Bilan de l’initiative citoyenne européenne « Minority safepack » en faveur des droits des minorités et de la diversité linguistique européenne
Communiqué de presse de Ai'ta

Publié le 6/04/18 19:51 -- mis à jour le 07/04/18 13:39

Bilan de l’initiative citoyenne européenne « Minority safepack » en faveur des droits des minorités et de la diversité linguistique européenne.

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La campagne de recueil des signatures s’est achevée mercredi avec près de 1 216 000 déclarations de soutien réparties dans les 27 pays de l’Union Européenne. Ce sera donc la cinquième initiative citoyenne réussie sur une cinquantaine depuis que cet instrument de démocratie directe existe. Ce droit a été introduit en 2012 par un vote du Parlement européen à la suite du traité de Lisbonne. La consultation est allée au-delà des espérances car ce sont finalement 11 pays qui ont atteint leur quota de signatures fixé par la commission européenne dont l’Italie (60 000 signatures), l’Espagne (54 000) et le Danemark (12 000 signatures).

Pour la France, c’est un peu plus de 9 000 signatures (soit environ 17 % du quota). Si cela peut apparaître décevant, il est néanmoins tout à fait honorable dans la mesure où la campagne a été relancée il y a un mois seulement par le collectif Ai’ta ! et que la majeure partie des soutiens ont été recueillis sur cette période.

Cependant, devant l’enjeu que cette initiative revêt pour la langue bretonne, à savoir l’instauration enfin d’un cadre protecteur au niveau européen pour les langues minoritaires, il apparaît que nous aurions pu faire mieux si nous avions pu démarrer cette campagne il y a 8 mois… Cela n’a malheureusement pas été le cas.

Le collectif Ai’ta ! n’a en effet découvert que par hasard cette initiative, restée jusque-là entre les mains d’organisations normalement mandatées pour la promouvoir. Nous avons donc eu très peu de temps pour reprendre et relancer l’initiative, mobiliser et solliciter le monde associatif et politique breton. Ces derniers ont toutefois répondu présents à nos appels et nous remercions vivement tous les acteurs ayant relayé et diffusé massivement l’information.

Il faudra s’interroger dorénavant pour savoir pourquoi la mobilisation n’a pas été efficace dès le départ en Bretagne et définir, pour l’avenir, de nouvelles façons de travailler collectivement pour la langue bretonne.

La nécessité de fonder un nouvel outil dédié à la langue bretonne pour rassembler l’ensemble des acteurs de la langue bretonne afin de gagner en efficacité et de peser ensemble  à la fois sur les décisions en Bretagne mais aussi au niveau de l’Etat et de l’Europe, apparaît clairement aujourd’hui.

D'autre part, seul des médias régionaux ont relayé l'originalité de l'initiative, et force est de constater qu'aucun média national télévisuel, radiophonique et de presse écrite n'a étudié ce texte européen qui pourtant est fondamental pour la démocratie citoyenne. Cela pose vraiment la question de l'ultra-centralisation des pouvoirs médiatiques à Paris, si loin des aspirations des peuples minorisés de l'Hexagone.

Concernant la suite du parcours de l’initiative européenne :

Les Etats ont maintenant 3 mois pour certifier le nombre de déclarations de soutien. Une audition publique aura ensuite lieu au parlement européen. Puis, la commission européenne aura 3 mois pour présenter la réponse qu’elle entend proposer. En fonction de cette réponse, cette initiative pourrait donc aller jusqu’au vote par le parlement européen d’une réglementation européenne pour les minorités et langues minoritaires en Europe.

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Vos 7 commentaires
  Boned ruz
  le Vendredi 6 avril 2018 22:59
"La nécessité de fonder un nouvel outil dédié à la langue bretonne pour rassembler l’ensemble des acteurs de la langue bretonne afin de gagner en efficacité et de peser ensemble à la fois sur les décisions en Bretagne mais aussi au niveau de l’Etat et de l’Europe, apparaît clairement aujourd’hui. " Il faudrait un collectif permanent de juristes et de politiques pour donner une assise juridique et politique à la langue Bretonne... à l'instar de ce qui s'est passé pour la carte judiciaire en Bretagne.
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  kris braz
  le Samedi 7 avril 2018 09:10
Bravo à Aita. Les organisations/fédérations/organismes bretons "représentatifs" n'ont rien vu venir, comme d'hab.
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  Iffig Cochevelou
  le Samedi 7 avril 2018 11:21
kriz braz : c'est bien Skol Uhel ar Vro qui a lancé cette action en Bretagne, pas Aita. A ce que je sais la communication a bien été faite, ce qui est grave c'est que les militants et sympathisants politiques et culturels n'aient pas suivi
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  Job LE GAC
  le Samedi 7 avril 2018 22:13
Quand on s'entend dire que certains n'ont pas voulu signer parce qu'il leur était demandé le numéro de leur carte d'identité !! comme si les agents du gouvernement attendait ça pour faire leur connaissance !!!
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  Caroline Le Douarin
  le Dimanche 8 avril 2018 05:26
Moi j'aurais écrit "Graet eo bet ! " sur le placard...
Et j'aurais mis des points au lieu des virgules, dans le chiffre... Pourquoi tourner à la mode anglo-saxonne ?
Si la France a fait un si petit score c'est qu'il n'y a eu aucun écho par la presse officielle aux ordres, la première étant AFP. Silence radio tout'', de ce côté là...
Par contre ABP a relayé très vite l'annonce de l'Institut culturel de Bretagne. Depuis plus d'un mois, bien avant Aîta !, malgré ce que vous écrivez.
A galon vat. Caro
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  P. Argouarch
  le Dimanche 8 avril 2018 09:33
@Caroline
Depuis 2013 ! merci d'utiliser le moteur de recherche d'ABP ! premiere publication sur le sujet le 1/02/2013, suite en 2014, 2015, relance de ICE en octobre 2017.
(voir le site)
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  Kristen
  le Dimanche 8 avril 2018 19:58
Enor da ABP ha da Ai'ta!
ha trugarez d'an holl re o deus lakaet o anv hep aon.
Gant ma vo un disoc'h bremañ a-berzh ensavioù Europa ...
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