-- Politique --

Du déclin de la France à l'émancipation bretonne

Chronique de Yannick Merceron (porte parole Yannick Merceron) publié le 16/07/19 22:52

Logo des chroniques de Yannick Merceron pour abp.bzh.
Logo des chroniques de Yannick Merceron pour abp.bzh.

Les différentes fractures que connait la France actuellement, laissent transparaître une fin de cycle évidente. Que doit donc faire la Bretagne pour ne pas subir un avenir qui n'est pas le sien ? L'indépendance s'érige comme la seule solution.

Le déclin français

Soyons honnêtes. Nous le savons tous, à tout le moins nous le sentons. La France de jadis est bel et bien morte. L'unité, clef de voûte de l'État-nation d'autrefois, a disparu. De surcroît, la population semble fatiguée d'exister, se précipitant vers un quasi néant.

En d'autres termes, les fractures sociétales françaises se présentent comme irrémédiables. Pour n'en citer que quelques-unes : la paupérisation de la classe moyenne, l'opposition citadins/ruraux, parisiens/provinciaux, le communautarisme religieux, la trahison des élites autoproclamées, l'indifférence généralisée, le choc des cultures, de la conception de la famille, etc. La liste est encore longue.

De plus, les solutions n'existent pas ou ne sont pas désirables. Il est important de comprendre que nous n'avons plus aucun intérêt à participer à cette mascarade. De ce fait, nous devons retrouver notre indépendance afin d'éviter le suicide collectif.

Choisir l'émancipation

La liberté que nous conférerait l'autonomie ou le régionalisme politique est un mirage issu du jacobinisme : diviser pour mieux régner, disait Philippe II de Macédoine. Certes, cela améliorerait certainement notre condition en tant que peuple, mais le rapport de dominant/dominé serait perpétué.

Naturellement, nous nous positionnerions comme un vassal d'un pouvoir central resté hégémonique. Est-ce réellement ce que nous voulons ? On ne saurait reprocher sa gentillesse au breton. Cependant, quand les concessions se multiplient, la cause disparaît.

Je l'écrivais sur mon blogue : il ne faut plus renier notre identité. Il faut assumer le fait que notre émancipation doit venir de nous-même. Il n'y rien à attendre de l'Outre-Couesnon. Nous devons cesser de compter sur des acteurs politiques engagés dans le projet français.

Ainsi, il faut faire naître un réel mouvement ethnocentré. Un nouvel objet rassembleur des bretons de tous bords. Celui-ci devra avoir pour unique objectif : l'indépendance en radicalisant le débat, afin de recentrer le curseur idéologique à notre avantage. Car oui, la critique est peut être sévère, mais l'offre politique bretonne actuelle n'est pas satisfaisante. Quoiqu'il en soit ce n'est pas celle qui nous rendra notre liberté.

Voir aussi :
©agence bretagne presse

Cet article a fait l'objet de 1264 lectures.
mailbox imprimer
logo
Né dans les années 90 à Naoned.
Breizh eo ma Bro. Militant, aventurier, exerce divers activités d'écriture et de recherche.

Vos commentaires :

AFB-EKB
Mercredi 17 juillet 2019

Yannick Merceron , combien de divisions ? Ped a dud a zo labourat gantan?

Pascal Lafargue
Jeudi 18 juillet 2019

Attention au choix des mots : « mouvement ethnocentré » cela fait peur…, et puis mettez un peu d'eau dans votre cidre, la route est longue et demandera un plus plus de diplomatie.

Yannick Merceron
Jeudi 18 juillet 2019

@Pascal Lafargue

Merci pour votre commentaire.

"ethnocentré" dit bien ce qu'il veut dire : centré sur un peuple en particulier. En l'occurrence il s'agirait d'un mouvement défendant les intérêts du peuple breton dans sa diversité. Pas ceux du peuple français. N'ayez crainte !

En toute diplomatie, comme Jean-Yves Le Drian.

