150 prisonniers politiques basques en France

-- Europe --

Communiqué de presse de Askatasuna
Porte-parole: A. Askatasuna

Publié le 18/02/07 18:58 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Contenu de la conférence de presse que nous avons donne aujourd’hui.

POURQUOI NOUS DEVONS TOUS RÉPONDRE À L'APPEL DU COLLECTIF

Conférence de presse du 17 février 2007

Bonjour à tous, et merci d'être venus. À l'occasion de la lutte que les hommes et les femmes qui forment le Collectif des prisonniers politiques basques sont en train de mener pour ce mois de février, nous voulons réitérer notre message à l'État français.

La situation du Collectif, comme l'état de la justice et des droits de ces prisonniers, n'a jamais été aussi grave qu'aujourd'hui. Nous connaissons l'absence de droit qui règne dans les prisons, nous connaissons le traitement qui est réservé aux prisonniers politiques. Ce que nous ne connaissons pas encore, c'est un tel degré de cruauté.

150 prisonniers politiques basques sont toujours dispersés dans 30 prisons françaises, et 450 autres prisonniers dans les prisons espagnoles. Loin de chez eux, isolés de leur environnement affectif, culturel, linguistique, politique et social. Séparés le plus possible les uns des autres, et victimes de mesures spéciales arbitraires et dégradantes. Tous leurs droits sont violés: droit à la santé, droit à des conditions dignes, droit à la vie familiale, droit à la communication, droit de vivre dans leur langue, droit de faire des études, droit à la défense, droits politiques comme la liberté d'expression ou d'organisation, etc, etc…

Au niveau judiciaire aussi, nous l'avons souvent dit ces derniers temps, nous avons de sérieux motifs d'inquiétude. D'énormes condamnations ont été distribuées ces derniers temps, si énormes qu'il leur est aujourd'hui facile de faire passer les 19 ans de prison de Filipe Bidart pour une peine trop légère! Et que dire de la loi qui possibilite l'allongement de la garde-à-vue à 6 jours, de la création du JAP central qui est en train en ce moment de rogner les remises de peines et des autres mesures liberticides des dernières lois Sarkozy…

Le mépris de l'État français pour notre pays n'est pas nouveau. Il a toujours nié l'existence de ce peuple, et il a toujours répondu par la répression aux souhaits et aux pas effectués dans la lutte de libération. Les autorités françaises, qu'elles soient de droite ou de gauche, ont toujours maintenu la même attitude devant Euskal Herria: LA NÉGATION , LE MÉPRIS ET LA RÉPRESSION.

Les attentats du GAL, les expulsions de réfugiés politiques et leur remise aux mains de leurs tortionnaires espagnols, les déportations, les assassinats des militants d'Iparretarrak, les mandats d'arrêt européens, la création de la 14ème section, la persécution contre les militants basques, la liste est longue… L'État français est un responsable direct de ce conflit politique, nous le savons, et ses représentants le savent aussi.

Rien n'a changé aujourd'hui. Les arrestations continuent, les mauvais traitements aussi, les expulsions, mandats d'arrêt européens, le harcèlement envers les réfugiés… Et toutes, toutes les revendications sont méprisées et réprimées. Ils refusent la revendication d'une institution propre à Euskal Herria, ils refusent Euskal Herriko Laborantxa Ganbara, ils refusent la politique qui permettrait à notre langue de ne pas mourir, ils refusent aux jeunes le droit de se rassembler…

En résumé, plutôt que de respecter leurs droits, l'État français utilise, comme son voisin espagnol, les prisonniers politiques basques et leur famille comme moyen de pression sur le Collectif et sur Euskal Herria, nous avons comme exemple la situatioan d’Iñaki De Juana, que le gouvernement espagnol a condamne a mort .

L'État français est prêt à infliger toutes les souffrances pour faire taire les revendications légitimes de ce peuple. Et l'État français, si fier de toutes ces mesures, traitements arbitraires et législations spéciales, qui constituent une véritable stratégie de guerre, continue de nier son implication et l'existence même de ce conflit. Cette attitude est hypocrite, ridicule et loin de résoudre le problème ne fait que l'aggraver toujours plus. Nous en avons eu un bel exemple ces jours-ci. Les représentants de cet État, qui se précipitent à grands cris démagogiques à cause d'une simple phrase prononcée par un militant basque, le jour de sa libération qui nous le rappelons, ne correspond qu'à une simple application de leurs propres lois, feraient peut-être mieux de regarder la situation avec courage et lucidité, et de se scandaliser parce que les raisons qui avaient mené à la création du mouvement Iparretarrak sont toujours là aujourd'hui!

Face à cela, comme l'ensemble de la gauche abertzale et notamment le Collectif lui-même, nous avons répété et répétons encore qu'une véritable résolution du conflit doit être une résolution démocratique, qui prenne en compte les véritables racines profondes de ce problème. Pour cela, l'État français doit enfin reconnaître sa participation directe à ce conflit, la nature politique de ce dernier. Il doit ensuite mettre fin à cette situation de violation permanente de nos droits et de mépris de notre parole qui engendre le sentiment d'injustice et de révolte que nous ressentons. Seul ce chemin mènera à une solution qui soit juste pour tous. C'est pourquoi nous nous joignons au Collectif pour revendiquer l'application du Statut Politique aux prisonniers politiques basques ainsi que l'amnistie et le respect du droit à l'autodétermination, et c'est pourquoi nous appelons l'ensemble de la société basque à en faire autant.

LES MOBILISATIONS

Par ailleurs, nous appelons les citoyens basques à répondre en grand nombre à l'appel du Collectif à manifester à Bilbao samedi prochain 24 février à 17h30, des bus seront organisés au départ de Bayonne. Nous voulons pour finir insister sur le caractère historique de cette manifestation. C'est en effet la première fois que le Collectif organise lui-même les mobilisations, et c'est une belle preuve de l'échec de toutes les politiques pénitentiaires criminelles menées dans l'espoir de le détruire.

Le Collectif, ainsi qu'il l'avait annoncé, termine maintenant la semaine de la propagande, et commencera lundi prochain une grève de la communication d'une semaine également. Cela signifie que les prisonniers refuseront toute communication: visites, appels, courrier, journaux, etc.

Pour notre part, Askatasuna organise une action jeudi prochain 22 février à 19h à la gare d'Hendaye, lieu symbolique car c'est le point de départ de nombreuses familles les jours de visites.

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