Le modèle français pour l’Europe ?

L'Europe politique est indispensable. Dans le cadre des débats qui ont porté sur la constitution européenne, nul n'affirmait le contraire. Mieux, aujourd'hui encore, dans le camp du non comme dans les rangs du oui, chacun se réclame de cette vérité. L'idée européenne est définitivement acquise. Elle reste à être construite selon nos vœux.

"Mais que nous propose-t-on pour créer l'Europe, et que valent les remèdes que l'on nous offre ? Devons-nous aspirer à la création d'un Etat européen unique ? Devons-nous nous satisfaire de l'Europe des Etats ?". Ces questions initialement posées en 1968 par Yann Fouéré (" L'Europe aux cent drapeaux "), d'une formidable prescience, restent de pleine actualité au lendemain du référendum du 29 mai.

Etat unique européen, Europe des Etats ? La mouture de la constitution européenne qui nous était proposée tentait de réaliser un compromis entre les deux formules, toutes deux issues du même modèle français. Qui peut nier que l'Europe des Etats, que le système parisien et bruxellois cherchera encore à nous imposer, sera appelée à basculer d'un bloc, après-demain, vers l'Etat unique européen ? Etat unique, construit sur le modèle universel de la République française ("Les seules frontières de l'Europe sont celles de la démocratie et des droits de l'homme" - Dominique de Villepin ; "La constitution européenne est fille de 1789" - Jacques Chirac, 4 mai 2005 ).

" Si la France a pu réaliser le prodige d'assimiler et d'intégrer des peuples de langues et d'ethnies différentes, des nations et des provinces disparates, la chose ne serait-elle pas possible à l'échelle européenne? ", raisonnent en substance les élites politiques françaises et européennes. L'intégration, et non pas l'association, était, et reste, le vocable de référence des défenseurs du projet de constitution. Cela ne peut être accepté par les Bretons.

C'est seulement contre le modèle parisien que pourra se construire la troisième Europe, l'Europe européenne, l'Europe des régions européennes. Le danger du super-Etat européen provisoirement écarté par la grâce du non ("Cette constitution européenne, c'est une Europe écrite en français, c'est une Europe à la française", disait Dominique Perben, garde des Sceaux, à la veille du scrutin), le temps est venu pour les militants de la cause bretonne de le comprendre. Le temps n'est pas aux déchirements, autour d'un résultat qui s'impose à tous. Le temps viendra-t-il qu'ils se retrouvent bientôt ?

Xavier GUILLEMOT, Président du MRB. www.lideebretonne.org

mailboxEnvoyer par courriel imprimerImprimer

Auteur de l'article :

Vos commentaires :

Écrire un commentaire :

Bien cliquer sur le bouton JE SUIS PAS UN ROBOT. Le trolling est interdit ainsi que les attaques personnelles ou tout ce qui est contraire aux lois en vigueur !

Publicités et partenariat

pub