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Un sondage et après ?
Chronique de Yannick Merceron (porte parole Yannick Merceron) publié le 1/09/19 19:00

Logo des chroniques de Yannick Merceron pour abp.bzh.
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Les échéances électorales se rapprochent à grands pas alors que les résultats du sondage DIBAB pour la Bretagne viennent de tomber. La rentrée politique pointe le bout de son nez.

Réunification et assemblée de Bretagne

Il y a quelques jours, les résultats du sondage organisé par le collectif DIBAB - Décider la Bretagne et le cercle de réflexion Breizh Civic Lab venaient relancer le soi-disant « débat », pourtant unilatéral, d'une Bretagne à cinq et de la décentralisation. Ce sondage a été piloté par l'institut rennais TMO.

Dans les faits, il s'agit dans l'ensemble d'un réel plébiscite pour le rattachement de Loire-Atlantique à son giron historique (50% favorables). L'éventualité d'une fusion entre le conseil régional et les conseils départementaux, est elle aussi soutenue par une majorité de bretons (61% favorables). À noter également, le désir de consultation et de participation à la vie politique des citoyens, qui témoignent en faveur de l'organisation d'un référendum à plus de 67% pour la réintégration du 44. Résumons la chose ainsi : nous sommes bel et bien vivants !

À n'en pas douter, peu après la publication de ces chiffres, les engagements, les soutiens, les appels du monde politique se sont multipliés. Qu'ils soient convaincus comme ceux de Paul Molac un peu plus opportunistes comme David Robo candidat à sa réélection, ou Jean-Jacques Urvoas proposant « un référendum en mars prochain » : ils donnent l'impression de vitaliser la vie publique. Mais nous le savons que trop bien, les belles paroles nous les collectionnons depuis des années, le déni de démocratie demeure !

Quel avenir ?

Il y a quelque chose de contradictoire dans l'évolution de la scène politique bretonne. Globalement, les scores des partis autonomistes/régionalistes stagnent ou progressent légèrement par périodes (bloc breton Bretagne à 5 au premier tour - régionales en 2010 : 2,64% ; législatives en 2012 : 1,97% ; régionales en 2015 : 4,57% ; législatives en 2017 : 2.39%). Il n'y a donc pas de réel appel du peuple dans les urnes pour plus de Bretagne, cependant le dernier sondage semble vouloir dire le contraire.

Disons-le autrement : pourquoi les électeurs semblent fuir les projets bretons ? Il est facile de constater que les porteurs de ces derniers, n'ont pas su actionner les bons leviers pour faire décoller leurs campagnes. Mais allons plus loin et essayons de donner des pistes de réflexion.

Première piste : il est possible que le statu quo concernant l'état de la Bretagne convienne finalement (avec le temps et la propagande) à un bon nombre de personnes. Une certaine tranche de la population ne se sent donc pas concernée voire même hostile. Elle s'inscrit, pour une part, au mécanisme d'auto-exclusion démocratique qui touche tous les pays occidentaux (20% de sans avis/indifférents à certaines questions). Il peut aussi s'agir de « swingers » qu'il reste possible de convaincre. Mais aussi de personnes plus jeunes et mal informées ou plus marginalement de ligériens irréconciliables.

Deuxième piste : les desseins politiques des partis bretons ne sont peut être pas clairs. Qu'est ce qui différencie réellement ces projets des partis français ? L'électeur ne voit peut être pas d'écart fondamental de vision par rapport à ce qu'il connait déjà. De plus la multiplication des concessions, des ralliements et l'absence de « méthode bretonne » reduisent certainement le sentiment d'intérêt que pourrait éprouver le votant. Il faut créer une dynamique particulière : plus franche et indépendante, moins conciliante.

Troisième piste : visibilité et audibilité sont les clés. La campagne présidentielle de 2017 nous a enseigné qu'il est capital de savoir parler à tout le monde. D'où le tour de force réussi par Emmanuel Macron. Paraitre dynamique, en mouvement, au fait des choses, intelligible. C'est bien là, l'un des potentiels défauts des acteurs politiques bretons. Nous pouvons tous faire le constat que les jeunes par exemple, ne s'inscrivent pas dans le remuant breton. Pourtant ils sont là ! Captés par EELV et sa percée, LFI, le RN ou LaREM. C'est aussi un problème de communication.

