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Jean-Michel Le Boulanger : Je n'ai pas peur de parler de Fête nationale !

Jean-Michel Le Boulanger a succédé à Sylvie Robert au poste de 
nouveau vice-président du Conseil régional de Bretagne chargé de 
la culture. (crédit photo : Emmanuel Pain/Conseil régional).
Jean-Michel Le Boulanger a succédé à Sylvie Robert au poste de nouveau vice-président du Conseil régional de Bretagne chargé de la culture. (crédit photo : Emmanuel Pain/Conseil régional).

De la Tamm Kreiz à la Redadeg en passant par la musique de rue à Brest avant Morlaix et Juc'h, durant la «Fête de la Bretagne», il est au four et au moulin. Quoi de plus normal pour le vice-président en charge de la culture au Conseil régional qui se prénomme... Le Boulanger ?

Professeur d'université, acteur associatif au long cours et nouveau venu dans l'équipe Le Drian, Jean-Michel Le Boulanger entreprend un Tro Breizh des acteurs culturels. Première étape demain dans le pays de Brest. Une question nous vient à l'esprit : où est passée la Saint Yves ?

ABP - Pourquoi la Région a-t-elle abandonné cette année le nom de «Fest Yves/Gouel Erwan» ?

Jean-Michel Le Boulanger - Le nom «Fête de la Bretagne» est plus fédérateur, même si Saint Yves est considéré comme le saint patron de la Bretagne. La fête a lieu à l'occasion de la Saint Yves, mais pas uniquement ce jour-là.

Quel objectif vise donc le Conseil régional de Bretagne ?

La «Fête de la Bretagne» est surtout la fête de la diversité culturelle et associative de la Bretagne. La Bretagne a de nombreuses singularités, à commencer par la diversité culturelle. S'y ajoute le fait associatif. Il faut encourager cette grande richesse du vivre ensemble, cette « bénévole attitude ». C'est ainsi qu'on participe à la construction d'une identité dynamique.

Le côté fête nationale ne semble pas du tout assumé ici, contrairement à chez nos voisins celtes.

L'histoire de la Bretagne n'est pas celle de l'Irlande ou de l'Écosse. Il n'y a pas de raison de faire du copier-coller. À titre personnel, je n'ai pas peur du terme fête nationale. Il est utilisé par d'autres régions européennes dans des régimes plus décentralisés. Mais, je ne fais pas de fixation sur le nom.

Cette fête a-t-elle vocation à durer ?

C'est un projet de longue haleine. L'espoir que l'on peut avoir, c'est que cela devienne véritablement la «Fête de la Bretagne», non pas simplement sur une journée, mais sur une semaine entière permettant à la vitalité de s'exprimer.

Et vous-même, que ferez-vous le 19 mai ?

J'ai toute une palanquée de réunions à Rennes. Ce ne sera pas trop la fête ! Le 14 mai, je serai à Saint-Brieuc pour la Tamm Kreiz, et le lendemain à Pontivy à l'arrivée de la Redadeg. Le 16, ce sera Brest pour la musique de rue, puis Morlaix le 22. Je vais aussi au Juc'h, une petite commune qui a signé la charte Ya d'ar Brezhoneg.

Pas de passage en Loire-Atlantique ?

Ce sera sans doute pour l'année prochaine ou celle d'après.

La Loire-Atlantique, parlons-en. Trouvez-vous normal de l'associer à la Fête de la Bretagne ?

Pour moi, cela ne fait même pas discussion. Vous savez, je siégeais au Conseil culturel de Bretagne avant d'être élu. Cela va donc de soi. La vie culturelle en Bretagne se fait évidemment à cinq départements au-delà des découpages politiques.

