Les Herminés interpellent les parlementaires sur le divorce Paris-Régions

-- culture --

Communiqué de presse de Institut Culturel de Bretagne
Porte-parole: Patrick Malrieu

Publié le 24/06/13 19:10 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

Réunis le samedi 8 juin à Pontivy, les titulaires du Collier de l'Hermine, attirent l'attention des sénateurs et députés des 5 départements bretons et des élus de la Région Bretagne sur l'inadéquation existante entre ce à quoi l'on pouvait s'attendre suite aux diverses promesses et annonces faites dans le cadre des dernières élections et le projet, dit «Acte III de la décentralisation». En effet, nous constatons :

- Une orientation vers une recentralisation sous forme des projets de «Grand Paris» et de «métropolisation» vidant les Régions d'une bonne partie de leurs maigres fonctions et de leurs possibilités d'action.

- Un refus de la réunification de la Bretagne voulue par la grande majorité des Bretons des 5 départements bretons et maintes fois exprimée lors de tous les sondages à ce sujet.

- Un refus de la ratification de la Charte Européenne des langues régionales ou minoritaires, en contradiction totale avec la promesse de campagne, et bloquant la mise en place d'une véritable politique linguistique en France (à eux seuls les 39 articles déjà signés, sur les 98 possibles, seraient trop restrictifs pour permettre par exemple l'enseignement immersif).

Les titulaires du Collier de l'Hermine invitent tous les élus démocrates de Bretagne, soucieux des attentes de leurs électeurs et mandants, ainsi que ceux, de plus en plus nombreux qui ne se reconnaissent plus dans le divorce Paris/Régions, à s'unir d'urgence sur un programme minimum exigeant :

- La modification de la Constitution pour donner aux langues utilisées en France une place réelle, conforme aux demandes des sociétés concernées, et non sous forme d'une simple reconnaissance patrimoniale n'induisant aucun aspect concret assurant la protection et la promotion de ces langues.

- Le transfert des compétences et des moyens correspondants à la Région Bretagne à cinq départements dans les domaines économiques, réglementaires, culturels et linguistiques afin de pouvoir faire face à la situation qui se dégrade dans tous ces domaines. La nécessité d'actions volontaristes et concrètes rend dérisoires et coupables les clivages partisans (droite-gauche) et impose l'union des élus démocrates de toutes tendances avec ceux qui ont déjà su se positionner dans d'autres Régions comme en Corse, au Pays Basque ou en Alsace.

Le Chancelier de l'Ordre de l'Hermine, Yves Laîné yves.laine [at] sfr.fr

Liste de tous les Herminés depuis 1976 (voir le site)

Contacts : ICB, Château de l'Hermine 6, rue Porte Poterne, 56000 Vannes (voir le site)

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Vos commentaires :

Nono Fik
Lundi 24 juin 2013

Et bien en fait, je me reconnais bien dans le divorce Paris-Bretagne : cela s'appelle l'indépendance !!!!!

Thierry Salaun
Mardi 25 juin 2013

Cet appel est de bon sens. Malheureusement, les partis au pouvoir roulent pour Paris. Une prise de conscience est nécessaire pur changer le personnel politique.

tangi louarn
Mardi 25 juin 2013

Il n'est pas exact que les 39 articles signés dans la Charte des langues ne permettent pas l'enseignement immersif.

Sans être obligatoire pour tous, c'est parfaitement possible pour ceux qui le souhaitent.

En matière de media, cela reste insuffisant, en tout cas peu contraignant.

Yannig BARON
Mardi 25 juin 2013

Les 39 articles, en cas de ratification, donnerait le choix entre plusieurs options . Exemple : enseignement immersif, OU enseignement à parité, OU enseignement de la seule langue. Dans l'état actuel des choses, sans modification de la constitution et compte tenu de l'avis du conseil d'état, il est constitutionnellement impossible à un gouvernement, même si il le souhaitait de choisir l'immersion. C'est d'ailleurs pourquoi ni le sénat, ni l'AN ne l'on fait dans le texte actuel sur la "refondation de l'école" et c'est pourquoi le ministre de l' E N dit "qu'il ne peut aller plus loin". C'est cela la vérité aujourd'hui. Yannig BARON

Paul Chérel
Jeudi 27 juin 2013

J'aime beaucoup le « ce à quoi on pouvait s'attendre » du premier paragraphe. Belle preuve de naïveté ! On attend donc la réponse des 800 et quelques "parlementaires" pour autant que "les cloches" se mettent à sonner mais Pâques est déjà passé. Paul Chérel

eugène
Vendredi 28 juin 2013

Mais quand les bretons vont-ils comprendre,que rien ne se fera sans modification de la constitution......

Et ce n'st pas quelques députés socialistes bretons qui permettra cela!

Ils sont tous inféodés, ou sous obédience ou formatés.

Sinon ,fauudra-t-il baculer dans des actions plus conséquentes,je pose la question!

Paul Chérel
Vendredi 28 juin 2013

@Eugène. Je vois bien ce que vous voulez dire mais y-a-t-il dans l'histoire du monde une révolution qui ait profité à ceux qui l'ont vraiment faite ? Quant aux députés (et sénateurs) l'allusion aux cloches s'applique très bien; quelle que soit la manière qui leur a permis d'être élus. Et pourquoi 800 ? Quant aux ministres, c'est le comble du choix purement idéologique et de l'incompétence générale. et ça ne s'améliore pas au fil des alternances imbéciles. Paul Chérel

Nono Fik
Vendredi 28 juin 2013

Eugène : la réponse est : oui. On constate aujourd'hui que les revendications, toutes légitimes, mais prises une à une ne sont soutenues que par peu de monde : exemple les manifs hier devant les préfecture pour l'unification de la Bretagne. Pourquoi ne pas organiser une grande manif fédératrice au mois de mai une année, puis septembre un an et demi plus tard, et ainsi de suite avec toutes les forces et toutes les revendications d'actualité : défense de la langue bretonne, unification, retrait de l'écotaxe, tv bretonne,... Je pense que personne n'est insensible à de tels rendez-vous et à l'ensemble de ces revendications et savoir que le nombre fait la force ne laissera pas les bretons indifférents....

Marcel Texier
Vendredi 28 juin 2013

J'ai pour les "Herminés" que je connais le plus grand respect et, pour certains, beaucoup d'amitié. Mais, que, collectivement, ils imaginent que s'adresser aux députés et sénateurs bretons (sic !) puisse être de la moindre utilité me dépasse ! Quelle naïveté, comme dit Paul Chérel !

D'abord, la France n'est qu'en apparence une démocratie: elle en a certaines formes, mais ce que les "élus" mettent en oeuvre, ce n'est pas ce que veulent les citoyens, c'est ce qui a été décidé dans les loges. Si les élus bretons (resic !)avaient quelque poids et quelque courage, il y a belle lurette que la Bretagne serait réunifiée, que la langue bretonne serait respectée et que la Bretagne pourrait décider elle-même de ce qui est bon pour elle.

Alors, arrêtons de jouer à ce jeu-là. Soyons présents dans les organisations internationales. Adressons nous à elles chaque fois que nous le pouvons. Renforçons nos liens avec les sympathisants de la cause bretonne en Europe d'abord et dans le monde. Ignorons ceux qui sont censés nous représenter, ce sont des marionnettes !

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