Fabien Renaud
Samedi 20 juillet 2019

Radicaliser, c'est se décrédibiliser, non ? Trump, Salvini et Johnson ne sont pas des modèles. Ils accèdent au pouvoir, mais ce sont des feux de paille. La Bretagne fait la preuve de ses réussites quand elle sait rester intelligente, ouverte. Le temps joue pour la Bretagne qui n'a pas besoin de ce genre d'artificiers. Quant au 44, je finis par me dire qu'il vaut mieux une B4 équilibrée, bien plantée sur ses quatre points cardinaux, qu'une B5 qui penche résolument à l'Est. Tous les Nantais que je connais sont qui plus est bien opportunistes et jouent les deux tableaux : PDL et Bretagne. Eh bien, non. On n'est pas à vendre, à diluer dans la mayonnaise nantaise. Je pense qu'il serait plus intelligent de "revendiquer" l'arrondissement de Saint-Nazaire. Et diablement plus efficace... Il faut diviser pour mieux régner, n'est-ce pas ?

Yannick Merceron
Samedi 20 juillet 2019

@Fabien Renaud se décrédibiliser aux yeux de qui ? des français ? la belle affaire !

Pourquoi suggérer qu'une radicalisation passe forcément par ce type de personnages ? On peut le faire à notre manière.

Puis, faites attention à vous ! Ne vous laissez pas contaminer par la passion française pour la lâcheté. Ceux qui voudraient régler tous leurs problèmes en restant assis devant la tv.

Des combats nécessitent une radicalisation, de la violence, et parfois même une guerre. Cela dépend à quel point nous sommes convaincus par nos idéaux. Sinon on peut opter pour l'abandon total de notre culture : c'est plus facile, moins couteux, mais nous serions des lâches aux yeux de l'histoire.

Encore une fois, pourquoi délaisser Naoned, qui a plus de 1000 ans d'histoire bretonne, et seulement 65 avec les PDL ? C'est se coucher trop facilement.

Je vous conseille de lire ma chronique "Ne plus renier notre identité" sur mon blogue (www.yannickmerceron.com). cela vous remotivera peut être pour le combat.

A Galon.

Pascal Lafargue
Samedi 20 juillet 2019

C’est juste que les petits prophètes auto-proclamés n’ont généralement rien d’intéressant à enseigner aux militants bretons. Et aux yeux de ceux qu’ils devraient essayer de convaincre, ils sont inaudibles, pire, ils font l’effet d’épouvantails « ethnocentrés » et intolérants. Et puis, mimétisme des frères ennemis oblige, une partie de vos arguments sont un copier/coller du répertoire des populistes français : « la paupérisation de la classe moyenne, l'opposition citadins/ruraux, parisiens/provinciaux, le communautarisme religieux, la trahison des élites autoproclamées, l'indifférence généralisée, le choc des cultures, de la conception de la famille ». Peu mieux faire…

Oui Le Drian je sais c’est curieux. Ministre ou défense de la toponymie bretonne, le bon sens voudrait que l’on choisisse. Mais personnellement, je n’ai rien contre ces espèces de petits Nominoës contemporains, on se souvient de Yann-Ber Tomin, ancien maire PS de Landerneau qui a tant fait pour la culture et la langue bretonne. Le Drian, à sa façon, a sans doute fait cent fois plus que vous pour notre culture.

Vous voulez faire quelque chose d'utile pour la Bretagne? Alors apprenez la langue bretonne et/ou gallese et faites un blog avec les langues du pays dedans.

Laurent Keromnes
Dimanche 21 juillet 2019

@Fabien Renaud "Le temps joue pour la Bretagne ?" Allez dire ça aux 200 000 derniers locuteurs de notre langue... L'attentisme est précisément la stratégie pour laquelle a opté l'Etat, les mesurettes et les fins de non recevoir... Il lui suffit de patienter, les derniers conscients de l'identité bretonne s'éteindront bientôt.

