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- Dépêche -
Cette justice en Question
Selon le procureur général de Paris Monsieur Yves Bot la justice française est dans bien triste état. Il aura fallu l’épilogue de l’affaire d’Outreau pour qu’il en arrive
michel Herjean pour Dorn-Ha-Dorn le 6/12/05 8:36

Selon le procureur général de Paris Monsieur Yves Bot la justice française est dans un bien triste état. Il aura fallu l’épilogue de l’affaire d’Outreau pour qu’il en arrive à ces conclusions et pourtant, nous qui sommes confrontés depuis des années à la justice antiterroriste, nous savons qu’il existe en France un dysfonctionnement majeur de l’institution Judiciaire. Depuis une vingtaine d’année l’état français légifère pour donner un cadre légal à ce que l’on pourrait appeler des grandes causes nationales telle que la lutte contre le terrorisme. Aujourd’hui à force d’avoir grignoter les libertés individuelles la justice française a pris de bien mauvaises habitudes dans le traitement journalier de la justice. Il suffit aujourd’hui que le pouvoir politique demande « du résultat à sa justice » pour que l’on arrive à de l’injustice et au scandale quand celle-ci éclate au grand jour comme dans l’affaire d’Outreau. Sans aucun doute on constate des similitudes dans le traitement de cette scandaleuse affaire et celui que nous connaissons depuis des années par les magistrats de la quatorzième section du parquet de Paris.

Affaire d’Outreau – Affaires traitées par la section antiterroriste.

Dans les deux cas dès le départ du traitement judiciaire il y a eut une sur médiatisation des thèses de l’accusation. Cela sans doute pour préparer et baliser « un terrain » pour les juges instructeurs. Un lynchage médiatique, souvent avec la complicité d’hommes politiques, qui interdit la présomption d’innocence pour les suspects désignés. Rappelons nous les heures qui ont suivi l’attentat contre le Mac Donald de Quevert. Mme Stoller Procureur de la Quatorzième section du parquet de Paris avait désigné des coupables : résultat une instruction de quatre ans et un fiasco pour l’accusation devant la cour d’assises de Paris spécialement composée en première instance. Puis c’est le travail des magistrats instructeurs. Qu’ils s’appellent Thiel, LeVert …pour l’antiterroriste où Burgaud pour l’affaire d’Outreau c’est le même fonctionnement ! On a instruit toujours à charge, on a même oublié que l’instruction pouvait se faire à décharge. Toutes les demandes d’actes sollicitées par les mis en examen et leurs avocats ont été refusées. Comme si les juges étaient certains de la culpabilité de leurs « clients ». Comme si l’intime conviction d’un juge ou d’un procureur l’emportait sur la recherche de la vérité L’instruction, même si elle peut durer des années, devient ainsi une simple formalité. Un passage obligé pour que les mis en examen soient condamnés. Les déclarations de Monsieur Yves Bot sont sans ambiguïté : "Outreau a fait naître le doute sur la justice, il va donc falloir transformer ce doute à nouveau en une confiance".Evoquant le "dysfonctionnement majeur, catastrophique de l'institution judiciaire", M. Bot a également déclaré qu'il n'était "pas question de ne pas examiner les responsabilités individuelles" dans ce dossier. C’est le juge Fabrice Burgaud qui a instruit l'affaire d'Outreau, il a été très critiqué pour son instruction "à charge"."Moi, je n'ai connu que le substitut Burgaud, qui professionnellement n'a rien de comparable avec ce qui ressort du dossier". Justement dirons nous, il l’a connu comme substitut du parquet antiterroriste de Paris où il avait été nommé après avoir clôturé l’instruction d’une affaire présentée par les média comme celle d’un vaste réseau pédophile. Une nomination qui ressemblait à l’époque à une promotion puisque sa prime de mutation avait été considérée supérieure d’environ 8% à la norme en vigueur.Une promotion qui aurait pu être justifié si l’instruction de ce dossier avait amené à faire condamner des coupables dans une grosse affaire de pédophilie. Le problème est qu’elle a surtout servi à maintenir des innocents en prison. Certes il n’est pas uniquement responsable puisque le juge d’instruction n’est pas le seul à décider. D’autres magistrats ont eu à se prononcer sur des possibles mises en liberté et ils auraient pu faire libérer des mis en examen s’ils n’avaient été aveuglés par la pression médiatique du début de cette affaire. Monsieur Yves Bot a connu Monsieur Burgaud comme substitut à la section antiterroriste du parquet de Paris et c’est à ce poste fraîchement promu qu’il voulait mettre en détention « les Irlandais de Guingamp » qui, à grand dam de publicité, étaient soupçonnés d’avoir rencontré des gens de IRA véritable. On sait que dans cette affaire les prévenus ont été entendus chacun deux fois trois quart d’heure en deux ans d’instruction. Ce qui laisse supposer l’absence réelle de charges sérieuses contre ces trois Bretons. Malgré cela, sans doute dopé par son résultat dans l’affaire d’Outreau ( pas encore jugée à l’époque) et sa promotion à l’antiterroriste, il voulait en placer en détention.

M. Bot a déclaré qu'il n'était "pas question de ne pas examiner les responsabilités individuelles" dans ce dossier. Bien sûr des têtes vont tomber mais elles ne seront que des fusibles, les vrais responsables sont les inquisiteurs qui alimentent les média. Ce sont certains média qui en profitent pour vendre du papier ou de l’image : «Le poids des mots – Le choc des photos ». Ce sont les accusateurs qui organisent, dans les affaires précitées, le procès médiatique qui, lui, ne donne jamais aucune chance à la recherche de la vérité et à la justice. Cela a été le cas aujourd’hui dans l’affaire d’Outreau mais cela l’est depuis longtemps déjà dans les affaires dites « antiterroristes » ou seul un résultat compte peu importe le prix chiffré par des dégâts humains physiques et psychologiques très importants souvent supportés par des innocents. Michel Herjean (Dorn Ha Dorn)

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