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Vos commentaires :

fanch kerrain
Mardi 31 août 2010

Mon opinion est sensiblement divergente de celle du responsable de la culture. J'ai d'ailleurs créé un groupe pour défendre la Saint-Yves. Pourquoi ? Le choix des mots est capital, et en France il existe une longue tradition de manipulation du langage. Substituer un signifiant à un autre, euphémiser etc, c'est un art que les hommes politiques pratiquent régulièrement. Substituer Fest Erwan à Saint Yves, puis tout récemment remplacer la Fest Erwan par Fête de la Bretagne, ce ne sont pas là des actes anodins. Il convient donc d'en dégager la signification. Quelle hypothèse invoquer ? Certains diront : c'est pour être conforme à la laïcité, spécificité française qui ne veut pas mêler le religieux au politique mais au contraire confiner le religieux dans la sphère privée. Laïcité inscrite d'ailleurs dans la Constitution etc.. Sincèrement, je ne crois pas à cette hypothèse. Ces hommes politiques ne sont pas si chatouilleux en la matière, et quand il s'agit de défendre la bonne cause, ils s'accommodent de quelques entorses à ce principe. Ont-ils manifesté une quelconque opposition à la présence de l'Abbé Pierre ou de Soeur Emmanuelle dans les médias ? L'admirable B Kouchner a même écrit un livre en collaboration avec l'abbé Pierre. Et, la mine réjouie, il se laissait également tutoyer par Soeur Emmanuelle à la télé. Ce n'est donc pas dans cette direction que je chercherais l'explication de cette nouvelle trituration du langage. Il s'agit d'un acte politique, d'une volonté de contrecarrer ce qu'ils appellent le communautarisme. C'est que, dans le nom de Saint Yves, il y a une puissance symbolique que les jacobins ne sauraient supporter. C'est incontestablement l'homme le plus célèbre de Bretagne -"même à l'internationale" (Claudie Poirier sic), et de ce fait son nom possède une capacité exceptionnelle de rassemblement des Bretons. Rien d'étonnant à ce que, dès l'émergence de l'idée,ils aient voulu noyauter l'affaire. Quand notre préposé à la culture prétend que le terme choisi est "plus fédérateur", il nous prend pour des imbéciles.

Prigent Michel
Mardi 31 août 2010

Extrait du site exotic.com sur l'Irlande:

"Whoopee ! c'est la St Patrick (et la Ste Patricia, s'il vous plaît) le 17 mars ! En Irlande, oublier cette date équivaudrait à oublier le 14 juillet pour un Français."

Et effectivement Fañch Kerrain a bien raison de dénoncer cette nouvelle appellation de la St Yves qui sous le terme de "Fête de la Bretagne" (la Bretagne B4 ?) tend à minorer la portée "internationale" de la fête de St Yves , comme si l'on voulait substituer l'expression "Fête de l'Irlande" à la St Patrick célébrée aussi par les 40 M de descendants irlandais aux USA.

Encore une fois nos élus jacobins ont "finement" bidouillés leur label:

-Ils se mettent en règle avec notre laïcité en escamotant le SAINT Yves.

-Ils laissent planer l'équivoque sur le mot "Bretagne" (à 4 ou 5 départements ?) en prenant soin de ne pas opter pour "la fête NATIONALE de la Bretagne".

Déjà dans le célèbre cantique à St Anne (patronne de la Bretagne), le clergé avait déjà troqué la phrase "..Et béni tes bretons " par "..Et béni tes enfants".

Ainsi, inlassablement, comme pour le supplice du garrot espagnol jacobins et clergé continuent à étrangler l'identité bretonne.

lheritier jakez
Mardi 31 août 2010

Je suis athée,mais apprécie YVES et ses symboles,disons ST YVES .Fetons le en pensant aux injustices du 21 è siècle en BRETAGNE -et ailleurs.Lutter dans vos quartiers,vos communes et en BRETAGNE,Le ST YVES a du bouleau sur la planche. D'accord avec F KERRAIN.Oublier la LOIRE ATLANTIQUE m'inquiète beaucoup.Qui a une frontière dans sa tète en 2010 ? Jakez LHERITIER

mathieu ménard
Mardi 31 août 2010

Les socialistes sont rentrés à la niche lorsque le Grand Orient a sifflé la fin de la récréation. Les laïcards stato-nationalistes français tiennent le haut du pavé.

