Langue bretonne : le président du Conseil général du Finistère accueille lui-même les manifestants

-- Langues de Bretagne --

Reportage
Par Christian Rogel

Publié le 18/01/13 6:42 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

L'organisation activiste et non-violente Ai'ta (voir le site) avait décidé de manifester son mécontentement à l'égard de Pierre Maille, président socialiste du Conseil général du Finistère qui avait déclaré, le 5 janvier dernier à Ouest-France, en parlant de la politique linguistique du Conseil général : « Nous ne sommes pas dans l'objectif d'une langue d'usage».

Il fallait comprendre que le breton ne pourrait jamais se maintenir comme langue largement utilisée et était destinée à ne rester que comme langue surtout écrite.

L'appel à manifester ciblait la réception pour le nouvel an qui est donnée à la Maison du Département, à Quimper, à l'intention des personnalités finistériennes.

Hier, à 18 heures, une centaine de personnes s'étaient groupées sur la rampe d'accès qu'empruntaient, tour à tour les invités.

Outre les sympathisants d'Ai'ta reconnaissables à leur jeune âge et à leur emploi courant du breton, s'étaient jointes des personnes connues pour leurs activités autour de la langue bretonne, de Quimper et d'un peu au-delà, comme le président de l'Institut culturel de Bretagne, Patrick Malrieu.

A cet endroit-là, le breton était, pour un temps, la langue majoritaire.

Le tract diffusé par les organisateurs accusait Pierre Maille de faire du breton «un élément décoratif» et de mépriser ceux que le parlent au quotidien et, «ceux... qui ne (le) parlent pas encore, mais, souhaitent qu'(il) continue d'exister».

Il était précisé que «le breton n'est pas qu'une affaire d'argent...(car) si le Conseil général utilisait systématiquement la langue bretonne dans l'ensemble de ses actions ..., il en ferait la promotion permanente et à moindre frais». Plus loin, il est suggéré de «mettre en place une politique linguistique ambitieuse et dynamique».

Petite surprise, vers 18 heures 30, Pierre Maille vint au contact des premiers manifestants et leur annonça que toutes les personnes présentes étaient invitées à se joindre à la réception.

La majeure partie voulut bien entrer et les responsables d'Ai'ta demandèrent à Pierre Maille de leur accorder une entrevue,il indiqua qu'il voulait bien prendre un rendez-vous, mais, seulement, dans les jours suivants.

Placé, comme à l'habitude, en position d'accueillir chaque invité, Pierre Maille demanda que le mégaphone et les banderoles soient déposés à l'accueil.

Finalement, quelques manifestants ne souhaitèrent pas s'attarder, mais, d'autres restèrent assez longtemps et l'un d'entre eux en profita pour interpeller, courtoisement, le maire de Brest, François Cuillandre, sur la signalisation bilingue de la ville.

Les revendications pour un usage élargi de la langue bretonne avec le soutien des collectivités locales sont, donc, encore une fois, formulées de manière paisible.

Il reste à attendre la réponse, certainement très politique, que fera Pierre Maille à ces jeunes brittophones se déclarant révoltés.

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