Quoiqu'il en soit, les partis bretons sont au devant de multiples défis s'ils veulent exploiter la dynamique qui se profile à l'occasion de cette rentrée. Encore une fois, il serait de bon ton qu'un projet fort et rassembleur prenne le pas.

Voir aussi :
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né dans les années 90 à naoned. breizh eo ma bro. militant, aventurier, exerce divers activités d'écriture et de recherche.

Vos commentaires :

Yves Koziel
Dimanche 1 septembre 2019

Quatrième piste: les bretons, comme tous les Français, aiment l'Etat. L'Etat qui s'occupe de tout, qui rassure, qui pouponne, qui coûte et qui rançonne aussi, mais on s'en accommode ... C'est une piste souvent oubliée: on se sent Breton, on voudrait bien l'autonomie mais ... on ne veut pas se passer de l'Etat !

Prendre son destin en main, c'est quitter le giron de l'Etat. N'est pas Ecossais qui veut !

Philippe LR
Dimanche 1 septembre 2019

@Yves Koziel : J'ai de plus en plus un doute sur les écossais, qui malgré le pétrole et de réels atouts quémandent à Londres et à Bruxelles...les écossais contrairement aux bretons, votent nationaliste, mais au final, comme les bretons, j'ai l'impression que leur indépendantisme relève de la réthorique et qu'au fond, ils ne veulent rien changer. Ou plutôt regardent juste ce que ça peut rapporter au porte-monnaie.

La dévolution, c'est les anglais qui l'ont donnés et absolument pas suite à un quelconque bras de fer. L'actuelle présidente de l'Ecosse pourrait à mon avis très bien intégrer une section du PS régional breton ou un Parti de type UDB.

Yann Le Guellec
Lundi 2 septembre 2019

Le complexe de Bécassine a pratiquement disparu mais le syndrome de Stockholm persiste . On vole au secours de Notre Dame quand la langue bretonne se meurt .

Yves Koziel
Lundi 2 septembre 2019

@Philippe LR. C'est agréable de dialoguer en bonne intelligence.

Vous avez peut-être raison sur le fonds des motivations écossaises, on peut s'interroger. Il n'en reste pas moins qu'un Ecossais, tout comme un Britannique, n'est pas biberonné à l'Etat depuis son enfance. La Grande-Bretagne est le berceau du libéralisme politique et économique, les cerveaux outre-Manche ne sont pas lessivés comme la plupart des nôtres.

Au delà du sentiment et des envies, les Bretons, quand il s'agit de voter, y réfléchissent à 2 fois et la majorité d'entre eux valide le système français.

Il faut avouer qu'il n'y a pas non plus en France d'offre politique libérale moderne., ça n'aide pas.

Kristof Bourdelier
Lundi 2 septembre 2019

C'est beaucoup plus simple que cela - les politiques dans leur ecrasante majorite(en Bretagne comme ailleurs)n'ont absolument aucun interet a changer quelque chose qui marche(cad qui va dans leur sens)et les gens qui les elisent ont des tendances encore plus moutonnieres que les premiers(on l'a bien vu avec des gilets jaunes qui se presentent comme des personnes qui souhaitent changer un certain nombre de choses, sans pour autant s'interesser aux Territoires). Voila. Et tant que les Bretons se presenteront a l'International comme des Francais(a l'inverse d'un Ecossais qui n'hesitera pas a dire qu'il est Ecossais et non pas Britannique et certainement pas Anglais, les choses n'avanceront pas) A ce propos, il existe une confusion qu'on retrouve en langue Bretonne entre "Bro-C'hall" et "Bro-Frans", les deux etant utilises tour a tour pour designer, de plus en plus, la France, Bretagne incluse:')

jc M
Lundi 2 septembre 2019

En dehors de l'aspect politique... La réunification marque le besoin d'un vivre ensemble pour ceux qui le souhaitent... en dehors de toute exclusions, racisme ou nombrilisme ! Chacun d'entre nous à besoin de retrouver une communauté qui le protège et où il trouve des valeurs communes pour se conforter et s'ouvrir au monde ! L'identité de soi et une ouverture à l'identité du toi ! Battons nous pour notre pays et respectons celui des autres ! Degermer mat !

