Le jour où Alain Barbetorte a bouté les Vikings hors de Bretagne
Dépêche de Ronan Le Flécher

Publié le 1/08/10 19:18 -- mis à jour le 00/00/00 00:00

1er août 939. La victoire d'Alain Barbetorte à la bataille de Trans libère la Bretagne des agressions Vikings.

Au cours des années précédentes, Alain Barbetorte a débarrassé la côte nord de la Bretagne et la région de Nantes de la plupart des groupes de pirates normands qui s'y sont installés. Afin de bouter hors du territoire des éléments incontrôlés qui ont repris leurs exactions sur le comté de Rennes. Juhel Bérenger doit faire appel à Alain Barbetorte pour les repousser de l'autre coté du Couesnon.

Cela se déroule au camp du vieux M'na situé à Trans à environ trois lieues à l'est de Dol. Alain Barbetorte décide de les prendre à revers et fait élever une seconde enceinte, dite du Camp des Haies légèrement en contrebas pour dissimuler ses mouvements. L'attaque est déclenchée le 1er août de trois cotés à la fois. C'est un plein succès. La victoire de Trans signe la libération de la Bretagne. Cette date deviendra la fête nationale des Bretons.

Comte du Poher puis duc de Bretagne à partir de 936, Alain II dit Barbetorte ou al louarn (le renard) mourut à Nantes en 952 à l'âge de 42 ans.

Ronan Le Flécher

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Vos 2 commentaires
Jean-Loup LE CUFF
2010-08-31 23:27:40
Le camp viking est toujours visible dans la forêt de Trans, prés d'un étang, avec ses grands murs de terre rectangulaires et ses fossés encore profonds. Il faudra que j'y retourne pour chercher le camp breton qui lui est rond m'a-t-on dit.
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Jean-Pierre MATHIAS
2010-08-31 23:27:40
Un article de Bruno RENOULT, dans "Le Rouget de Dol", numéro 51, 1er semestre 1987 : "Les Vikings au Pays de Dol", apporte ces précisions concernant "LE CAMP DE TRANS", Commune du canton de PLEINE-FOUGERES, arrondissement de SAINT-MALO à 7 km du COUESNON.
C'est au lieu dit LES HAIES, à 1 km du Château de TRANS, au sommet d'un plateau boisé qui domine la forêt et l'étang de la ville, que se trouve une enceinte arrondie, de 110 m de diamètre environ. On peut la comparer aux camps Vikings du Danemark ou même au camp Viking de TERAN près de St-BRIEUC, en cours de fouilles. Un fossé profond appelé le RUFFIEN l'entoure, c'est ici qu'il faudrait voir les restes du camp édifié par les Vikings en 938.
"LES HAIES" peut être une forme romane du nom norrois HAEY, HAGA, signifiant un enclos (fortifié) ; les fouilles menées en 1976 confirment une présence depuis le Xe siècle jusqu'au XIVe siècle.
Les camps des HAIES et du vieux M'NA semblent faire partie d'un même ensemble fortifié, il semble difficile dans ces conditions d'attribuer un camp aux Vikings et l'autre aux Bretons. Les fouilles du camp des HAIES ont mis à jour des tessons de poterie médiévale correspondant à l'atelier et aux fours de TRANS, fouillés eux aussi par l'équipe du C.R.A.A. En 1975.
Les datations par thermoluminescence et par archéomagnétisme confirment une période de datation commune située dans l'intervalle 920-980. Des éléments de pots globulaires, des pichets, des jattes et des jarres sont reconnaissables. Dans l'ensemble, on peut comparer ces poteries à des modèles du Nord-Ouest Européens. Les bords de pots à "lèvres en bandeau" dénotent une influence de Grande-Bretagne.
Pour mieux comprendre le résultat des fouilles de TRANS, il faut se reporter au contexte historique de l'époque.
En 936, au terme des ambassades (1) entre ATHELSTAN roi (2) d'Angleterre et GUILLAUME LONGUE EPEE, JARL de ROUEN et suzerain d'une partie de la Bretagne, ALAN BARBETORTE put rentrer en Bretagne. Des accords furent passés, nous l'avons vu, entre Vikings, Bretons et Normands, pour que les Vikings de Bretagne puissent, se regrouper dans le quart Nord-Est de celle-ci, particulièrement autour de DOL, où ils occupaient plusieurs points forts, dont le camp de TRANS, tout en essaimant de petites colonies rurales comme celle de BAZOUGES-la-PEROUSE.
En effet, il faut mettre bas ce cliché des Vikings, la hache à la main, pillant et détruisant les églises. Il y eut certes des éléments guerriers mais beaucoup d'entre eux ne demandaient qu'à s'installer paisiblement et cultiver un lopin de terre.
On observe cette tendance surtout après 909, où, malmenés de toutes parts en Grande-Bretagne, ils vinrent nombreux se réfugier en Bretagne. Ainsi il n'est pas étonnant de les voir fabriquer des ustensiles de terre cuite et tout ce dont ils avaient besoin. De là sans doute l'influence "Anglaise" des poteries de TRANS et du camp des HAIES que l'on pourrait mettre aussi en rapport avec les poteries dites "Françaises" de Dublin Viking. Important leurs techniques et s'accommodant de ce qu'ils trouvaient sur place, les Vikings s'implantèrent bien d'une manière durable dans cette partie de la Bretagne comme le confirme le langage qu'ils utilisaient à la fin du XIe siècle.
A la limite de la forêt de la ville CARTIER et d'ANTRAIN, on note le hameau de la Sarrazinale. Les hommes du Nord n'étaient pas appelé autrement par l'historien du XIe siècle ROBERT WACE originaire des Iles Anglo-Normandes ; ce nom est-il en rapport, comme nous l'avons pour NANTES et ALETH, avec les Vikings ?
(1) BOUQUET, histoire de France, T8, p. 260 B.
(2) Le roi saxon ATHELSTAN, protecteur de l'église de DOL, fut initié dans la confrérie de SAINT-SAMSON. Grand collectionneur de reliques, cherchant toujours de nouveaux pouvoirs, il fut détenteur de "la lance du pouvoir qui assurait la possession du Monde" (lance avec laquelle le centurion romain perça le flanc de Jésus sur la croix).
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