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- Communiqué de presse -
Déclin français: la Bretagne doit se réinventer
Bretons en Colère base son action sur deux pivots: l’action de terrain, concrète, touchant au réel breton (tractages, rencontres) et celle de la réflexion, du débat, de la proposition. Dans ce cadre, l’association conçoit naturellement des communiqués d’ordre général qui mettent en lumière les problèmes profonds qui touchent notre société et certaines solutions alternatives.
Jean Pierre Stephane pour Bretons en colère le 30/11/05 11:27

Point de vue

Bretons en Colère base son action sur deux pivots: l’action de terrain, concrète, touchant au réel breton (tractages, rencontres) et celle de la réflexion, du débat, de la proposition. Dans ce cadre, l’association conçoit naturellement des communiqués d’ordre général qui mettent en lumière les problèmes profonds qui touchent notre société et certaines solutions alternatives.

Le bureau de l’association a tenu samedi 26 Novembre 2005 une réunion avec une partie de ses membres et a donc abordé différentes questions, parmi lesquelles le risque d’affaissement social et économique qui menace la France et de fait, la Bretagne. L’évolution générale est inquiétante à plus d’un titre. Une synthèse conjoncturelle et structurelle a été menée afin d’illustrer l’ampleur des enjeux en cours.

L’état français marche depuis plus de trente ans maintenant vers une ruine quasi-totale, le terme n‘est pas trop fort, bien que celle-ci semble constamment minorée ou niée par les élites en place. Mais plutôt qu’une série de reproches adressés aux politiques et aux corps constitués français, l’association a senti le désir de nombreux bretons d’avoir quelques chiffres, sources première d’une analyse globale devant précéder le changement.

Un état français voué à la faillite ( préciser l’histoire du redressement)

L’état français aujourd’hui n’est pas endetté comme le laisse entendre certains médias complaisants, à hauteur de 66% (soit 1 100 milliards d’euros) mais à 120% si l’on mesure la dette à l’aulne des méthodes de calculs internationales. En ajoutant le coût des retraites des fonctionnaires, on obtient 1 100 milliards d’euros + 900 milliards d’euros (source Le Figaro, 27 Novembre 2005). En est-on au remboursement ? Non. On ne parvient pas même à endiguer l’accroissement des emprunts. Faut-il préciser que ces emprunts servent aujourd’hui à rembourser les intérêts des emprunts précédents ? Chaque breton se voit désormais gratifié à la naissance de 30 000 euros de dette. Ce chiffre colossal n’augure pas même une période « d’austérité » mais une menace d’effondrement pur et simple du système social hexagonal, à l’heure des départs en retraite massifs de 2007. Suivra une contraction démographique, surchargeant en prélèvements obligatoires une génération moins nombreuse, ralentissant de fait la consommation et la croissance de cette dernière et risque de faire de ses propre retraites une chimère ou un privilège pour les plus aisés. L’afflux massif de retraités risque de faire imploser le système de santé déjà très largement déficitaire. Le chômage ne baissera pas. La quantité d’emplois disponibles dépend par nécessité du taux de production. Le travail ou la production (que les français confondent allègrement avec l‘emploi) ne se décrète pas, il découle d’une économie adaptée qualitativement à l’environnement économique. Or ce n’est pas le nombre de personnels qui fait défaut, mais leur qualité. 80% de bacheliers ne servent pas à grand chose si d’autre part la voie professionnelle est sacrifiée à des objectifs élitistes totalement abstraits. Le mode éducatif français ne produit pas ce dont son économie a besoin. N’en déplaise à certains, la fonction publique et le colbertisme n’ont plus d’avenir. Du moins pas dans les proportions dantesques actuelles. Mais l’état français persiste et signe. Aux mains de techniciens de l’administration omnipotents, l’état dicte sa loi contre la société civile. L’état travaille pour l’état. Le ministère de l’économie français est significatif: 170 000 fonctionnaires pour 60 millions d’habitants. Le même ministère en Suède, avec ses 9 millions de citoyens, en compte 460...Vous avez dit économie planifiée ?