Fabien Renaud
Dimanche 21 juillet 2019

Puis, faites attention à vous ! Ne vous laissez pas contaminer par la passion française pour la lâcheté. Ceux qui voudraient régler tous leurs problèmes en restant assis devant la tv. > On sent derrière votre ton la menace pointer son nez… J'ai appris le breton, tente de transmettre, ai fait la promotion à différents niveaux de la Bretagne (presse, tourisme) et ne reste donc pas devant ma tv, comme vous dites. Je dois être trop pacifique pour vous et je l'assume, désolé.

Yannick Merceron
Dimanche 21 juillet 2019

@Pascal Lafargue Restez courtois je vous en prie. Je publie votre commentaire malgré tout.

Vous assimilez le terme "ethnocentré" à l'intolérance, pourquoi ? Ici, il est utilisé dans sons sens "scientifique". Ai-je besoin de le préciser une seconde fois ?

Chronique oblige, je m'efforce de traiter du factuel. Le constat que je dresse, est celui qui est partagé par de nombreuses personnes. Le ton est libre, je ne vous oblige pas à être de mon avis.

Cependant, encore une fois, c'est une réalité vécue qui se traduit de multiples façons ces derniers temps : manifestations permanentes, exode urbain, hystérisation du débat, verrouillage de l'appareil politique, pauvreté grandissante, etc. Vous voyez seulement ce que vous voulez voir.

Merci de faire vivre le débat en ne délégitimant pas la parole de tous ceux qui n'ont pas la carrière de Le Drian.

Qui vous dit que ne parle pas breton couramment ? Je fais le choix de m'exprimer en français pour être lu par le plus grand nombre.

Yannick Merceron
Dimanche 21 juillet 2019

@Fabien Renaud Il y avait rien de personnel dans cette critique. Ne soyez pas offusqué. Mon propos a pour but de caractériser en une phrase le miracle de l'homme providentiel à la française. C'est tout.

"Radicalisation, violence, guerre". Tout cela peut être idéologique. J'insère sciemment plusieurs niveaux de lecture.

Muzellec Alain
Lundi 22 juillet 2019

La réalité étant trop complexe pur être appréhendée, on a recours à des simplifications imparfaites mais opérationnelles à un moment donné, auxquelles on donne un nom. Bretagne en est un qui a d'abord désigné l'Ile de Bretagne, puis la terre d'Armorique conquise par les émigrants bretons, puis le territoire dominé par les aristocraties bretonnes, puis, plus récemment la zone rurale à l'ouest de Paris (Balzac faisait parler breton à Alençon), et maintenant la zone sablonneuse recherchée par les vacanciers et les retraités français à pouvoir d'achat moyen.

Plus sérieusement, il n'y a d'organisation sociale possible que si une société existe, et cette société n'existe que si elle se fonde sur des structures économiques lui permettant de vivre. C'est pourquoi il faut davantage faire confiance à ceux qui disent "nous te ferons, Bretagne" qu'à ceux qui pensent à notre bonne duchesse.

Rafig
Lundi 22 juillet 2019

Si la France s'écroule, ne rêvés pas, elle nous emmènera avec elle !

Ce terme "indépendance" est une chimère à notre époque de mondialisation.

AUCUN pays du monde n'est réellement indentant des autres et ce terme de sert qu'à exciter les "anti-bretons".

Il nous faut 1 : la réunification , 2 une vrais Assemblée et 3 de l'autonomie pour prendre les décisions qui nous concernent.

Il faudrait surtout que les "bretons" est conscience qu'en êtres avec un particularisme et une identité distincte tout en gardant des liens avec les français qui vivent parmis nous.

Fabien Renaud
Lundi 22 juillet 2019

Laurent Keromnes> Sur le plan politique et économique, le temps joue pour une Bretagne ouverte. Je vous concède que sur le plan linguistique c'est une autre affaire. Ar wirionez 'zo ganeoc'h.

NAONED tadic
Mardi 23 juillet 2019

Comme d'hab les commentaires ne sont pas toujours visibles...

Rafig
Mardi 23 juillet 2019

Il n(y a pas que le France qui décline, il y a tout "l'Occident" (Europe et Amérique du nord, Australie NZ)

Notre mode de vie et surtout de sur consommation arrive au bout des ressources de la Terre.

