brebis montent sur scène (obligatoire, comme la venue des anges et des diables), le chanteur qui incarne le héros de l'histoire (René Cassin pour la création 2013) réalise une véritable performance. Ce sont tous des amateurs, des gars et des filles du village. Ils ont répété six mois sans cesse pour deux représentations qui rassembleront 4000 personnes.

Pas un professionnel n'est embauché pour un spectacle qui est d'un très haut niveau, tant musical, théâtral que chorégraphique. Les habitants ont pendant un an mis de côté leurs différences, leurs âges, leur profession pour se consacrer à ce travail d'équipe (organisation matérielle, promotion, costumes, ...). Et à Chéraute, c'était la troisième pastorale depuis 1981. Et d'après une dame de l'organisation, cette fois, les comédiens connaissaient mieux l'euskara (langue basque) que les précédentes représentations et le travail ensemble a été rendu plus facile.

Alors, à quand un grand spectacle uniquement en breton avec bagadoù, cercles, théâtre, écrit en breton par un auteur recruté à l'avance pour ce travail ? En racontant l'histoire de grands hommes de l'histoire de Bretange : Anjela Duval, Glenmor, Emile Masson, Roparz Hemon, Bastian ar Balp, la Marion du Faouet, Tangi Prigent ... S'il n'y avait Ar Vro Bagan, nous les aurions peut-être déjà oubliés.

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