Fête de la Bretagne, vous parlez d'un nom. Aucun chance que cela fonctionne. La capacité de nuisance de ces dinosaures est stupéfiante. Plus has been tu meurs. Et le tout "en français" et en cours de route.

Une preuve de plus que Le Drian n'a pas l'audace qu'il prétend avoir, ni l'autonomie.

Cette fête sera un flop. Il faut une âme pour toute action collective. Et la Saint Yves avait cette âme. On a coupé "Saint" sombrant ainsi dans l'obséquiosité hallucinante envers la France combiste. Enfin on sucre Yves.

Rassurons nous, le 14 jullet nous aurons de beaux feux d'artifice pour amuser les touristes dans la réserve indienne et folklorique qu'est devenue notre pauvre pays. Et le meilleur, c'est que les indigènes sont très heureux de leur sort.

JY Le Touze
Mardi 31 août 2010

Pour la "disparition" de St Yves, il y a une raison toute simple : les talibans de la "Libre" Pensée ont menacé de faire un recours administratif contre les subventions accordées aux festivités de la St Yves au titre de l'interdiction, dans cette "belle" démocratie à la française, de financer des manifestations dites cultuelles . C'est tout. Sans oublier les courriers super laiquards (et intolérants) reçus par le Conseil régional de la Bretagne administrative protestant contre ces atteintes aux "valeurs républicaines" (françaises) provenant de divers secteurs de la société dont des syndicats d'enseignants . Bref, un bel exemple de la "spécificité française" aux antipodes des valeurs démocratiques européennes.

Quant au terme "national" pour qualifier la St Yves ou le Bro gozh ou notre pays, ce devrait être la norme et non une exception , à moins de considérer la Bretagne comme une région française parmi d'autres.

Renée Mazé
Mardi 31 août 2010

Oui ! Continuons tous, croyants et athées, Bretons et non Bretons de B5 et du monde, à fêter librement Saint Yves ou la Saint Yves, n'en déplaise aux bidouilleurs de vocabulaire. C'est d'ailleurs ce qui apparaît dans le tag attribué aux annonces de cette fête sur ABP. Et en toutes lettres svp, pas comme dans un calendrier des postes St Yves.

Ce que nous devrons obtenir maintenant c'est un jour férié le 19 mai. Ce mois n'en est pas à un de plus ou de moins... En Cornouailles britannique certaines administrations (mairies) l'ont déjà obtenu pour la Saint Piran. Voir ABP en anglais (voir le site)

pierre camaret
Mardi 31 août 2010

"Valeurs republicaines " voila leur nouvelle tarte a la creme .Ces valeurs je les place sous qq chose que la decence m'oblige a ne pas citer.Je n'avais vu des choses aussi debiles ailleurs. Un intervenant d'un certain age disait recemment ici ,qu'il y avait matiere a espoir avec des groupes de jeunes bien determines...... mais il y a au moins 50 ans ,nous faisions parti de ces groupes de jeunes .... resultats aujourdhui?? je ne suis pas pessimiste ( qq fois quand meme )mais pas non plus d'un optimisme beah ?? Qu'il y ait des groupes de jeunes "qui en veulent" bien ... mais leur influence n'est pas grande ... on l'a vu aux elections Regionales . Ou etaient ils ces Groupes combattants ... dans la nebuleuse des au dessous de 5 % . C'est TOUT le peuple breton qui doit etre le Groupe de Jeunes determines.Il y a du boulot . Nous les anciens jeunes ,on a mal fait , vu le resultat aujourdhui .

Nolwenn Louarn
Mardi 31 août 2010

Tout à fait d'accord avec Fañch Kerrain. Ce qui est dommage c'est que dans le langage des plus jeunes le mot festyves à été adopté car cela faisait plus jeune plus moderne? Mais je pense qu'ils se font rouler dans la farine et une fois encore sous des allures d'ouvertures on dénature complètement le sens premier de cette fête et l'on nie l'identité profonde de la Bretagne à cinq départements

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