« Vous êtes breton ? Les français commandent ! »__Mirabeau

Ce contexte économique découle de l’idéologie qui prévaut à l’ENA et dans les hautes sphères de la technocratie parisienne. Comment dès lors espérer pour la Bretagne une voie de salut dans une organisation qui loin de la libérer, l’étreint. La Bretagne, sous la pression des « mandarins » de Paris est tenue de regarder à l’Est alors que du temps de sa puissance, elle scrutait vers les océans. Une part colossale du trafic commercial maritime passe dans le rail d’Ouessant, quel pourcentage alimente les infrastructures bretonnes ? Une part dérisoire. A l’heure du fédéralisme, de la démocratie directe et de l’initiative, les vieux schémas de Colbert sont de rigueur dans l‘hexagone. Pour le plus grand malheur du tissu économique breton. La Bretagne est principalement un pays d’agriculture, de pêche et de transports. Mais les médias régionaux (Ouest France, France 3 Ouest), qui brillent par l’infantilisation des masses bretonnes, peut être parce que ses cadres sont issus de ce moule étatique français taisent soigneusement le fait que 80% de ces industries sont menacées de délocalisation d‘ici à 10 ans (source: magazine du conseil départemental du Finistère, Pen ar Bed). Mais après tout, leurs journalistes ne sont ils pas ceux qui aspirent tous à se retrouver petit baron dans une rédaction parisienne ? « Alors les ploucs attendront… » se disent-ils, trop occupés à mettre en avant tel ou tel ami politique ou a répercuté l’humeur des cercles « intellectuels » français sur un fait d’actualité sans réalité en Bretagne. Pourquoi ce syndrome de franco-centrisme ? Pour se donner l’illusion de l’importance et de la grandeur. A défaut de pérorer dans les colonnes du Monde, on tonitrue de son immeuble brestois ou rennais.

Les amis de mes amis sont mes amis

Les récentes grèves fonctionnariales de la SNCF ont mis en avant la prise d’otage constante menée par les « syndicats » contre la population bretonne. Mettant en avant une dialectique misérabiliste, les tenants divers du système syndicalo-étatiste ont masqué l’étendue des avantages que la génération suivante devra payer de sa sueur et de sa souffrance. Qui a expliqué qu’un cheminot de TGV touche toujours la « prime de charbon », qu’il commence sa carrière à 2 200 euros, qu’il finit sa vie professionnelle à 5 000 euros , vie professionnelle qui ne finit pas à 65 ans mais 50. Quand France 3 ou France 2 ont expliqué que ces mêmes cheminots avaient une « prime de travail » (!) ? Qui a expliqué qu’un cheminot cotise pour sa retraite à hauteur de 30%, le reste étant à la charge du travailleur breton, maçon, artisan, petit patron, etc.? Société civile que l’on entend d’ailleurs jamais, car politiquement peut être moins intéressante ?Que dire du fisc, tenu d’une poigne de fer par le SNUI et autres organes proche de l’extrême gauche qui mène derrière de faux-nez idéologiques une lutte d’intérêt « petite bourgeoise » ? Gare à ceux de la société civile qui voudraient dénoncer les abus anti-démocratiques de ces aristocrates, puisqu’une société basé sur le privilège, est une société aristocratique. Paraît il que l’ennemi est le « libéralisme » voire « l’ultra libéralisme ». Imaginez vous cet odieux patron d’une PME de 5 salariés fomentant un coup d’état au seul profit des « 300 familles »« Faites payer les riches ! »…A les faire payer les retraites d’une fonction publique pléthorique jamais remise en cause, on obtiendra leur disparition pure et simple. Quelle victoire pour les exclus qui ne veulent qu’une chose: un travail dans une entreprise dynamique ! Ces relents populistes recyclés par certains groupements idéologiques sont malheureusement monnaie courante chez ceux qui possèdent la réalité du pouvoir: médias, administration, éducation, milieu associatif fantomatique vivant des aides parapubliques, etc.

