Charles-Marie Guillois : La voix en breton du général de Gaulle

-- Politique --

Communiqué de presse de Parti Breton - Strollad Breizh
Porte-parole: Yves Pelle

Publié le 23/06/10 10:32 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

On oublie souvent que la Bretagne fut le premier allié du général de Gaulle.

Dès son appel du 18 juin, ce sont des centaines de Bretons qui vont prendre la mer pour continuer le combat. Il n'y avait pas, et de loin, que les marins de l'île de Sein, mais aussi ceux de Camaret, le Commandant Drogou qui quittera avec son sous-marin « Narval » la Tunisie pour Malte, le jeune Halna du Fretay qui va assembler un petit avion à Jugon (Côtes-d'Armor) pour voler vers la Grande-Bretagne, et des centaines d'autres qui resteront anonymes. Ces départs massifs de volontaires décidés à combattre s'avèrent être une particularité qui restera bretonne et que beaucoup expliquent par les liens traditionnels et culturels.

Parmi ces volontaires, il y avait Charles-Marie Guillois de Port-Blanc en Penvenan :

« Jean Marin m'a entendu parler alors que j'étais dans un groupe d'engagés. Vous parlez breton ! » m'a-t-il dit « Avancez ».

C'est ainsi que Charles-Marie Guillois se voit confier la tâche de traduire en breton l'appel du général de Gaulle, puis le 23 juin l'honneur de lancer cet appel toujours en breton sur les ondes de la BBC, appel qu'il renouvellera régulièrement par la suite. Charles-Marie Guillois sera pendant plusieurs mois l'animateur d'une émission en langue bretonne appelant ses compatriotes à continuer la lutte : « L'impact psychologique était beaucoup plus fort en breton qu'en français sur les côtes brittophones de l'époque ! » Sa contribution fut ainsi non négligeable pour grossir les rangs des F.F.L. (les Bretons représenteront 40 % des effectifs des Forces Navales Libres durant l'ensemble de la guerre) puis sans aucun doute par la suite les rangs des F.F.I. qui donneront les célèbres maquis bretons dont sera si fier le général Koenig.

À la fin de la guerre, Charles-Marie Guillois écrira au Président de la République pour lui demander une reconnaissance officielle de la langue bretonne ainsi qu'un traitement comparable à celui dont jouit la langue galloise.

Après avoir passé l'essentiel de sa vie à Londres comme antiquaire, Charles-Marie Guillois revient à Port-Blanc. Il éprouvait de l'amertume devant la disparition voulue et programmée de sa langue maternelle. Il en éprouvait aussi devant la partition de la Bretagne, maintenue après la disparition du régime de Vichy, tout comme ses camarades bretons des Forces Françaises Navales Libres dont il était le président pour la section du Royaume-Uni.

C'est avec un grand respect que nous saluons au travers de Monsieur Charles-Marie Guillois tous ces Bretons qui s'engagèrent alors par leur amour de la liberté.

Pour le Parti Breton, Jean-Christophe Chorlay (Fédération Île-de-France)

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Vos commentaires :

Pierre CAMARET
Mardi 31 août 2010

Il y a eu un precedent avec la loyaute , la fidelite bretonne envers la France .A la fin de la Grande Guerre 1914-1918 , le Marechal FOCH avait fortement soutenu une petition pour que la Bretagne, en recompense aux sacrifices consentis , retrouve une autonomie .......?On en a parle un peu , puis cela a ete oublie , sur l'autel de la UNE et INDIVISIBLE.

Marcel Texier
Mardi 31 août 2010

Il est difficile de mesurer l'impact qu'ont pu avoir les émissions quotidiennes de Charles Guillois, en breton, sur les ondes de la BBC entre la fin juin 1940 et le 20 août de la même année. Il fut certainement considérable. En effet, dans l'esprit des membres de l'entourage du Général de Gaulle (Maurice Schumann, Jean Marin, alias Yves Morvan) qui ont sollicité et facilité ces interventions, il ne fait guère de doute qu'après la malencontreuse affaire de Mers-el-Kébir qui avait coûté la vie à environ un millier de marins bretons,le 3 juillet 1940, il fallait absolument rétablir la confiance dans l'allié anglais dont l'apparente perfidie était abondamment exploitée par la propagande nazie. Pour se faire une idée de l'état d'esprit des marins après ce drame, il suffit de lire ce qu'en dit, en quelques lignes, Maurice Chauvet, dans son livre "It's a long way to Normandy" (Editions Picollec). Maurice Chauvet, plus tard membre du Commando Kieffer, servait alors sur le croiseur Georges-Leygues. Il écrit: "Début juillet, une petite note est affichée sur le tableau d'ordres du bateau:"Une escadre anglaise a attaqué par traîtrise la flotte en désarmement à Mers-el-Kébir, la France attend que chacun fasse son devoir." Dans l'équipage, c'est une explosion de joie:"On va enfin combattre ces salauds d'Anglais qui sont toujours en guerre !". En effet, les Britanniques viennent de couler une partie de la flotte française qui risquait de passer à l'ennemi; 1300 marins ont été tués dans l'opération. On comprend que cet évènement ait pu jeter le trouble dans la population et que beaucoup de jeunes Bretons qui, dans l'été 1940, ont traversé la Manche dans des conditions très périlleuses, pour continuer à se battre, ne l'auraient pas fait sans l'appel quotidien dans leur langue de Charles Guillois. Pour ce seul fait d'armes qui éclipse, et de très loin, tout ce qu'ont pu faire quelques égarés, la langue bretonne méritait mieux que le sort qui a été le sien. Pour tous les faits d'armes accomplis par tant de Bretons, entre 1940 et 1945, la Bretagne méritait mieux que le charcutage imposé par le décret Pétain-Darlan du 30 juin 1941, charcutage que Charles Guillois et ses camarades appelaient "la punition de Pétain" et que l'honneur commande d'effacer d'un trait de plume. du

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