La chapelle de l’Immaculée Conception à Nantes : un monument breton en pleine renaissance

Publié le 21/12/11 20:41, dans Article par Louis-Benoît Greffe pour ABP

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La chapelle de l'Immaculée Conception, située près de la gare au fond de la rue Malherbe, subit actuellement une restauration complète de ses façades ouest, nord et sud ; les travaux sont assurés par le groupe ROC avec le soutien financier de l'État et des collectivités territoriales. Cette restauration sera achevée entre mars et avril 2012.


Cette chapelle fait partie des principaux monuments religieux bretons de Nantes. (voir le site) Elle a été fondée en 1469 par le duc François II en mémoire de sa première épouse Marguerite de Bretagne, particulièrement dévote envers Saint Antoine de Padoue et était dédiée à ce saint. Le duc avait érigé ce sanctuaire dans l'espoir de faire venir des religieux franciscains qui prieraient pour le salut de l'âme de sa défunte femme, ce qu'il parvint à accomplir en 1488 lorsque la chapelle est léguée à Saint François de Padoue, fondateur de l'ordre des Minimes.

Ainsi naquit le couvent des Minimes de Nantes, première fondation de l'ordre en Bretagne, qui mit un siècle à se rendre maître de sa chapelle suite à une obscure querelle de droits ecclésiastiques. Entre temps, la chapelle, commencée en 1470, avait été achevée en 1481 dans le style gothique flamboyant et ne comprenait que l'actuel chœur à pans encadré de deux chapelles latérales, dont les fenêtres étaient garnies de vitraux aux armes du Duché de Bretagne et de la Reine Anne de Bretagne. Alors que la Bretagne est devenue française en 1532, le roi Henri III, confirme en 1589 la donation de François II en faveur des Minimes, qui peuvent occuper la chapelle et bâtir leur couvent.

Le mariage de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, avec Marie de Montpensier, a été célébré le 5 août 1626 dans cette chapelle. Pour remercier les Minimes d'avoir accueilli le mariage dans leur chapelle, Marie de Médicis, mère de Gaston d'Orléans, alloue aux Minimes 70 livres à prendre chaque année pendant 10 ans sur les revenus de ses fermages. Les dons affluent ensuite et la communauté agrandit lentement la chapelle, de 1630 à 1680, avec une nef et trois chapelles construites sur les jardins du couvent.

Durant la Révolution, la chapelle sert tour à tour d'atelier de serrurerie et de magasin de fourrage. Un historien nantais, monsieur de La Gournerie, prétend qu'il a vu, en 1825, les piliers de la chapelle enfouis sous des bottes de foin. Quelques années plus tard, les piliers du XVIIe étaient dégradés, les vitraux brisés, les portes défoncées, le sol jonché de débris des tombeaux.

Le 19 septembre 1849, l'évêque de Nantes était déclaré possesseur de la chapelle pour la somme de 39.000 francs. Elle était menacée de destruction. L'abbé Lusson donne 25.000 francs qu'il a récoltés afin d'ouvrir un foyer marial. La chapelle fut désormais consacrée à l'Immaculée Conception. Les Pères de Saint-François de Sales, missionnaires installés depuis 1820 sur la rue Marie-Ange Du Boccage à Nantes, s'installèrent à l'Immaculée Conception tandis que l'Externat des Enfants Nantais, à l'étroit dans ses locaux, occupa leur maison. La chapelle est rétablie et agrandie d'un bas-côté au sud.

La chapelle a été entièrement restaurée entre 2009 et 2011. Lors de cette restauration, des ossements ont été découverts dans un caveau sous la chapelle. Les voûtes, les sculptures, les vitraux, la vétuste tribune et la très belle charpente ont été remis en état ; des photos du chantier sont visibles ici (voir le site) La chapelle de l'Immaculée Conception est maintenant le lieu d'animation culturelle du diocèse, avec le prieuré dit de Sainte-Croix, ancien prieuré martinien auprès de l'église Sainte-Croix (mais qui en était distinct). On peut la visiter le mercredi après-midi. De l'ancien couvent ne reste à peu près que la sacristie, avec son plafond d'époque (XVIe).

La dernière étape est celle du ravalement des façades ; le ravalement du chevet à pans, qui n'est accessible que depuis des propriétés privées, n'est pas encore prévu. Ainsi, un autre monument breton de la ville de Nantes est sauvé de la ruine et de l'oubli, et transmis en état aux générations de Bretons à venir.


Louis Bouveron

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Auteur de l'article :

Louis-Benoît Greffe

Délégué départemental de la SPPEF (Société pour la Protection des Paysages et de l'Esthétique de la France), association d'utilité publique qui a pour but de défendre, depuis sa création en 1901, le patrimoine historique, architectural et naturel français.

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