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- Communiqué de presse -
Conseil Municipal Rennes 7-03-05 / Intervention JM Goater, Conseiller Municipal Vert
Conseil Municipal du 7 mars 2005 Intervention de Jean-Marie GOATER Espace Jeunes Construire cet Espace Jeunes en centre ville est une bonne chose. Il ne pourra que renforcer l’attention et l’efficacité de la Ville à l’égard des souhaits et des besoins des jeunes à Rennes. Il faut dire que ces derniers temps, d’aucuns ont
Jean-Marie Goater pour Jean-Marie GOATER, élu le 10/03/05 16:21

Conseil Municipal du 7 mars 2005

Intervention de Jean-Marie GOATER

Espace Jeunes

Construire cet Espace Jeunes en centre ville est une bonne chose. Il ne pourra que renforcer l’attention et l’efficacité de la Ville à l’égard des souhaits et des besoins des jeunes à Rennes.

Il faut dire que ces derniers temps, d’aucuns ont plutôt cherché à stigmatiser la jeunesse et ses révoltes. Sans doute faut-il y voir l’éternel conflit de générations ou encore l’état délabré de la société dans laquelle nous sommes obligés de vivre. A quoi ressemble cette société du consumérisme où même certains distributeurs alimentaires galvaudent avec cynisme les images porteuses des idéaux de 68, où des centaines de millions de personnes, pourtant agriculteurs, ne mangent pas à leur faim sous la pression des gringos de l’agroalimentaire business, où des centaines de milliers de personnes en France sont sous la menace d’une expulsion pour cause de surendettement ? Avons-nous tous et toutes envie de vivre dans cette société ? Pourquoi une Europe qui dispose de suffisamment de richesse pour loger et nourrir toute sa population ne le fait pas ? Est-ce ce modèle que nous proposons à nos enfants comme à la jeunesse de ce pays ? A-t-on finalement encore le choix ?

Parallèlement, ce seul modèle de développement incite des migrations massives tant économiques que politiques.

La réponse de l’ordre en France est toujours la même : dehors. Mettre en dehors les demandeurs d’asile et stigmatiser ceux qui refusent ce dedans qui leur apparaît bien triste et sans espoir. Un traitement déshumanisé, où les individus sont réduits à des chiffres ou des statistiques. Où des lois détruisent et condamnent des familles entières. Toutes les affaires récentes le montrent. Le Ministre de l’Intérieur veut du chiffre, la Préfète multiplie les expulsions. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

De même, quand on expulse les squats, c’est pour défendre prioritairement les intérêts des propriétaires et des bailleurs plutôt que les personnes. En refusant de mettre en place un moratoire sur les expulsions, on précipite un grand nombre de personnes dans la précarité et la misère. La Ville de Rennes peut à l’image de quelques Maires d’Ile-de-France mettre en place ce moratoire. Ou au moins tenter de le mettre en œuvre.

Depuis plusieurs mois, la Préfecture mobilise régulièrement des effectifs de police pour empêcher le développement de la colère qu’elle a elle-même créée. Elle fait l’action et la réaction. Tout cela se solde par des arrestations, des blessés, des troubles nombreux pour les jeunes comme pour les riverains qui assistent pantois et exaspérés à cette "première compagnie face au défi du terrorisme de canette de bière" en direct du centre ville de Rennes.

Ainsi, comme nous l’avons fait au nom des Verts en décembre dernier, je persiste à demander le départ ou la démission de Mme La Préfète. Ce n’est pas une question de personne. C’est une question de politique. Il s’agit de renouer les fils du dialogue car des initiatives ont été prises, des projets aboutissent. La situation n’est pas tout à fait sans espoir.

Depuis de nombreuses années, la société civile à Rennes, en Bretagne ou ailleurs, construit pas à pas d’autres modèles. Pour réagir contre les attaques en règle que subissent les libertés publiques comme l’humanisme ou la simple solidarité, la société civile construit de nouveaux dispositifs, positifs, ouverts. Ce vivre ensemble est porteur d’espoir. Suite à la politisation de l’action de la Préfecture, de nouvelles associations se créent, réagissent, innovent. La Ville n’est pas en reste car Monsieur Le Maire, vous-même, vous avez pris des initiatives qui vont dans le bon sens. Je n’en citerai qu’une : Dazibao.

Jeudi dernier, ce fut un grand jour. Non pas pour la feuille d’impôt mais pour le réveil de la société civile et la pérennisation des initiatives jeunes. Dazibao fut un grand moment. Toute cette soirée fut une réussite. Les gens étaient gais, le jeu était omniprésent. Il y avait même un espace "Rien". Les engagements de cette jeunesse qu’on stigmatise étaient pourtant bien présents : solidarité internationale, commerce équitable, écologie, poésie, musique, hip hop… Même certains chants populaires furent entonner en chœur. Malheureusement, Je n’ai pas vu Mme la Préfète lors de cette soirée. Quel dommage. Quel dommage qu’elle ne puisse voir l’incroyable travail réalisé par toute l’équipe du CRIJ Bretagne. Quel dommage qu’elle ne puisse se rendre compte par elle-même de son étonnante popularité auprès de ces mille à deux mille personnes. Mais il n’est pas trop tard. Je profite de cette intervention pour inviter cordialement Mme La Préfète à assister à la soirée de jeudi prochain. Je me propose même de l’accompagner si elle le souhaite.

C’est cette équipe qui a organisé Dazibao qui animera l’Espace Jeunes. C’est dire qu’il sera crédible.

Pour finir, permettez-moi de vous lire le très beau texte qui a été rédigé à l’occasion de l’expulsion du squat de l’Ekluserie.

"Ce n'est pas le froid qui nous fige, ce n'est pas la nostalgie qui nous étouffe... L'Ekluserie est une histoire et ce n'est pas la destruction de ces murs qui éteindront ce qu'ils disaient : nous ne voulons pas d'une ville blanche et propre, nous ne voulons pas de la spéculation immobilière, nous ne voulons pas des rapports de marchandes ni des cages à lapins ni des cocons fermés à clé, qui enferment chacun dans "ses" problèmes individuels... L'Ekluserie était un lieu de vie, de rencontre, de passage, d'activités qui contera longtemps ses historiettes - et bien au-delà des veillées au coin du feu...!!!- parce qu'elle a nourri, de son désordre ambiant, ceux qui y sont passés, qui s'y sont arrêtés, qui y ont habité et parce qu'ils sont toujours affamés." Et c’est signé : "Par les chemins qu'on foule baguenaude la houle."

Puisse ce texte devenir l’une des lectures de Mme La Préfète à l’occasion de sa retraite bien méritée.

Jean-Marie Goater, Conseiller Municipal Vert

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