Kristof Bourdelier
Mardi 3 septembre 2019

A-du ganeoc'h penn-da-benn / Bien d'accord avec vous jc M :') Toutefois, avec les meilleures intentions du monde, en dehors du rapport de force et sur ce sujet de la reunification, point de salut:') La Reunification de la Bretagne ne se fera pas toute seule:') Manifestation le 28 @an Naoned/Nauntt/Nantes pour ceux qui le souhaitent

Léon-Paul Creton
Mardi 3 septembre 2019

La Bretagne vaut tant de milliards là, un sondage ici…Tout à fait d'accord: Et après?

Tous réclament, « LE VOTE BRETON, et des BRETONS », ouvertement ou en filigrane dans leurs propos depuis un siècle avec, des évolutions idéologiques, modernisées, adaptées qui leur sont imposées et venues d’ailleurs. Mais toutes aussi infructueuse ! Et pour cause ?

Tous veulent pour leurs petites organisations mais sans plus de vision proposée et réaliste sur quelle société « particulière et différente », et sur un fonctionnement original en tout domaine qu’un vote massif éventuel des « Bretons » les mettrait en situation de construire !

Ce vote quémandé, souvent exigé, par d’autres préconisé devrait advenir, être accordé sur un vide de projet élaboré ? Mais parce que « breton » le résultat et l’avenir serait bien meilleur ? Sans blague !

Et en plus sur ce vide, certains ne se privent pas de vilipender, critiquer voire mépriser les Bretons qui, à juste titre, ne le leur accorde pas ? Puisque de toute façon leurs propositions politiques ne sont que celles qui nous pèsent, et viennent de PARIS, et qu’ils s’en satisfont ? Et que nous devrions trouver merveilleuses, originales une fois appliquées par eux ?

Qui, vote aujourd’hui en Bretagne, dans les communes, départements et pour la région les augmentations massives des taxes d’habitations et foncières et autres taxes régionales ?

Respectueux des consignes partisanes locales et parisiennes, sans rechigner, sans regrets ni remords, et parfois depuis des dizaines d’années ?... Se justifiant souvent de La pression et manigances fiscales permanentes exercées d’une manière ou d’une autre à la « capitale », pour en profiter.

Devrions-nous reconduire ceux-là pour nous construire un avenir ? Ou leurs progénitures idéologiques dans une Bretagne nouvelle ? Ou encore ceux qui les ont aidés à parvenir ou se maintenir là où ils sont pour faire ce qu’ils font déjà ?

Voter pour eux, après qu’ils aient répété, et re-répété à l’infini, depuis des décennies des idées indigentes hier et aujourd’hui, et bien incertaines quant aux applications demain ?

Des idées plus que générales qui ne veulent ou ne peuvent pas être définies, qui ne sont pas « exprimées », qui ne cherchent pas à préciser le modèle social, financier, d’imposition, économique, politique, organisationnel spécifique hors du « cadre formatif, intellectuel et civilisationnel hexagonal » ?

Et ce qui serait évident, en ayant travaillé et présenté aux Bretons au préalable le « bilan global » des potentiels de la BRETAGNE à développer, sur lequel se baser pour considérer possible cette «évolution », avec les relations et les interactions possibles, internationales qui peuvent nous être bénéfiques et qui peuvent être établies comme toute nation …libre de ses décisions ! Cela serait peut-être générateur de votes bretons ?

Arrêtez de prendre « vos Bretons » pour des ânes ! Vous aussi. Il y a un grand vide, et ayant de nature horreur du vide, ceux-ci ne vous accordent aucun crédit d’autant moins que ce que les produits des engagements et actions passées et récentes révèlent d(insuffisances et d’échecs!

Hier, ou avant hier je lisais que l’UDB était de retour ?... Que cet UDB dans la revue de presse, nouveau « Zorro astrien » moribond à Morlaix ne propose qu’un projet, qu’une alliance moisie avec la gauche malade, qui nous a fait tant de mal et si peu de bien ! Mais « ainsi parlait l’UDB » ! Et radote encore aujourd’hui !

Le « bordel » municipal commence à monter son barnum hexagonal! Et pourtant, il n’y a plus pour les Bretons d’élections, ni de votes utiles !

La constance des « Pénélope » de la politique, est admirable ! Celle du « bousier » aussi ( ;0).

NB : Le "vous",n' a dans ce commentaire qu'un sens général.

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