Ceci est entièrement de notre faute, nous humains avides de technologie et non respectueux de la Nature.

Pierre Robes
Samedi 27 juillet 2019

La Bretagne bretonnante est proche du point de non retour, car :

- n'a plus de langue commune (si ce n'est celle du colonisateur),

- n'a plus d'histoire commune enseignée (si ce n'est celle du colonisateur),

- aucune ambition des politiciens de Bretagne, si ce n'est de monter à Paris (les laquais des Princes, pour servir leurs maîtres tel Le Drian, Urvoas, De Rugy ...etc pour leurs petits intérêts personnels),

- les Bretons devenue une masse molle "socialisée" par le PS depuis 50 ans n'ont plus aucune volonté de maintenir un rapport de force avec Paris (contrairement aux Basques et aux Corses)

Il ne reste que le folklore breton et des individus-consommateurs de folklore (festnoz et articles faussement bretonnants). Il ne manque que la réserve et les plumes d'indiens du futur Grand-Ouest dans le grand déclin de l'empire français qui n'en finit pas de sombrer via les mafias politiques françaises.

Burban Xavier
Lundi 12 août 2019

Mon seul commentaire "réclamer le seul arrondissement de ST Nazaire " à regarder les difficultés que nous rencontrons suite à la réforme territoriale de 2014 qui a privée les Breton(ne)s de la réunification de la Bretagne comme ce fut le cas pour la Normandie voisine , ceci apparait décalé : c'est à dire ajouter une difficulté à une autre alors que +, de 70°/° des habitants de la Loire -Atlantique défendent l'idée de vivre tes des Breton(ne)s c'est surréaliste et pas du tout cohérent au regard des institutions françaises en place , imaginons que demain les Marches de Bretagne (en Bas Poitou( Vendée ou Maine et Loire fassent cette demande sur haro sur cette proposition ) ! Le tollé !

Il est vrai que le pouvoir parisien avait crée la réforme de 2014 qui s'adressait aux seules régions et non au démembrement d'une région comme PDL mais il se trouve qu'en dépit de la pétition initiée par Bretagne réunie 105 000 signatures en Loire-Atlantique , les élu(e)s du département ignorent la loi et la demande populaire + de 10 °/) des inscrits sur les listes électorales donc se prononcent en faveur d'un référendum sur cette question : une Bretagne enfin unie et rien d'autre !

Burban Xavier
Lundi 12 août 2019

Mon seul commentaire "réclamer le seul arrondissement de ST Nazaire " à regarder les difficultés que nous rencontrons suite à la réforme territoriale de 2014 qui a privée les Breton(ne)s de la réunification de la Bretagne comme ce fut le cas pour la Normandie voisine , ceci apparait décalé : c'est à dire ajouter une difficulté à une autre alors que +, de 70°/° des habitants de la Loire -Atlantique défendent l'idée de vivre tes des Breton(ne)s c'est surréaliste et pas du tout cohérent au regard des institutions françaises en place , imaginons que demain les Marches de Bretagne (en Bas Poitou( Vendée ou Maine et Loire fassent cette demande sur haro sur cette proposition ) ! Le tollé !

Il est vrai que le pouvoir parisien avait crée la réforme de 2014 qui s'adressait aux seules régions et non au démembrement d'une région comme PDL mais il se trouve qu'en dépit de la pétition initiée par Bretagne réunie 105 000 signatures en Loire-Atlantique , les élu(e)s du département ignorent la loi et la demande populaire + de 10 °/) des inscrits sur les listes électorales donc se prononcent en faveur d'un référendum sur cette question : une Bretagne enfin unie et rien d'autre !

Écrire un commentaire :

ANTI-SPAM : Combien font 5 multiplié par 3 ?

Note : Ce lieu est un lieu de débat. Les attaques personnelles ne sont pas autorisées. Le trolling est interdit. Les lois contre le racisme, le sexisme, et la diffamation doivent être respectées. Les pseudos sont tolérés mais ne sont pas encouragés. Par contre l'utilisation d'anonymiseurs pour modifier votre numéro ip entrainera la suspension de vos commentaires.