Gwezenn tire sa révérence
Communiqué de presse de Gwezenn

Publié le 15/03/05 22:34 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Vous trouverez ci-dessous le bilan moral des actions menées par l’ association Gwezenn à l’occasion de sa dissolution.

Après plus de 17 années d’existence l'association Gwezenn se retire de la scène associative redonnaise. Réunis hier soir, les adhérents ont décidé de dissoudre l’association. La disparition de Gwezenn n’est pas à notre avis que l’affaire de ses membres mais de tous ceux qui ont croisé de près ou de loin ses activités ou qui oeuvrent sur le terrain associatif . Aussi , il nous semble important de faire le bilan des actions menées et d’évaluer l’ empreinte laissée par notre association dans le Pays de Redon.

Quelles ont été les buts et les actions de l'association Gwezenn ?

Gwezenn est une association culturelle qui a eu de multiples centre d'intérêts : la culture bretonne évidemment mais aussi notre environnement naturel , l'art, la solidarité avec les peuples qui luttent pour sauvegarder leur identité, la non-violence, l’unité de la Bretagne, etc….

Notre association, présente dans le paysage culturel du pays de Redon a tant bien que mal réussi à se frayer un chemin propre entre ses préoccupations culturelles et écologiques. Le débat culture – nature en Bretagne était l'une des problématiques qui nous a intéressé le plus, notamment ces derniers temps. Plusieurs soirées ont été organisées autour de notre environnement spécifique (bocage, châtaigniers). Nous avions conjugué des aspects historiques, scientifiques avec les traditions du Pays. Loin de n’ avoir qu’une approche intellectuelle, nous avons planté tous les automnes pratiquement depuis notre création, des haies bocagères.

Gwezenn a aussi beaucoup œuvré pour une meilleure connaissance de l’histoire bretonne mais nous avons organisé aussi de très nombreuses conférences sur les pays en conflit (Algérie, ex-Yougoslavie, Rwanda, Kurdistan, etc…) souvent par des témoins privilégiés de ces conflits ou des spécialistes.

Bien d’autres thèmes encore ont été abordés. Sur le plan culturel: l’avenir de la langue bretonne et du gallo. Sur le plan de l’écologie : l’habitat alternatif, la qualité de l’eau, le danger nucléaire, l’agriculture bio, l’ importation d’animaux exotiques, etc…

Pourquoi Gwezenn s'est elle dissoute?

Autant de préoccupations portées par notre association, pouvaient dérouter un certain nombre de personnes. Trop d'objets ont pu nuire certainement à notre pérennité. Mais en même temps c'est ce qui constituait l'identité de notre association. Beaucoup d'associations plus spécialisées sont nées ces 15 dernières années. Ainsi l'écologie, la culture bretonne, les conférences et même les cours de breton ont été portés par d'autres associations, ce qui d’une certaine manière est une bonne chose car chacune d'entre elles touche un public plus large que celui que nous aurions pu avoir sans elles.

Fallait il que Gwezenn suive la tendance générale observée, en ne développant que un ou deux de ses objets ? Manifestement nous avions pris goût à diversifier nos centres d’intérêt et à y rechercher malgré tout une certaine cohérence. Nous avions acquis la conviction au fur et à mesure de nos réalisations qu’il y avait une certaine complémentarité entre l’action culturelle et l’action écologique écologique, nous ne pouvions choisir l’une ou l’autre.

Si la notion d’identité nous semblait fondamentale, nous n’avons jamais transigé avec les principes démocratiques et sur l’ouverture aux autres peuples. C’est pourquoi nous nous sommes plusieurs fois avancés sur un terrain plus politique et notamment en réagissant aux propos xénophobes véhiculées par l'extrême droite bretonne et française (voir sur notre site (voir le site) ). Les divergences de vues sur ce sujet au sein de l’association sur les stratégies à adopter ont créé des ruptures et par voie de conséquence fragilisé Gwezenn. Toutefois ,nous estimons aujourd’hui que nous avons eu raison d’adopter cette posture sur laquelle d’autres associations ont pu s’appuyer, apportant ainsi la preuve que face aux dangers de l’uniformisation culturelle, le combat culturel breton d’aujourd’hui se situe sans ambiguïté sur le terrain de la défense des Droits de l’Homme.

Depuis quelques temps, les acteurs principaux de notre association cherchaient à céder leur place. Toutefois, le peu de renouvellement des membres de l’association rendait la situation caduque. Malgré une année 2004 riche en animations qui ont été de réels succès, notre association n'a pas trouvé suffisamment d'adhérents pour reprendre le flambeau.

Rajoutons cependant qu’à l’époque où Gwezenn est née, la présence d’autres associations culturelles bretonnes et écologiques était beaucoup moins importante qu’aujourd’hui. L’offre associative s’est considérablement étoffée réduisant d’autant le rayonnement de chaque association.

Un manque pour le Pays de Redon ?

Ce n'est pas à nous d'y répondre. Toutefois à entendre un certain nombre de personnes investies dans le milieu associatif, qui viennent d’apprendre notre disparition du paysage, nous avons l'impression que cette absence ne laisse pas tout le monde insensible. Nous avons certainement joué un rôle de conscientisation sur bon nombre de sujets. Nous n’avons pas été les seuls évidemment à œuvrer sur chacun d’entre eux mais nous avons certainement permis des débats qui n’avaient pas été encore organisés sur ces thèmes ou qui ne l’auraient peut-être pas été sans nous.

En conclusion

Comme pour de nombreuses initiatives associatives, Gwezenn a été le lieu d’ une aventure humaine riche. Bien qu’association militante, nous avons toujours évité l’austérité et nous nous sommes fait avant tout plaisir… L’ intérêt pour les militants de Gwezenn n’a pas été tant été d’œuvrer pour des causes-qui nous semblaient justes- que de prendre plaisir à rencontrer un grand nombres de personnes qui nous ont fait découvrir des pans de l’ histoire humaine. De Joseph Martray en passant par Salah Hannoun , Simone de Bollardière, André Pochon ou comme dernièrement Roger Laouenan, nous estimons avoir eu la chance de rencontrer de très nombreuses personnalités de Bretagne ou d’ailleurs qui ont enrichi la mémoire collective du Pays de Redon.

L’arbre est désormais mort mais il y a eu vraisemblablement quelques glands qui ont pris racine en terre du pays. On peut raisonnablement se tourner vers les filières bilingues (breton-français) à Redon, dont les ébauches ont fermenté au sein de Gwezenn. D’autres graines germeront peut-être encore après … qui sait ? L’important est que l’esprit qui était au cœur des actions de Gwezenn perdure.

Joa deoc’h

le 13/03/05

Pour l’association

Jean-François Lugué (ex-pdt)

Philippe Argouarch


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