Dissolution générale et mort de l’unité française

Les émeutes ont marqué la fin de l’illusion sociale française, qui veut voir partout de l’unité là ou règne la diversité. La règle uniforme venant d’en haut, de la part d’une élite éclairée a fait long feu. C’est en se donnant l’illusion d’une réussite de son modèle égalitariste, que la république a marché droit à l’abîme. Jamais la question de la compatibilité culturelle des populations révoltées ne fût soulevée, car en détenteur de l’héritage du « meilleur modèle social dans le meilleur des pays possibles », nos énarques ont voulu voir en toute âme vivant dans l’hexagone un « bipède citoyen », docile et uniforme. L’échec vient sûrement du fait qu’il est plus facile de voir en 1000 énarques une seule et même volonté, qu’en 60 millions. Mais dans l‘esprit des hommes d‘état français, ces 1000 énarques ne représentent-ils pas la volonté de ces 60 millions d’hommes ? Seulement voilà, ces derniers ont une identité, qu’ils conservent jalousement et cela n’est pas amendable par trois mots sur le fronton d’une mairie, fût-elle « républicaine ». L’idéologie, l’abstraction de l’élite, a primé sur le réel, sur le concret. Le résultat est là, des personnes d’origine étrangère tendent désormais dans des proportions grandissantes à « cohabiter » et non plus à « vivre ensemble ». Selon Yves Marie Laulan, président de l’Institut de géopolitique des populations le coût de l’immigration et de l’intégration (éducation, logement, santé, formation professionnelle, lutte contre la délinquance maintien de la sécurité, etc.) monte à 36 milliards d’euros par an, soit 80% du déficit publique ou 100 000 euros par personne issue de l’immigration dont estime, fourchette basse, le nombre à 6 millions. Si l’on ajoute qu’en 2003, 250 000 personnes sont entrées sur le territoire français, on aperçoit la perspective dramatique qui s’annonce si la courbe migratoire se maintient. Non seulement ces gens ne seront pas intégrés, mais ils seront victimes au premier chef de l’échec global d‘une machine à exclure. Parce que le thème de l’immigration a été soigneusement amalgamé au spectre d’un nazisme rampant sur le retour, les élites ont refusé l‘idée même du débat. Réflexe si français que de se perdre dans le logos et de laisser le réel aux gens « vulgaires »: élus de terrain, associations, habitants des quartiers en difficulté. Les émeutes récentes découlent d’un système aveuglé par une idéologie inconséquente qui nous mène, en plus de la faillite économique, à une situation de crise sans précédent depuis 60 ans: celui d’une débauche de violence sociale, culturelle et économique.

Quelles perspectives pour la Bretagne ?

Dans tout cela, quel sera le choix des bretons ? Il appartient à chaque membre de la communauté de se poser la question et d’apporter sa pierre à l’édifice. De grandes questions sont en suspens, économiques, structurelles, identitaires, sociales.

La Bretagne devra faire le choix de l’émancipation économique et administrative ou celui de l’exil massif. Car condamnés à terme par le sinistre du chômage de masse et pris dans l’étau de l‘explosion des taxes et impôts et de la contraction des revenus, les bretons ne pourront faire face au défi socio-économique qui s’annonce sans consentir à une « révolution » structurelle et intellectuelle.

Les options sont nombreuses parmi lesquelles le soutien inconditionnel d’un pouvoir breton à construire aux décisionnaires économiques de Bretagne, la mise en place d’un syndicalisme apolitique et populaire, la priorité bretonne pour les questions socio-économiques en Bretagne.

La Bretagne possède un riche potentiel, mais largement sous-exploité, soit par notre propre faiblesse, soit par les obstacles soigneusement dressés devant nous. Il convient de tout faire pour promouvoir notre génie social, économique et culturel mais aussi politique.

Bretons en Colère entend être une voix parmi d’autres. Mais une voix déterminée à se faire entendre.

Pour le Bureau de l’association « Bretons en Colère »

Jean Pierre Stefan, Porte-Parole.

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