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- Communiqué de presse -
Aux candidats à l'élection présidentielle
Madame, Monsieur, Représentant à travers plusieurs centaines d'associations et fédérations, des centaines de milliers d'adhérents qui demandent une véritable reconnaissance de leurs langues et cultures régionales nous souhaitons connaître vos engagements dans ce domaine qui concerne l'égale dignité des citoyens et la démocratie culturelle dans ce pays. François Mitterrand déclarait
Tangi Louarn pour EBLUL-France le 1/03/07 11:28

Madame, Monsieur, Représentant à travers plusieurs centaines d'associations et fédérations, des centaines de milliers d'adhérents qui demandent une véritable reconnaissance de leurs langues et cultures régionales nous souhaitons connaître vos engagements dans ce domaine qui concerne l'égale dignité des citoyens et la démocratie culturelle dans ce pays. François Mitterrand déclarait en 1981 pendant sa campagne électorale à Lorient : « il est indigne de la France qu'elle rejette ses richesses, qu'elle soit le dernier pays d'Europe à refuser à ses composantes les droits culturels élémentaires, reconnus dans les conventions internationales qu'elle a elle-même signées... ». Le Président Chirac, déplorait devant des représentants de peuples amérindiens le 23 juin 2004 : « la sourde tragédie qui se déroule sous nos yeux, sur tous les continents : la disparition lente de cultures et de langues minoritaires laminées par les mouvements dominants ». Mais assez de faux semblants ! En France, les « mouvements dominants » portent des noms. Ils s'appellent Conseil Constitutionnel, Conseil d'Etat, Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, représentants de fait d'un groupe dominant ou ce sont des autorités rétrogrades qui, à la nécessité de « promouvoir la permanence et le développement des cultures locales originelles, porteuses d'une relation historique et interactive avec le territoire » affirmée par l'agenda 21 de la culture, ne savent qu'opposer le dogme de « l'Unicité » uniformisatrice et destructrice de la richesse et de la créativité humaines. Tout le contraire de « l'unité dans la diversité ». Si certaines avancées pour les langues régionales ont été obtenues progressivement et souvent à force de pressions (licences d'enseignement, CAPES, possibilités de filières bilingues à l'école, quelques heures à la radio ou quelques minutes à la télévision), il faut bien reconnaître que les blocages du système s'opposent en permanence à l'expression de ces langues, ce qui est considéré au niveau des instances internationales comme l'OSCE ou les Nations Unies (Comité des droits économiques sociaux et culturels) comme une atteinte à la liberté d'expression. Ces blocages traduisent le refus de principe d'une véritable reconnaissance de la diversité des langues et des cultures du territoire de la République, à l'école, dans les medias, dans la vie publique. …/… …2 Alors qu'aujourd'hui les plus hauts responsables français évoquent encore régulièrement le respect de la diversité culturelle dans le monde, et imposent même ce respect à d'autres Etats, alors que le Parlement vient d'adopter en juin 2006 la Convention de l'UNESCO sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, la France reste hélas toujours, ainsi que le dénonçait François Mitterrand, l'Etat le plus hostile en Europe à la reconnaissance de la diversité, c'est à dire à l'égalité réelle de tous ses citoyens. Le Comité des droits économiques sociaux et culturels des Nations Unies rappelait à la France en novembre 2001 que « l'égalité devant la loi ne permet pas toujours d'assurer l'égalité de la jouissance des droits de l'homme et en particulier des droits économiques sociaux et culturels ». C'est pourquoi nous vous demandons de nous faire connaître votre engagement : - pour la modification de la Constitution afin de reconnaître la diversité des langues dans la République ; - pour une nouvelle signature de la Charte européenne des langues régionales améliorant le niveau de leur prise en compte, puisqu'à ce jour, par leurs luttes et leurs actions, les populations vont déjà au-delà des 39 dispositions minimales signées par la France à Budapest ; - pour la ratification de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires et des autres conventions internationales garantissant les droits des citoyens aux langues et cultures de leurs régions ; - pour mettre en oeuvre dans les media (notamment radios et télévisions de service public en langue régionale), dans l'enseignement (de l'apprentissage jusqu'au système par immersion) et dans la vie publique, les moyens d'assurer l'expression pleine et entière de nos langues que le système actuel condamne à la disparition ainsi que le souligne l'UNESCO ; - pour la sauvegarde et le développement d'un multilinguisme pour tous, fondement d'une Europe démocratique de la culture et de la connaissance. Votre réponse, ou absence de réponse sera très largement diffusée auprès de l'ensemble de nos adhérents et de la presse. Dans cette attente, veuillez agréer, Madame, Monsieur, l'expression de nos salutations très distinguées.

Tangi LOUARN

Président d’EBLUL-France

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