Décès du poète et critique Lucien Wasselin
Annonce de Spered Gouez / L'esprit sauvage

Publié le 8/04/22 18:11 -- mis à jour le 08/04/22 21:39
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Lucien Wasselin (1945-2022)

C'est avec une grande tristesse que j'apprends par la revue numérique Texture que le poète critique Lucien Wasselin est décédé le 3 février à Plérin où il vivait depuis quelques années. Né en 1945 dans le Nord où il a vécu la quasi totalité de sa vie, il s'était installé dans les Côtes d'Armor pour se rapprocher de sa fille après avoir été atteint d'une forme sévère de la maladie de Parkinson.

Lucien Wasselin était poète, essayiste et critique, traduit en allemand par Rüdiger Fischer. Il a participé à quelques numéros de la revue Spered Gouez / l'esprit sauvage, en particulier par un billet d'humeur du n° 22. Grand lecteur, il portait - qualité rare - une généreuse attention aux écrits des autres et leur consacrait des articles dans les nombreuses revues auxquelles il collaborait. Ces périodiques étaient variés et ne se limitaient pas aux habituelles revues de poésie. Militant de la poésie, il ne cultivait pas l'entre-soi. Il collaborait ainsi à la "Tribune de la région minière" où, suivant régulièrement mon actualité éditoriale, il avait publié des articles sur certains de mes livres. Citons aussi les revues Texture, Décharge, Recours au poème. Spécialiste de Louis Aragon, il lui avait consacré de nombreux articles et des études. Il était membre du comité de rédaction de la revue de la Société des Amis de Louis Aragon et Elsa Triolet. Il s'intéressait aussi à la chanson et aux musiques nouvelles, ainsi qu'aux arts. Il consacra des articles à J.G Gwezenneg et collabora avec Kijno.

Parmi ses livres, je retiens particulièrement ceux auxquels j'ai consacré des articles :

Balises, avec la reproduction de 12 peintures de Kijno, Éditions du Littéraire, 2014.

Poésie-Réalité, Rhubarbe, 2012.

Stèles lichens, Editinter, 2012.

Obscurément le cri, (bilingue français-allemand), Verlag Im Wald, 2011.

Mes pensées vont à son épouse, à sa fille, à sa famille et à ses proches et amis.

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Un poème repris sur Recours au poème

saint donatien

24 mai 1871 Semaine sanglante

les morts sont coupables

on ne sait jamais qui se cache dans un cercueil

passage Tivoli à Paris

l’armée versaillaise arrose de balles

un corbillard qui mène au cimetière

un habitant du quartier mort dans son lit

les chevaux s’enfuient tirant au diable

le convoi funèbre les fers résonnent

rue d’Amsterdam un croque-mort tombe

il passera de vie à trépas dans la nuit

l’ankou et le kapital ricanent

Voir aussi :

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Vos 3 commentaires
  marilyne bertoncini
  le Vendredi 8 avril 2022 19:59
Lucien était un membre actif du comité de rédaction de Recours au poème qui s associe au deuil et à l hommage. La revue lui rendra aussi hommage dans le prochain numéro
(1) 
  Guy Allix
  le Dimanche 10 avril 2022 16:17
Grande tristesse et remords. Lucien était un poète attentif et généreux. Il avait publié quelques articles sur mes livres, notamment sur ce livre que j'ai écrit sur mon enfance dans la région où il vivait et nous avions correspondu un peu. Trop peu et c'est incontestablement de ma faute. J'ai pu apprécier sa disponibilité et sa générosité une fois encore. Je lisais aussi un homme engagé dans des combats, particulièrement sensible aux injustices et au désordre profond de notre monde. Je regrette aujourd'hui de n'être pas allé davantage vers lui, trop pris alors par les aléas de ma vie. Marie-Josée Christien m'avait signalé les problèmes de santé de Lucien. Elle m'avait aussi confié son adresse alors même que j'étais enfin revenu en terre bertonne et donc pas trop loin du lieu où il s'était retiré. J'aurais pu alors reprendre nos échanges et même le rencontrer... Cela ne s'est pas fait. Les amitiés manquées (comme on manque un train...) sont des douleurs que seule notre propre mort apaise. Que l'œuvre de Lucien reçoive désormais la belle amitié des lecteurs qui prendront ce temps précieux de le lire.
(1) 
  Michèle Daide
  le Samedi 23 avril 2022 04:57
J'ai été la collègue de travail de Lucien jusqu'en 1998 puis nos chemins se sont séparés j'apprends cette nuit qu'il n'est plus et je me sens bien seule
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